MasukCamille
Je remonte encore. Jusqu'à la limite, jusqu'à ce que le haut des bas soit visible, et la dentelle de ma culotte rouge.
-- Posez vos mains sur le divan. Ne bougez pas.
J'obéis. Mes bras le long du corps, doigts crispés sur le cuir. Je suis offerte, vulnérable, tremblante.
Ses doigts se posent sur ma cuisse gauche. Juste une pression. Puis ils remontent lentement, traçant un chemin sur ma peau. La chaleur de ses doigts, la douceur du bout de ses doigts. Ils atteignent le bord du bas, s'arrêtent, jouent avec l'élastique.
-- Vous aimez ?
-- Oui.
-- Dites-le. Dites ce que vous aimez.
-- J'aime... j'aime vos doigts sur moi.
Ses doigts glissent plus haut, sous le bas, sur la peau nue de l'intérieur de ma cuisse. Je frissonne. Mes hanches se soulèvent imperceptiblement.
-- Ne bougez pas.
L'ordre est plus dur cette fois. Je me fige. Ses doigts continuent leur exploration, remontant toujours, se rapprochant de l'endroit où j'ai si mal, si envie. Ils atteignent le bord de ma culotte, s'arrêtent.
-- Vous êtes mouillée.
Ce n'est pas une question. C'est une constatation. Je sens la honte monter, et en même temps l'excitation.
-- Oui.
-- Enlevez votre culotte.
Je me soulève, fais glisser la dentelle sur mes hanches, le long de mes cuisses. Il la prend, la regarde, la respire presque. Puis il la met dans sa poche.
-- Vous la récupérerez à la fin de la séance.
Il remet sa main sur moi, directement sur ma peau, plus haut. Ses doigts s'insinuent entre mes lèvres, trouvent mon clitoris déjà dur, déjà offert.
-- Vous vous touchez, Camille ?
-- Parfois.
-- En pensant à quoi ?
-- À vous. À vos mains. À ce que vous pourriez me faire.
Il commence à bouger ses doigts, lentement, en cercles précis. La sensation est foudroyante. Je mords ma lèvre pour ne pas gémir.
-- Ne vous retenez pas. Je veux vous entendre.
Il accélère légèrement. Un gémissement s'échappe de ma gorge.
-- Plus. Je veux plus.
-- Plus quoi ?
-- Plus vite. Plus fort. Je veux jouir.
-- Pas encore.
Il ralentit, presque s'arrête. La frustration me tord le ventre.
-- S'il vous plaît...
-- Regrettez-vous d'être venue ?
-- Non.
-- Voulez-vous que j'arrête ?
-- Non.
-- Alors obéissez. Je déciderai quand.
Il retire ses doigts complètement. Le manque est physique, douloureux. Je geins de frustration.
-- Relevez votre jupe plus haut. Jusqu'à la taille.
J'obéis, remonte le tissu jusqu'à mon ventre. Je suis nue de la taille aux bas, exposée, offerte sur ce divan. Lui est toujours debout, habillé, parfait.
-- Ouvrez les jambes.
J'écarte. Je sens l'air frais sur ma peau humide. Il me regarde. Juste me regarde. C'est pire que tout.
-- Vous êtes belle, Camille. Vous êtes belle et désirante et vous n'avez pas à avoir honte.
Il s'agenouille soudain. Ses mains écartent plus largement mes cuisses. Et sa bouche se pose sur moi.
Sa langue est chaude, précise, experte. Elle explore, elle goûte, elle tourne autour de mon clitoris sans jamais s'y arrêter vraiment. Je gémis, je me tords, je mords mon poing pour ne pas crier.
-- Dis-moi ce que tu ressens.
Le tutoiement. C'est nouveau. C'est intime. C'est exactement ce dont j'avais besoin.
-- Je... je sens ta langue. C'est bon. C'est trop bon.
-- Tu veux jouir ?
-- Oui ! Oh oui !
-- Alors jouis. Maintenant.
Il attaque mon clitoris directement, rapidement, parfaitement. En quelques secondes, l'orgasme explose en moi, violent, profond, secouant tout mon corps. Je crie, je cambre les reins, je plaque son visage contre moi sans même y penser. Il continue, prolonge, suce, jusqu'à ce que je retombe, épuisée, tremblante.
Il se relève. Ses lèvres sont humides. Il les essuie du dos de la main, sans me quitter des yeux.
-- Voilà, Camille. Voilà ce que c'est, d'accueillir son désir sans honte.
Je reste allongée, jambes écartées, jupe relevée, vulnérable, comblée. Il retourne s'asseoir dans son fauteuil, comme si de rien n'était.
-- La séance est terminée. À jeudi.
Je me relève tant bien que mal, rajuste ma jupe, cherche ma culotte des yeux. Il la sort de sa poche, me la tend.
-- Vous repartez sans, dit-il. Pour vous souvenir de moi jusqu'à jeudi.
Je prends la culotte, la glisse dans mon sac. Je titube presque jusqu'à la porte.
jupe d'un geste. Je suis nue en dessous, pas de culotte, pas de secrets. Je l'enjambe, m'agenouille au-dessus de lui. Je tiens sa queue, la guide vers moi. Je m'empale lentement, sentant chaque centimètre entrer, remplir, ouvrir.
-- Oh putain...
Le juron m'échappe. Il est si profond en moi. Je commence à bouger, lentement d'abord, puis plus vite. Mes mains sur son torse, mes seins qui dansent. Il me regarde, intensément, ses mains sur mes hanches qui guident à peine.
-- Dis-moi ce que tu ressens.
-- Je te sens. Tout toi. C'est bon. C'est tellement bon.
-- Plus vite.
Jeudi. J'ai vécu trois jours dans l'odeur de lui. Sur ma peau. Dans ma tête. Je n'ai pas remis de culotte depuis. Juste des jupes, longues parfois, courtes souvent, pour sentir l'air, pour sentir le manque, pour me souvenir.
J'arrive, je sonne. Il ouvre. Il porte un pull en cachemire gris, col en V, rien dessous. Je vois le début de son torse, quelques poils grisonnants. Je bande, littéralement. Mon sexe se serre.
-- Entre.
Le tutoiement est naturel maintenant. Je pose mon sac, je m'allonge sans qu'il le demande. Mais il ne va pas s'asseoir. Il reste debout, me regarde.
-- Aujourd'hui, on change.
Il s'approche, me tend la main.
-- Lève-toi.
Je prends sa main, me lève. Il me guide vers le fauteuil en cuir, le sien, et m'assoit dedans. Puis il s'installe sur le divan, allongé, la tête sur le coussin.
-- À ton tour. Je suis ton patient. Parle-moi.
Je ris, nerveuse.
-- Je ne sais pas quoi dire.
-- Si. Tu sais. Qu'est-ce que tu vois ?
-- Je te vois. Allongé.
-- Qu'est-ce que tu veux me faire ?
Le souffle court. Je le regarde, cet homme puissant, allongé, offert. Maître de la situation même quand il fait semblant de ne pas l'être.
-- Je veux... je veux te toucher.
-- Alors touche.
Je me lève, m'approche du divan. Mes mains tremblent. Je m'agenouille à côté de lui. Mes doigts effleurent son pull, remontent lentement le long de son torse. À travers le cachemire, je sens la chaleur de sa peau, la dureté de ses muscles.
-- Plus bas.
Ma main descend sur son ventre, plat, dur. Je sens les abdos sous mes doigts. Plus bas encore, jusqu'à la ceinture. Sa queue est déjà dure, tendue sous le pantalon.
-- Continue.
Je défais sa ceinture. Mes doigts maladroits peinent sur la boucle. Il ne m'aide pas. Il me regarde, les yeux mi-clos. Enfin, la ceinture cède. Le bouton du pantalon. La braguette. Je glisse ma main à l'intérieur, trouve sa peau brûlante.
-- Sors-la.
Je tire, la libère. Elle est magnifique. Longue, épaisse, le gland déjà humide. Je l'entoure de mes doigts, serre doucement. Il gémit.
-- Ta bouche.
Je me penche. Ma langue hésite, puis goûte. Le sel de sa peau. Je l'entoure de mes lèvres, lentement, je le prends en moi. Il pose une main sur ma tête, pas pour forcer, juste pour être là.
-- Plus profond.
Je m'applique, je le prends jusqu'au fond, jusqu'à avoir un haut-le-cœur. Je sens ses doigts dans mes cheveux, qui caressent, qui guident. Il gémit, doucement, et ce son me fait plus d'effet que tout.
-- Arrête.
Je m'arrête, interdite. Il se redresse, m'attire vers lui. Nos visages se touchent presque.
-- Pas comme ça. Pas aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est toi qui décides.
-- Moi ?
-- Qu'est-ce que tu veux, Camille ? Vraiment ?
Je le regarde. Je regarde cet homme que je désire comme j'ai désiré peu de choses dans ma vie. Et je sais ce que je veux.
-- Toi. Je veux toi. En moi.
Il sourit.
-- Alors prends-moi.
GabrielLe soleil du matin traverse la verrière.Un rayon oblique, presque horizontal, chargé de poussières dansantes, transforme les particules invisibles en paillettes d'or. Il coupe la pièce en deux, une ligne nette et lumineuse qui sépare l'ombre de la lumière, qui traverse le loft comme un sabre, qui raconte une histoire de dualité et d'équilibre.Le lit rond est au centre exact de cette diagonale. L'îlot blanc flotte dans cette mer de briques rouges et d'acier noir, au beau milieu du chaos organisé de notre vie. Les draps sont froissés, les oreillers écrasés, les couvertures entremêlées , les traces de notre nuit, les preuves de notre amour, les indices de notre passion.Flore est allongée contre moi.Sa tête repose au creux de mon épaule , cette épaule qu'elle a mordue, griffée, couverte de marques. Son bras est en travers de mon torse, sa main posée sur mon cœur, comme pour vérifier qu'il bat encore. Ses cheveux blonds sont un désordre soyeux sur ma peau, sur mon cou, sur mon
Son regard est une main fantôme. Il me caresse sans me toucher, me possède sans me prendre, me fait jouir sans me pénétrer. Je sens son poids sur chaque partie de mon corps, une pression immatérielle mais réelle, presque physique. Mes tétons durcissent sous le coton. Mon ventre se contracte, une crampe légère, un appel. Mes cuisses se serrent légèrement, une réaction de pudeur, de défense , ou peut-être l'inverse.Mes doigts referment le livre.Le bruit sec du volume qui se clôt le fait sursauter. Ses mains s'immobilisent sur mes pieds. Il lève les yeux vers moi, ses yeux bruns qui brillent dans la lumière du feu, et il sourit , le sourire du coupable pris en flagrant délit de désir oculaire.Je pose le livre sur l'accoudoir. Je croise les bras sur ma poitrine. Je lève un sourcil, ce geste que j'ai perfectionné pendant des années de réunions et de négociations, et qui fait trembler les stagiaires et hésiter les directeurs financiers.— Tu veux quelque chose ? demandé-je.Ma voix est d
Gabriel !Son cri résonne dans le bureau vide, rebondit sur les murs de verre, se mêle au bourdonnement lointain de la circulation. Elle tremble, elle tressaute, elle se vide entre mes lèvres.Je bois son plaisir. Jusqu'à la dernière goutte. Ma langue nettoie ses lèvres gonflées, ses cuisses tremblantes, la fente encore palpitante. J'apaise les derniers soubresauts de son corps avec des baisers légers, presque maternels.Puis je me relève.Mes lèvres luisent de sa cyprine et de sa salive. Mon menton est humide. Ma chemise est tachée. Je dois ressembler à un animal, à un sauvage, à un dieu déchu. Mais je n'ai jamais été aussi beau à mes propres yeux.Flore se retourne. Ses yeux gris sont noyés, brillants de larmes non versées. Ses joues sont empourprées, ses lèvres entrouvertes, sa respiration encore saccadée. Elle est belle comme jamais. Belle comme le chaos. Belle comme la fin du monde.Elle m'attrape par la cravate. Ses doigts s'enroulent autour du tissu de soie, tirent. Elle m'atti
Le tissu glisse. Il révèle le haut de ses bas, cette fine bande de dentelle noire qui cerne sa cuisse. Les jarretelles, ces fines lanières élastiques qui descendent vers ses bas, qui les maintiennent en place. Et la peau , sa peau nue, pâle et parfaite, douce comme du satin, chaude comme du pain sorti du four. La peau au-dessus des jarretelles, là où le nylon s'arrête et où la chair commence. Ce territoire intime, secret, que seuls les amants connaissent.Mes lèvres se posent sur cette peau.Un baiser. D'abord, juste une pression. Un contact timide, presque respectueux. Puis un autre, plus appuyé. Je remonte le long de sa cuisse, déposant une traînée de baisers humides, ma langue pointant parfois pour goûter sa chair, le sel de sa journée, le parfum de son savon, l'essence même d'elle. Ses jambes tremblent. Elle gémit, un son bas, profond, venu du ventre. Sa main sur la vitre se crispe, ses doigts se referment sur le verre comme pour ne pas tomber.Ma bouche arrive à la limite de sa c
GabrielLe vingtième étage est un désert de verre et de silence.Plus un bruit de photocopieur, plus une sonnerie de téléphone, plus un claquement de talons pressés, plus ce bourdonnement continu des néons qui était devenu notre musique de fond pendant des années. Le grand open space, qui grouillait il y a encore quelques jours de stagiaires et de cadres en costard, est un paysage fantôme. Les bureaux sont vides, débarrassés de leurs ordinateurs, de leurs photos de famille, de leurs pots de stylos. Seules restent les plantes vertes, oubliées dans leurs pots, déjà un peu jaunies, comme des soldats abandonnés sur le champ de bataille. Et les écrans d'ordinateur, éteints, fixent le vide de leurs yeux morts.Aujourd'hui, nous rendons les clés. Le bail est terminé. La fusion a déplacé le siège so
Ma voix est neutre. Ni amicale, ni hostile. Je ne lui rends pas sa douceur, je ne lui offre pas d'armes. Mais je ne lui jette pas non plus la pierre. Simplement, je constate. Elle est là. Je suis là. C'est un fait.Gabriel hoche la tête vers Raphaël. Un geste sec, viril, entre hommes qui n'ont rien à se prouver. Raphaël lui répond par un battement de paupières, un signe à peine esquissé, une reconnaissance silencieuse. Ils étaient rivaux, autrefois. Maintenant, ils sont juste deux hommes qui ont aimé la même femme, à des époques différentes, et qui ont survécu.— Nous partons pour Singapour, dit Flore, rompant le silence. La direction Asie-Pacifique. C'est une promotion.— Félicitations, répond Raphaël.Son ton est poli, sans chaleur excessive, sans hostilité non plus. Il dit "félicitat
CamilleJe ne retourne pas au cabinet.Un jour. Deux jours. Trois jours.Je ne le vois pas. Je ne l'appelle pas. Je n'envoie pas de messages.Je tiens.Le premier jour, je suis presque fière. Je reste chez moi, je range, je nettoie, je fais
CamilleHuit jours.Huit jours sans lui.Huit jours à retourner dans cet appartement inconnu, à chercher une trace, un message, un signe. Rien. Juste le lit défait, l'oreiller qui sent encore lui, et ce mot posé sur la table comme une épitaphe.Séance annulée. À bientôt. Franck.J'ai dormi là les t
CamilleIl s'allonge de nouveau. Je me relève, enlève maJ'accélère. Le bruit de nos corps qui s'entrechoquent emplit la pièce. La sueur perle sur ma peau. Je sens l'orgasme monter, inévitable.-- Je vais jouir.-- Pas encore. Regarde-moi.Je plonge mes yeux dans les siens. Gris-bleu, intenses, qui
Camille Sa main s'arrête sur ma gorge. Une pression légère, juste pour sentir mon pouls battre.-- Vous n'avez rien à vous reprocher, Camille. Vous étiez une enfant. Lui, en revanche...Il retire sa main. Le manque est immédiat, physique.-- Rouvrez les yeux. Asseyez-vous.J'obéis. Il est debout d






