ログインÉlisa
Il me prend dans ses bras, si fort que j'ai du mal à respirer. Mais je ne veux pas qu'il me lâche. Je sens ses muscles se contracter, ses mains qui s'enfoncent dans mon dos, son visage enfoui dans mes cheveux.
– Je n'aurais pas dû t'emmener, répète-t-il.
– Si. Il fallait que je la rencontre. Pour comprendre. Pour te comprendre.
– Et tu as compris quoi ?
– Que tu es devenu l'h
Il hoche la tête, lentement. Ses yeux sont brillants, mais il ne pleure pas. Il lutte, comme toujours, contre cette vulnérabilité qu'il refuse de montrer.— Je vais devenir cet homme. Je te le promets. Je vais me battre contre moi-même, contre mes démons, contre cette peur qui me ronge. Je vais apprendre à te faire confiance.— Les promesses, Adrien...— Je sais. Les actes. Alors laisse-moi te montrer. Laisse-moi essayer. Donne-moi une chance de te prouver que je peux changer.Je le regarde longtemps. Ses yeux sombres, sa mâchoire dessinée, ses mains qui tiennent la mienne comme si j'étais la seule chose qui le retenait au monde. Il est sincère. Je le vois, je le sens. Et je l'aime. Malgré tout ce qui s'est passé, malgré ses failles, malgré ses peurs, je l'aime. D'un amour qui n'est pas aveugle, mais lucide. D'un amour qui voit se
Elle hésite. Je vois qu'elle lutte – entre l'envie de me croire et la peur d'être déçue encore une fois. Entre l'amour qu'elle a pour moi et la blessure que je lui ai infligée. Ses doigts jouent machinalement avec la clé qu'elle tient à la main – la clé de son appartement, ce refuge qu'elle s'est créé loin de moi.— Cinq minutes, dit-elle enfin. Pas plus. Et après, tu t'en vas. Promis ?— Promis.Elle me fait entrer. Son appartement est petit, mais chaleureux, vivant. Rempli de livres qui débordent des étagères, de plantes qui grimpent le long des murs, de photos punaisées sur un tableau de liège. Des souvenirs de sa vie d'avant, de ses voyages, de ses amis. Une vie entière que je ne connais pas, ou si peu. Une vie où je n'existe pas.On s'assoit dans son salon, face à face. Entre nous, u
AdrienTrois jours. Trois jours sans elle. Trois jours qui m'ont paru trois siècles.Le loft est vide sans elle. Pas physiquement vide – il y a toujours mes toiles, mes meubles, mes livres. Mais vide de sa présence, de son rire, de sa façon de fredonner en se préparant le matin. Vide de cette lumière qu'elle apporte partout où elle va. Vide de tout ce qui faisait de cet endroit autre chose qu'un simple espace de vie.Je tourne en rond comme un lion en cage. Je ne dors plus. Je ne mange presque plus. Je passe des heures devant mes toiles sans pouvoir peindre, le pinceau suspendu dans l'air, incapable de trouver les couleurs, les formes, les gestes. Tout ce que je vois, c'est son visage. Tout ce que j'entends, c'est sa voix. Tout ce que je sens, c'est son absence, comme un trou béant dans ma poitrine.Je me hais. Je me hais d'avoir fouillé dans son téléphone. Je me hai
Il ne répond pas. Il baisse la tête, fixe le sol comme s'il espérait qu'il s'ouvre sous ses pieds et l'engloutisse.— Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ? je demande, la voix soudain plus douce, plus triste. Pourquoi tu as fouillé dans mon téléphone au lieu de me poser la question ? Si tu avais des doutes, des inquiétudes, pourquoi tu ne m'as pas dit : "Élisa, j'ai peur, est-ce que tu as des nouvelles de Thomas ?" Je t'aurais répondu. Je t'aurais tout raconté. Je t'aurais même montré la conversation si tu me l'avais demandé. Mais tu n'as pas demandé. Tu as pris. Tu as volé. Tu as violé.— Je ne sais pas. Je n'ai pas osé. J'avais peur de ta réaction. Peur que tu me trouves jaloux, possessif, étouffant. Peur que tu me confirmes ce que je redoutais.— Et qu'est-ce que tu redoutais, exactement ?
Je m'étire, attrape mon téléphone machinalement sur la table de nuit. L'écran s'allume. Et là, un détail me frappe, me percute de plein fouet.La conversation avec Thomas est ouverte.Je ne l'avais pas laissée ouverte. Je suis sûre de l'avoir fermée. Je ferme toujours mes applications avant de dormir – une manie, un toc, appelez ça comme vous voulez. Je ne supporte pas de laisser des choses en suspens, même numériques. Et cette conversation avec Thomas, je l'avais soigneusement archivée après lui avoir répondu, pour ne plus la voir, pour l'oublier.Mon cœur se serre. Un étau se referme autour de ma poitrine. Je regarde vers la cuisine, où Adrien s'affaire, dos à moi, comme si de rien n'était. Il n'a pas pu... Il ne ferait pas ça... Pas après ce qu'on s'est dit hier. Pas après la cl&eacut
Et soudain, je tombe sur une conversation avec un prénom masculin. Thomas.Son ex.Mon sang se glace dans mes veines. Ma respiration s'arrête. Mon cœur cesse de battre pendant une fraction de seconde, puis repart de plus belle, cognant contre mes côtes comme un animal affolé. Thomas. L'homme avec qui elle a vécu pendant deux ans. L'homme qui l'a fait souffrir, d'après ce qu'elle m'a raconté – ou du moins ce qu'elle a bien voulu me raconter. L'homme qu'elle a quitté il y a un an, avant de me rencontrer. L'homme dont elle ne parle jamais, comme s'il n'avait jamais existé.J'ouvre la conversation, les doigts tremblants. Les messages sont récents. Très récents. D'il y a trois jours. Le jour où elle est rentrée tard, où elle m'a dit qu'elle était avec Sophie, où nous avons eu notre première vraie dispute. Le jour o&ugra







