Mag-log inL’hôpital ne dort jamais. Même en pleine nuit, les couloirs sont éclairés par une lumière blanche et crue qui efface toute notion de temps. Les portes automatiques s’ouvrent brusquement lorsque Lila arrive, presque traînée à l’intérieur par Marissa. Son souffle est court. Son cœur bat trop vite. Tout son corps tremble comme si le froid s’était logé sous sa peau. Derrière elles, Marcia entre d’un pas ferme. Les sirènes viennent tout juste de se taire dehors. L’air sent encore la pluie et l’urgence. Des voix s’élèvent, des brancards passent à toute vitesse. Quelqu’un appelle un médecin. Quelqu’un d’autre dicte des chiffres, des constantes, des mots que Lila ne comprend pas. — Accident de la route, deux hommes, traumatisme sévère, dit une voix pressée. Lila s’arrête net.Deux hommes.Son estomac se noue violemment. — Où sont-ils ? demande-t-elle d’une voix presque inaudible. Marissa serre sa main plus fort. Elle aussi est pâle, le visage tiré par l’inquiétude. — On va savoi
— Parce que tu détruis tout sur ton passage. Victor rit encore, mais son rire tremble. — Tu te prends pour mon juge maintenant ? — Je me prends pour ton frère. Ces mots frappent plus fort que n’importe quelle insulte. Victor appuie encore sur l’accélérateur. — Un frère ne me menace pas, hurle-t-il. Un frère ne me fait pas chanter avec des preuves ! — Je ne te menace pas, répond Elijah. Je te donne une issue. — Il n’y a pas d’issue ! explose Victor. Il frappe le tableau de bord. La voiture fait un écart violent. Elijah se rattrape au siège. — Tu vas nous tuer ! crie-t-il. — Peut-être que c’est ce qu’il faut ! réplique Victor, hors de lui. Le tonnerre gronde au loin. La pluie transforme la route en piège. Les virages deviennent de plus en plus serrés. — Arrête la voiture, Victor, insiste Elijah. On ne peut pas parler comme ça. — Trop tard pour parler. Victor respire vite. Trop vite. Son regard est fixe, presque halluciné. — Tu veux qu’elle parte ? dit-il so
Victor baisse les yeux. Il voit les documents. Des contrats. Des relevés bancaires. Des photos. Des noms. Son sourire disparaît. — C’est quoi ce cirque ? murmure-t-il. — Du détournement de fonds, dit Elijah. Du blanchiment d’argent. Des ventes d’armes. De drogue. Tout est là. Daté. Signé. Croisé. Victor relève brusquement la tête. — Tu bluffes. — Non. Elijah ouvre la chemise, sort quelques feuilles, les étale méthodiquement. — J’ai des copies. Des sauvegardes. Des contacts. Si je tombe, tout sort. Le silence devient lourd, suffocant. Lila, cachée dans l’ombre de l’escalier, sent ses jambes trembler. Elle regarde Victor. Elle ne l’a jamais vu comme ça. Ses mains tremblent légèrement. — Qu’est-ce que tu veux ? demande-t-il enfin, d’une voix basse. Elijah soutient son regard. — Lila. Un mot. Un seul. Victor serre les dents. — Tu ne la mêles pas à ça. — Tu l’as déjà fait, répond Elijah froidement. Depuis le début. Victor fait un pas en avant. — Tu ne sa
Victor est dans son bureau ce matin là, il n’arrête pas de penser à Lila alors il se lève et entreprend d’aller dans sa chambre. Il ouvre doucement la porte et remarque que la jeune fille est assise sur le lit et semble un peu perturbée Il s’avance et l’entoure de ses bras, il lui fait ensuite un bisou dans le cou—je…—chit, reste juste comme ça s’il te plaît , ne gâche pas l’ambiance, j’ai envie de passer un bon moment avec toi, sans violence et sans bagarre.Elle regarde à côté et des larmes coulent silencieusement le long de ses joues mais visiblement ce n’est pas la préoccupation de Victor Il retourne la jeune femme face à lui et l’embrasse de toute ses force, il lui dévore la bouche de façon répétée sans lui laisser la moindre chance de respirer, il descend ensuite vers son cou et y laisse ses baiser et quelques marques rouges.—ahh. —c’est cela , j’ai envie d’entendre tes gémissements, surtout ne te retiens pas. Dit-il les yeux pleins de désir. Il lui retire sa che
Deux semaines ont passé depuis l’appel de Marcia. Deux semaines durant lesquelles Elijah ne dort presque plus. Il est de retour dans la ville, mais il n’a pas remis les pieds à la villa. Pas encore. Il sait que s’il y va sans être prêt, Victor le brisera. Ou pire : il utilisera Lila pour le faire taire. Elijah n’a plus le droit à l’erreur. Cette fois, il ne s’agit pas de confronter son frère. Il s’agit de le faire tomber. Elijah a compris une chose essentielle : Victor ne lâchera jamais Lila par compassion. Seulement par contrainte. Alors il cherche. Chaque matin, il se lève avant l’aube. Il loue une chambre modeste, loin des quartiers de luxe. Une chambre anonyme, comme lui. Sur la table : un ordinateur, des dossiers imprimés, des notes griffonnées à la hâte. Des noms. Des dates. Des sociétés écrans. Il travaille au présent, dans l’urgence. Il commence par ce qu’il connaît le mieux : l’empire Palacios. Victor a toujours été méticuleux. Trop sûr de lui. Il pense contrôler ch
Dès que Marcia referme la porte du bureau, le silence retombe, épais, lourd. Elle reste immobile quelques secondes, la main encore posée sur la poignée, le regard perdu. Elle sait ce qu’elle s’apprête à faire. Elle sait aussi que, quoi qu’il arrive, il n’y aura plus de retour possible. Elle traverse le couloir d’un pas rapide, contrôlé. Son visage est calme, presque froid, mais ses doigts tremblent lorsqu’elle sort son téléphone. Elle compose un numéro qu’elle connaît par cœur. Un numéro qu’elle n’a pas appelé depuis longtemps. La tonalité retentit. Une fois. Deux fois. Trois fois. —Marcia ? La voix d’Elijah est lointaine, prudente. Fatiguée aussi. Elle ferme les yeux une fraction de seconde avant de répondre. — Elijah… il faut que tu m’écoutes. — Non, coupe-t-il aussitôt. Je t’ai déjà dit que je ne voulais plus rien entendre de cette histoire. Il y a du bruit autour de lui. Une ville étrangère. Une autre vie. Une vie qu’il a choisie pour s’éloigner de tout ça. Marcia se
Victor est assis dans son bureau, derrière la grande baie vitrée qui donne sur la nuit. Mais il ne regarde pas la ville. Il ne regarde pas les lumières, ni les ombres, ni le monde qui continue sans lui.Non.Son regard est fixé sur les écrans devant lui.Quatre caméras.Quatre angles.Une seule p
Le plateau posé sur la petite table dégage une odeur de viande grillée et de légumes fumants. Lila reste assise sur le bord du lit, les bras croisés. Son ventre crie famine, mais elle détourne la tête avec obstination. Elle n’avancera pas ses lèvres vers la nourriture de ses geôliers, pas tant que
Lila pousse la porte de son appartement, le cœur lourd, le souffle encore court de l’angoisse et de la colère qui l’ont submergée au commissariat. Ses mains tremblent, son sac est toujours vide, et l’écho des rires des officiers résonne encore dans sa tête, cruel et moqueur. Elle referme la porte d
Julien l’écoute sans interruption, son regard attentif, ses mains jointes sur ses genoux. Il ne juge pas, ne commente pas, il absorbe simplement chaque mot, chaque émotion. Lila sent un poids se lever un peu de ses épaules rien qu’en étant entendue, et une confiance fragile commence à s’installer e







