LOGINChapitre 74
Isabella
Les bras de Damian autour de moi sont un refuge, une forteresse, une promesse, et je reste blottie contre lui dans le silence du grand hall baigné de soleil, à écouter les battements de son cœur qui résonnent contre ma tempe comme un tambour apaisé. Le départ d'Esteban a laissé derrière lui un vide étrange, un vide qui n'est pas douloureux, qui n'est pas angoissa
Chapitre 75DamianJe me tiens devant Isabella, au centre du grand hall baigné de lumière, et les mots que je m'apprête à prononcer sont peut-être les plus importants de toute mon existence. Tout autour de nous, le domaine Reyes s'éveille lentement, les domestiques reprennent leurs allées et venues, les gardes ont repris leurs postes, et les portraits des ancêtres veillent sur nous comme des témoins silencieux de ce moment sacré. Mais je ne vois qu'elle, Isabella, ma femme, mon alliée, mon amour, debout devant moi avec ses yeux noirs brillants d'une émotion qu'elle ne cherche plus à cacher, ses cheveux noirs qui encadrent son visage pâle, ses lèvres entrouvertes comme si elle retenait son souffle. Le soleil entre par les hautes fenêtres et la pare d'une aura dorée, et elle est si belle, si lumineuse, si vivante, que j'en ai le so
Chapitre 74IsabellaLes bras de Damian autour de moi sont un refuge, une forteresse, une promesse, et je reste blottie contre lui dans le silence du grand hall baigné de soleil, à écouter les battements de son cœur qui résonnent contre ma tempe comme un tambour apaisé. Le départ d'Esteban a laissé derrière lui un vide étrange, un vide qui n'est pas douloureux, qui n'est pas angoissant, mais qui est comme une page blanche, une étendue vierge, un espace immense qui s'ouvre devant nous et que nous devrons apprendre à habiter. Pendant des semaines, des mois, des années, nos vies ont été rythmées par la haine, par la vengeance, par la peur, par la guerre qui menaçait d'éclater à chaque instant. Et maintenant, tout cela est terminé, tout cela est derrière nous, et il ne reste que le silence, la lumi&egr
Chapitre 73DamianLe hall du domaine Reyes s'est vidé, et le silence qui s'installe après le départ d'Esteban est un silence nouveau, un silence de paix, un silence de fin, comme si les murs eux-mêmes, les pierres elles-mêmes, les portraits des ancêtres eux-mêmes retenaient leur souffle pour savourer l'instant. Les gardes ont refermé les lourdes portes de chêne derrière le banni, et le bruit sourd des verrous qu'on pousse a résonné dans le hall comme le point final d'une phrase qui a mis des décennies à s'écrire. Mon oncle est parti, il ne reviendra pas, et la menace qui planait sur nous depuis des semaines, depuis des années, depuis avant ma naissance peut-être, s'est dissipée comme une fumée dans le vent du matin. Je me tiens au centre du hall, les bras ballants, le cœur étrangement léger, et j
Chapitre 72IsabellaJe me tiens dans le grand hall du domaine Reyes, près de la porte qui s'ouvre sur le perron de marbre, et je regarde la scène qui se déroule devant moi comme on regarde un tableau en mouvement, une fresque historique qui se peint sous mes yeux avec des couleurs de deuil et de justice. Esteban Reyes est debout au centre du hall, entouré de gardes armés, les mains liées devant lui, le visage creusé par la fatigue et la défaite, et il attend la sentence que Damian s'apprête à prononcer. Le soleil du matin entre à flots par les hautes fenêtres, illumine les dalles de marbre, fait briller les dorures des portraits d'ancêtres, et cette lumière crue, impitoyable, semble souligner chaque ride du visage du condamné, chaque trace de sueur sur son front, chaque tremblement de ses doigts. Les domestiques se sont rassemblés da
Chapitre 71DamianLes gardes ont emmené Esteban, mais son rire résonne encore dans ma tête, ce rire sinistre, ce rire de dément, ce rire qui contenait toute la haine et toute la folie d'un homme qui a passé sa vie à détruire les autres pour assouvir son ambition. La salle du conseil se vide lentement, les lieutenants se retirent en silence, le visage grave, les épaules lourdes, comme s'ils venaient d'assister à un enterrement plutôt qu'à un jugement. Isabella est restée à mes côtés, sa main posée sur mon bras, sa présence silencieuse qui me soutient, qui me retient, qui m'empêche de m'effondrer ou d'exploser. Mais je ne peux pas en rester là, je ne peux pas laisser Esteban s'enfermer dans sa cellule sans comprendre, sans savoir, sans lui arracher les derniers lambeaux de vérité. Il a avoué, ou
Chapitre 70IsabellaLa salle du conseil est pleine, plus pleine que je ne l'ai jamais vue, et l'air y est lourd, chargé d'une tension si épaisse qu'on pourrait la couper au couteau, la respirer comme une fumée toxique, la sentir peser sur les épaules comme un manteau de plomb. Les lieutenants du cartel sont assis autour de la longue table en acajou, leurs visages fermés, leurs costumes sombres, leurs regards fixés sur l'homme qui se tient au centre de la pièce, enchaîné, encadré par deux gardes armés, le visage défait, les cheveux en désordre, les vêtements froissés. Esteban Reyes n'a plus rien du patriarche arrogant qui m'a menacée dans le grand hall, il y a quelques jours à peine. Il n'a plus rien du stratège calculateur qui a manipulé son neveu pendant des années, qui a assassiné son frèr
Chapitre 5DamianLe convoi Vargas apparaît à l'horizon comme une ligne de fourmis noires rampant sur la route blanche, et ma gorge se serre.Je suis debout sur le perron du domaine Reyes, les mains croisées dans le dos, le visage aussi impassible qu'une statue de cire. Derrière moi, mes hommes son
Chapitre 4IsabellaLe soleil se lève sur la résidence Vargas comme un couteau qu'on aiguise, et je suis déjà debout, les yeux secs, le cœur serré, la main posée sur ma valise que je n'ai pas fermée de la nuit. Je n'ai pas dormi. Je n'ai même pas essayé. À quoi bon fermer les paupières quand chaque
Chapitre 3DamianLa cérémonie sera dans trois heures, et je n'ai toujours pas mis ma cravate.Je suis debout devant le miroir en pied de ma chambre, au premier étage du domaine Reyes, et mon reflet me renvoie l'image d'un homme que je ne reconnais pas. Le costume noir est taillé sur mesure, le tis
Chapitre 2IsabellaMon père me regarde comme on regarde une marchandise qu'on s'apprête à vendre, et je comprends, dans la fulgurance glaciale de cet instant, que je n'ai jamais été sa fille. J'ai toujours été une monnaie d'échange. Je n'attendais que le moment où il faudrait dépenser.La résidenc







