เข้าสู่ระบบLe silence du matin pesait sur Lina comme une couverture trop lourde. Elle se réveilla bien avant l’aube, le cœur serré, l’esprit encombré d’images qu’elle aurait voulu oublier. La veille n’avait rien laissé intact. La rencontre avec Marc avait ouvert une porte qu’elle croyait scellée à jamais, et à travers laquelle s’échappaient désormais des souvenirs qu’elle n’avait jamais osé partager.Elle resta allongée quelques minutes, les yeux ouverts, fixant le plafond de sa chambre. Cette fois, elle n’était pas chez Éthan. Elle avait ressenti le besoin de rentrer, de retrouver un espace qui lui appartenait entièrement. Pourtant, même ici, elle ne se sentait pas en sécurité.Son téléphone vibra doucement sur la table de nuit.Éthan.Elle le fixa sans répondre immédiatement. Une part d’elle avait envie de se réfugier dans sa voix, de faire semblant que tout allait bien. Une autre, plus lucide, savait que le mensonge ne ferait que retarder l’inévitable.Elle répondit.— Bonjour, murmura-t-elle
Le matin s’installa lentement dans l’appartement, comme s’il n’osait pas déranger ce qui avait pris forme durant la nuit. La lumière glissa sur les murs clairs, effleurant les meubles, s’attardant sur les corps encore immobiles. Lina ouvrit les yeux sans bouger, consciente avant même de voir qu’Éthan était là.Elle sentit sa chaleur. Sa respiration régulière. Cette présence qui, quelques heures plus tôt, lui semblait encore impossible.Elle resta ainsi, silencieuse, à observer le plafond, tentant de comprendre ce qu’elle ressentait réellement. Il n’y avait ni regret, ni panique immédiate. Seulement une sensation nouvelle, profonde, presque vertigineuse : celle d’avoir franchi un seuil invisible.Éthan bougea légèrement, comme s’il percevait son éveil. Elle sentit son bras se resserrer instinctivement autour d’elle, geste inconscient, protecteur. Ce simple mouvement fit naître en elle une émotion inattendue, un pincement au cœur qu’elle accueillit sans chercher à l’analyser.— Tu es ré
La journée avait laissé sur Lina une fatigue étrange, différente de celle du corps. C’était une lassitude de l’âme, un mélange de pensées qui tournaient en boucle et de sensations encore trop vives pour être ignorées. Depuis qu’elle avait quitté l’appartement d’Éthan, son esprit n’avait cessé de revenir à lui. À son regard. À cette retenue volontaire qui, paradoxalement, avait attisé en elle un feu qu’elle ne se connaissait pas.Elle tenta de se concentrer sur ce qu’elle faisait. Les gestes du quotidien. Les choses simples. Mais tout lui semblait fade, comme si une partie d’elle était restée là-haut, face aux vitres immenses, suspendue entre le désir et la peur.Le téléphone vibra.Son cœur fit un bond avant même qu’elle ne regarde l’écran.Éthan.Elle hésita une seconde. Puis une autre. Enfin, elle répondit.— Allô ?— Lina.Sa voix, grave et posée, suffit à troubler l’équilibre fragile qu’elle essayait de maintenir.— J’espère que je ne te dérange pas.— Non… répondit-elle, conscien
La nuit n’avait pas totalement quitté l’appartement lorsque Lina ouvrit les yeux. Une lumière pâle filtrait à travers les rideaux épais, dessinant des ombres douces sur les murs immaculés. Pendant quelques secondes, elle resta immobile, prisonnière de cette frontière fragile entre le rêve et la réalité, là où tout semblait encore possible.Puis les souvenirs revinrent.La proximité d’Éthan.Son souffle contre sa peau.La retenue volontaire, presque douloureuse, qui avait marqué la fin de cette nuit étrange et troublante.Lina inspira profondément. Son cœur battait trop vite.Elle se redressa lentement, découvrant l’espace autour d’elle. Elle n’était pas dans une chambre impersonnelle d’hôtel, ni dans un lieu de passage. Elle se trouvait dans l’intimité d’Éthan, dans cet appartement qui respirait le luxe discret et le contrôle absolu. Tout ici semblait à sa place, comme si rien ne devait jamais dépasser.Rien, sauf eux.Elle passa une main sur son visage, tentant de calmer le tumulte q
Il y a des moments où le silence devient trop lourd pour être porté seul.Lina le ressentit dès l’aube. Elle était éveillée depuis longtemps, allongée sur le côté, les yeux ouverts, fixant le mur encore plongé dans la pénombre. Le jour se levait lentement, mais son cœur, lui, battait trop vite, comme s’il savait que quelque chose d’irréversible approchait.Elle posa une main sur son ventre.Ce geste, devenu instinctif, n’était plus seulement un réflexe de protection. C’était une conversation muette. Une promesse renouvelée chaque matin.— Aujourd’hui… murmura-t-elle, la voix à peine audible.Aujourd’hui, elle ne pouvait plus reculer.Depuis son message à Éthan, le temps semblait s’être étiré douloureusement. Il avait répondu avec cette patience qui la touchait autant qu’elle l’effrayait. Je t’attendrai. Ces mots résonnaient encore en elle, comme un refuge qu’elle n’osait pas rejoindre.Lina se leva lentement, consciente du moindre mouvement de son corps. Le médecin avait été clair : é
L’absence n’est jamais vide.Elle pèse, elle oppresse, elle s’insinue dans les gestes les plus simples jusqu’à rendre chaque minute inconfortable. Éthan s’en rendit compte dès le matin où Lina ne répondit pas à son message.Un simple message.Tu as bien dormi ?Rien.Il posa son téléphone sur la table, tenta de se convaincre qu’elle était simplement occupée. Mais au fond de lui, quelque chose s’était déjà déplacé. Une inquiétude subtile, presque imperceptible, mais persistante.Lina n’était pas du genre à disparaître sans prévenir.À l’autre bout de la ville, Lina se battait contre son propre corps.Assise dans une salle d’attente blanche, trop lumineuse, elle serrait son sac contre elle comme un bouclier. L’odeur antiseptique lui donnait la nausée. Chaque bruit résonnait trop fort. Elle avait l’impression que le monde entier retenait son souffle.— Madame Kambou ?Elle se leva lentement.Le médecin parlait calmement, mais Lina entendait à peine. Elle observait ses mains, crispées, tr







