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CHAPITRE 4

Author: RS WILD
last update publish date: 2026-01-14 07:02:20

SOFIA

Je sens mon sang se glacer. Ses paroles ne sont pas une mise en garde, c’est une promesse de possession brutale. Je lève les yeux vers lui, refusant de baisser la tête malgré la peur qui me tord les entrailles.

— Vous ne me connaissez pas, Monsieur Vitiello. La douleur ne m’effraie pas.

Il laisse échapper un rire sombre, un son qui ne monte pas jusqu’à ses yeux d’acier. Il réduit l’espace entre nous jusqu’à ce que son torse frôle ma poitrine. Je peux sentir l’odeur de son parfum cher mêlée à celle, plus sauvage, de sa peau.

— C’est ce que nous allons voir, Sofia. La douleur est une excellente enseignante, mais l’humiliation l’est encore plus. Et je soupçonne que tu es bien trop fière pour ton propre bien.

Il tend la main et attrape une mèche de mes cheveux, l’enroulant lentement autour de son index, me forçant à rester immobile.

— Ton père m’a dit que tu voulais devenir chanteuse. Un talent inutile pour une femme de ta position. À partir d’aujourd’hui, ta seule voix sera celle que j’autoriserai. Tes seuls chants seront ceux que tu murmureras dans mon oreille, entre deux gémissements.

Ses doigts glissent de mes cheveux à ma mâchoire, sa peau rude contre la mienne.

— Dis-le, Sofia. Dis mon nom. Je veux l’entendre avant de rentrer annoncer à ton père que je t’embarque avec moi dès ce soir.

Mon cœur rate un battement.

— Ce soir ? Mais... le mariage est dans un mois !

— Je n’ai pas l’habitude d’attendre pour ce qui m’appartient. Tu vas faire tes valises. Tu finiras ton “éducation” chez moi, à Palerme. Alors dis mon nom.

Je redresse le menton, puisant dans mes dernières forces pour ne pas trembler.

— Jamais mon père ne dira oui. Lui et maman ne voudront jamais que je vienne chez vous avant le mariage. Pour mon honneur.

Il éclate d’un rire rauque, un son méprisant qui résonne contre les murs de pierre de la fontaine.

— Comme si une fille de ta trempe était encore assez pure pour s’inquiéter de son honneur... Tu crois que je suis dupe ?

— Oui, Monsieur, je pense à mon honneur ! craché-je, révoltée par son insinuation. On ne va pas vivre chez un homme avant d’être unis par les liens du mariage. C’est la tradition, et c’est ma dignité.

Léo s’arrête de rire brusquement. Son visage devient un masque de pierre. Il fait un pas vers moi, réduisant l’espace jusqu’à ce que je sois acculée contre le rebord gelé de la fontaine. Il pose ses deux mains de chaque côté de mes hanches, me prisonnière de son corps massif.

— Ta dignité m’appartient désormais, Sofia. Ton père m’a déjà vendu ton “honneur” en échange de la protection de mes ports. Quant à ton pucelage... que tu l’aies encore ou non n’est qu’un détail technique. Je compte bien vérifier moi-même ce soir, dans mon lit à Palerme.

Il se penche, ses lèvres effleurant presque les miennes, son souffle chargé d’une menace sombre.

— Et pour ton père ? Il a déjà accepté. Il est trop heureux de se débarrasser d’une fille turbulente avant qu’elle ne fasse une bêtise qui ruinerait son contrat. À ses yeux, tu es déjà chez moi.

Je sens les larmes monter, mais je les refoule. Je refuse de lui donner ce plaisir.

— Je vous déteste.

— Bien, murmure-t-il avec un sourire carnassier. La haine est une émotion bien plus chaude que l’indifférence. Elle me tiendra compagnie pendant le trajet. Maintenant, dis mon nom. Sinon, je t’emmène sans tes valises. Et dès que nous serons chez moi, je te mettrai à nu et je te prendrai par ton vilain petit trou, laissant l’autre — ton précieux honneur — intact pour le mariage.

L’insulte est de trop. Le dégoût et la rage explosent dans ma poitrine, balayant la peur. C’est plus fort que moi. Ma main part toute seule, cinglant son visage dans un claquement sec qui déchire le silence du jardin.

Le choc me fait mal aux doigts. Sa tête a peine pivoté sous l’impact.

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