로그인Elle s'est levée, a contourné le bureau, et a posé une main sur mon épaule. Sa main était chaude, douce, mais il n'y avait plus rien de sensuel dans ce geste. Juste de l'affection, de l'amitié, de la compassion.— Va la chercher, Victoria. Va la chercher avant qu'il ne soit trop tard. Moi, j'ai tourné la page. Je suis heureuse maintenant, ou du moins en paix. Mais Maya, elle, elle t'attend. Elle t'attend depuis six semaines. Ne la fais pas attendre plus longtemps.Elle est partie, me laissant seule avec mes pensées, mes peurs, mes regrets. Et ce matin, après une nuit blanche passée à tourner en rond dans la maison vide, j'ai enfilé mon manteau, j'ai pris ma voiture, et j'ai roulé jusqu'à l'adresse que j'avais notée dans mon téléphone il y a des semaines, quand j'avais fait suivre Maya pour m'assurer qu'elle allait bien, qu'ell
Elle s'est levée, a enfilé son manteau, et avant de partir, elle s'est penchée vers moi et a posé ses lèvres sur les miennes. Un baiser léger, tendre, amical.— Tu es la meilleure chose qui soit arrivée dans ma vie, Maya. Après Victoria, après toute cette souffrance, tu es la lumière au bout du tunnel. Même si tu ne m'aimes pas comme tu l'aimes, elle. Même si tu finis par retourner avec elle. Je voulais que tu le saches.— Léa...— Chut. Ne dis rien. Laisse-moi partir. Et souviens-toi : si elle vient, écoute-la. Ne la repousse pas tout de suite. Elle a besoin de toi. Et peut-être que toi aussi, tu as besoin d'elle.Elle est partie, et je suis restée seule dans l'appartement silencieux, le cœur battant, les pensées en déroute. Victoria va venir. Victoria va peut-être venir. Apr&
MayaSix semaines ont passé depuis que j'ai franchi la porte de la maison blanche pour la dernière fois. Six semaines depuis que Victoria m'a arraché le collier et m'a jetée dehors comme une chose usée. Six semaines à me reconstruire, brique après brique, larme après larme, souvenir après souvenir. Aujourd'hui, je suis assise à la terrasse d'un café du Marais, emmitouflée dans un manteau de laine que j'ai acheté avec mes premiers salaires, un café crème fumant devant moi, le carnet de croquis que j'ai racheté sur les quais de Seine ouvert sur mes genoux. Je dessine les passants, les toits de zinc, les nuages qui courent dans le ciel de janvier. Je dessine pour ne pas penser. Je dessine pour ne pas pleurer. Je dessine pour survivre.Ma mère va mieux. Les traitements payés par le contrat de Victoria ont fonctionné, la tumeur a diminué, les médecins parlent de rémission partielle, peut-être totale un jour. Elle m'a demandé, la semaine dernière, d'où venait l'argent, comment j'avais pu pa
Mon pouce effleure l'écran, et une notification apparaît. Supprimer ce message ? La question est presque insultante, presque obscène. Supprimer ce message. Effacer sa voix. Effacer son amour. Effacer la seule preuve que quelqu'un, quelque part, m'a aimée vraiment, sincèrement, totalement. Tourner la page, comme j'ai toujours fait, comme j'ai fait avec Léa, comme j'ai fait avec toutes les autres. Supprimer, oublier, continuer. Continuer à fuir, à repousser, à détruire. Mon doigt reste suspendu au-dessus de la touche, tremblant, hésitant. La tentation est là, immense, dévorante. Supprimer le message, ce serait tellement plus facile. Ce serait effacer la douleur, effacer la culpabilité, effacer la honte. Ce serait redevenir la femme que j'étais avant elle, la femme froide et distante et intouchable. La femme qui ne tremble pas, qui ne pleure pas, qui n'aime pas. Mais je ne peux pas. Pour une fois dans ma vie, je ne peux pas. Ce message est tout ce qui me reste de Maya. Ces quelques
Victoria Ce matin, j'ai trouvé son message. Je ne l'ai pas trouvé tout de suite. Il était caché dans ma boîte vocale, noyé parmi les appels professionnels, les messages de mon assistant, les notifications de la banque, les relances de la clinique qui continuait d'envoyer les factures à mon nom. J'ai failli le supprimer sans l'écouter, comme je supprime tous les messages sans les écouter, comme je supprime tout ce qui pourrait me faire souffrir, tout ce qui pourrait me faire ressentir. Mais quelque chose m'a retenue. Un pressentiment. Une intuition. Son nom sur l'écran, affiché en toutes lettres, comme un fantôme qui revient hanter sa meurtrière. Maya. Elle m'a appelée. Elle m'a laissé un message. Et je ne l'ai même pas entendue. Je ne l'ai même pas écoutée. J'étais trop occupée à me terrer dans mon bureau, à me convaincre que j'avais raison, que je ne l'aimais pas, que je ne méritais pas son amour. Je m'as
Je feuillette le carnet, les larmes aux yeux, et à la dernière page, je trouve une inscription. Son écriture, petite et serrée, à l'encre noire, cette écriture appliquée des enfants sages, des filles studieuses, des amantes patientes. Victoria, si tu trouves ce carnet, c'est que je suis partie. Je te laisse ces dessins pour que tu n'oublies jamais que quelqu'un t'a aimée. Vraiment aimée. Pas pour ton argent, pas pour ton pouvoir, pas pour tes contrats. Pour toi. Juste pour toi. Pour la femme qui pleure en silence, pour la femme qui a peur de l'amour, pour la femme qui se cache derrière son masque. Je t'aime, Victoria. Je t'aimerai toujours. Maya Je ferme le carnet, le serre contre ma poitrine, et je pleure. Des sanglots cette fois, de vrais sanglots, qui montent du plus profond de mes entrailles et qui déchirent le silence de la maison vide. Des sanglots comme je n'en ai jamais eu, comme je ne savais pas que je po
Je ne réponds pas, je ne peux pas répondre, parce qu'elle a raison, parce que sentir ses yeux sur moi est la chose la plus excitante que j'aie jamais vécue, plus excitante que ses doigts dans ma bouche, plus excitante que ses caresses entre mes cuisses, plus excitante que le baiser, parce q
La liberté, c'est un mot de riches, un mot de ceux qui n'ont jamais compté leurs centimes pour un paquet de pâtes, un mot de ceux qui n'ont jamais vu leur mère dépérir sur un lit d'hôpital parce que les soins coûtent trop cher, un mot de ceux qui n'ont jamais dû choisir entre leur dignité e
MayaSa main se lève à nouveau, je me prépare, je serre les dents, mais cette fois elle caresse ma joue rougie, ses doigts sont froids sur ma peau brûlante, et ce contraste est presque plus insupportable que la douleur.— Maintenant, dit-elle, la fessée, allonge-toi sur mes genoux, le ventre sur me
Je me tourne, je fais face à Victoria, mes yeux dans ses yeux, et je tombe à genoux sans qu'elle me le demande, parce que c'est la seule position qui me semble juste, la seule position qui correspond à ce que je ressens, à ce que je suis devenue.— Pardon, madame, dis-je, et ma voix est plus forte







