تسجيل الدخولLEILA
La chaleur de la journée a été écrasante, une chaleur tropicale et moite qui colle la peau et ralentit les gestes et vide l'esprit de toute pensée cohérente.
Nous avons passé l'après-midi à explorer l'île, ou du moins la partie de l'île que Yanis a accepté de me montrer , une crique cachée derrière des rochers noirs, une cascade minuscule qui se déverse dans
Il retire sa main et recule d'un pas, et l'eau fraîche s'engouffre dans l'espace qu'il vient de libérer, et je frissonne de froid et de manque et de cette chose que je n'ose pas nommer.— Et si je te dis non ? demandé-je, et ma voix tremble. Si je ne te choisis jamais ?— Alors je vivrai avec. Je passerai ma vie à tes côtés sans jamais te toucher, sans jamais t'embrasser, sans jamais te posséder. Je serai ton mari sur le papier, ton gardien si tu veux, ton ami si tu me laisses l'être. Mais je ne serai jamais ton amant.Il y a une telle tristesse dans sa voix, une telle résignation, que mon cœur se serre dans ma poitrine et que je sens les larmes monter à mes yeux.— Et ça te suffirait ?— Non. Ça ne me suffirait pas. Ça ne me suffira jamais. Mais c'est le prix à payer pour ce que je suis. Pour ce que j'ai fait.
LEILAJe ne sais pas combien de temps nous restons ainsi, au milieu de la piscine, nos corps enlacés, nos souffles mêlés, nos regards qui ne se quittent pas.Le temps a cessé d'exister, ou peut-être qu'il s'est dilaté, étiré, transformé en cette substance élastique et indéfinissable qui caractérise les moments où tout bascule sans qu'on s'en rende compte.L'eau est chaude autour de nous, chauffée par le soleil de la journée et par les projecteurs immergés, et elle nous enveloppe comme un cocon liquide qui nous isole du reste du monde.Ses mains ont quitté mon visage et sont redescendues le long de mon corps, et elles se sont posées sur mes hanches avec une douceur qui contraste avec la dureté que je sens contre mon ventre.Ses doigts s'enfoncent légèrement dans ma chair, pas assez pour me fai
LEILAIl plonge tout habillé, ou presque , son boxer noir colle à ses cuisses musclées quand il fend l'eau dans un plongeon parfait qui soulève à peine quelques gouttelettes, et je le vois disparaître sous la surface dans un tourbillon de bulles et de lumière.Je recule instinctivement, mes pieds cherchant le fond de la piscine, mes mains s'agrippant au rebord comme si je pouvais m'enfuir, comme s'il y avait quelque part où aller dans cette prison liquide éclairée par la lune.Mais il est déjà là.Sous l'eau, son corps se rapproche du mien avec une rapidité de prédateur, et je vois ses yeux verts et or grands ouverts qui me fixent à travers l'élément transparent qui nous sépare et nous unit à la fois.L'eau déforme les formes et les distances, et pourtant je le vois parfaitement , la ligne d
LEILALa chaleur de la journée a été écrasante, une chaleur tropicale et moite qui colle la peau et ralentit les gestes et vide l'esprit de toute pensée cohérente.Nous avons passé l'après-midi à explorer l'île, ou du moins la partie de l'île que Yanis a accepté de me montrer , une crique cachée derrière des rochers noirs, une cascade minuscule qui se déverse dans un bassin naturel, une forêt de bambous géants qui bruissent sous le vent comme une armée de fantômes.Il marchait devant moi, ouvrant le chemin à coups de machette quand la végétation devenait trop dense, et je le suivais en silence, observant la façon dont les muscles de son dos roulaient sous sa chemise trempée de sueur, dont ses mains larges et puissantes écartaient les branches sans effort apparent, dont ses pieds n
LEILALe lendemain matin, je trouve Yanis déjà installé à la table du petit-déjeuner quand je sors de ma chambre, les cheveux encore humides de la douche, vêtue d'une robe légère que j'ai trouvée dans le dressing , blanche, en coton, trop courte peut-être, mais c'était la seule chose qui me semblait adaptée à la chaleur déjà écrasante de cette île perdue au milieu de l'océan.Il est assis face à la mer, une tasse de café à la main, le regard perdu sur l'horizon où le soleil déjà haut fait scintiller l'eau comme des millions de diamants.Il ne m'a pas entendue arriver, ou peut-être que si , rien ne semble jamais lui échapper et il tourne lentement la tête vers moi quand je m'assois en face de lui.— Bien dormi ?Sa voix est neutre, polie, comme si l
LEILALe soir tombe sur l'île dans une explosion de couleurs qui embrase le ciel et la mer , des oranges flamboyants, des roses tendres, des violets profonds qui se fondent lentement dans le bleu nuit de l'océan.La table a été dressée sur la terrasse qui surplombe la plage, éclairée par des lanternes en fer forgé qui diffusent une lumière douce et vacillante, et par des bougies disposées au centre de la table qui font danser des ombres sur nos visages.Yanis est assis en face de moi, et il ne me quitte pas des yeux.Il ne me quitte jamais des yeux, d'ailleurs , j'ai l'impression qu'il passe son temps à me regarder, à m'observer, à me scruter comme si j'étais une énigme qu'il cherche à résoudre.Une femme en sarong coloré est apparue en fin d'après-midi pour préparer le dîner, surgie de nulle







