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La chaleur de la journée a été écrasante, une chaleur tropicale et moite qui colle la peau et ralentit les gestes et vide l'esprit de toute pensée cohérente.
Nous avons passé l'après-midi à explorer l'île, ou du moins la partie de l'île que Yanis a accepté de me montrer , une crique cachée derrière des rochers noirs, une cascade minuscule qui se déverse dans
Je prends son visage entre mes mains, mes pouces caressant ses joues, mes yeux plongés dans les siens. Je veux qu'il voie la vérité dans mon regard, la certitude, la confiance, l'amour.— Tu n'es pas ton père. Tu es un homme bon. Un homme aimant. Un homme qui a appris à surmonter ses démons, à guérir ses blessures, à devenir meilleur. Tu es l'homme que j'aime, Yanis. L'homme qui me protège, qui me respecte, qui me chérit. Et tu seras un père merveilleux. Je le sais. Je le sens. Je le crois de tout mon cœur.— Mais si je le frappe ? Si je lui fais du mal ? Si je le détruis ?— Tu ne le feras pas. Parce que tu es conscient de tes peurs, de tes faiblesses, de tes limites. Parce que tu as appris à les maîtriser. Parce que tu es plus fort que ton passé, plus fort que tes démons, plus fort que tes peurs. Et parce q
Il choisit une chanson, une vieille chanson d'amour, un classique que nous connaissons tous les deux. Il se met à chanter, sa voix rauque et fausse, déchirant les notes avec un enthousiasme désarmant.— La vie en rose, ouais ! chantonne-t-il.— Tu chantes horriblement, dis-je, hilare.— Je sais. C'est pour ça que je te demande de m'accompagner.Je me lance, ma voix hésitante, fausse, ridicule. Et pourtant, c'est magique. Nos voix se mêlent, se heurtent, se soutiennent, dans un chaos musical qui nous fait rire aux larmes.— On est les pires chanteurs du monde, dit-il.— Les pires, confirmé-je.— Mais les plus heureux.— Les plus heureux.Le barman nous offre une tournée en nous félicitant pour notre "performance". On se regarde, émerveillés par ce moment de pureté, de légè
Une larme coule sur sa joue, puis une autre, puis une autre encore. Il ne les essuie pas. Il les laisse couler, ces larmes d'homme brisé, d'homme sauvé, d'homme aimé.— Je te promets aujourd'hui, devant Dieu, devant nos témoins, devant le monde entier, de t'aimer pour toujours. De te respecter, de te protéger, de te chérir. De ne plus jamais te mentir, de ne plus jamais te cacher, de ne plus jamais avoir peur. Je te promets d'être l'homme que tu mérites, l'homme que tu as fait de moi. Je te promets la vie, Leila. La vie, l'amour, le bonheur. Pour toujours.Il est en larmes maintenant, des larmes qui coulent sans retenue, qui tracent des sillons sur ses joues, qui tremblent sur ses lèvres. Autour de nous, les invités sont silencieux, émus, certains essuyant leurs propres larmes.Je prends le papier que j'ai préparé, mes mains tremblant, ma voix hésitante.
LEILALes semaines passent, douces et paisibles comme une mer d'huile. Ma blessure guérit, lentement mais sûrement, laissant une cicatrice rose et sensible sur mon épaule. Yanis la caresse parfois, du bout des doigts, comme s'il voulait effacer la trace de la balle, comme s'il pouvait faire disparaître le souvenir de ce jour où j'ai failli le quitter pour toujours.Nous avons retrouvé notre équilibre. Un nouvel équilibre, plus sain, plus solide, plus vrai. Plus de mensonges, plus de secrets, plus de peurs. Juste nous. Juste notre amour. Juste notre vie.Ce matin-là, je suis dans le jardin, assise sur un banc de pierre, les pieds nus dans l'herbe mouillée de rosée. Le soleil se lève sur la Méditerranée, peignant le ciel de nuances orangées et roses. Les oiseaux chantent, les cigales commencent à grésiller, la vie s'éveille douc
LEILALe retour à la villa est un triomphe.Yanis m'a fait porter jusqu'à l'entrée, refusant de me laisser marcher, même pour quelques mètres. Il m'a déposée sur le canapé du salon, entourée de coussins, couverte d'un plaid doux, comme si j'étais une reine, une princesse, une déesse.— Tout va bien se passer, Leila. Je suis là. Je vais m'occuper de toi. Je ne te laisserai pas tomber.Et il le fait. Il s'occupe de moi avec une dévotion qui me touche jusqu'aux larmes. Il me prépare des repas légers, m'aide à me laver, me masse les jambes pour éviter les escarres. Il veille sur mes médicaments, sur mes pansements, sur ma rééducation.— Ne t'inquiète pas, me dit-il un jour en m'aidant à faire mes premiers pas dans le salon. Je vais t'accompagner. Je te porterai s'il le faut, mais je ne te laisserai jamais abandonner.— Tu es un vrai infirmier, maintenant, dis-je, une lueur amusée dans les yeux.— Je suis ton mari, Leila. Ton mari, ton protecteur, ton amant. Je serai tout ce dont tu as bes
Yanis est à genoux près de moi, ses mains sur mon épaule, pressant la plaie, essayant d'arrêter le sang qui coule, qui coule, qui coule. Son visage est décomposé, ses yeux sont fous, sa voix est un hurlement brisé.— Il faut l'emmener à l'hôpital, vite ! Matteo, la voiture, maintenant !Je sens ses bras qui me soulèvent, qui me portent, qui me serrent contre lui. Sa chaleur, son odeur, sa force. Mon ancre. Mon refuge. Mon amour.— Ne meurs pas, Leila. Je t'en supplie, ne meurs pas. Je ne peux pas vivre sans toi. Tu m'entends ? Je ne peux pas vivre sans toi.Sa voix est un sanglot, un cri, une prière. Je veux lui répondre, lui dire que je l'aime, que je ne vais pas mourir, que tout va bien. Mais les mots ne sortent pas. Seule la douleur, le froid, l'obscurité.— Je t'aime, Leila. Je t'aime plus que tout au monde. Accroche-toi. Accroche-toi pour moi. Je t'en supplie.Et puis, plus rien.LEILALa lumière est blanche. Aveuglante. Oppressante.Je cligne des yeux, essayant de me concentrer
LEILAJe le regarde dans les yeux, et ce que je vois dans ses iris verts et or me fait frissonner de la tête aux pieds, un frisson qui n'a rien à voir avec le froid, un frisson qui est cent pour cent désir.Il y a de la bataille en lui.Je vois la guerre civile qui fait rage dans son âme, l'ange et
L'eau m'arrive à la taille, et je sais que mes seins sont à demi hors de l'eau, que les gouttes salées coulent sur ma peau, que je suis l'image même de la tentation.
Je me retourne vers lui, et je mets mes mains sur mes hanches dans une pose de défi, et je le regarde droit dans les yeux, et je vois la tempête qui fait rage dans ses iris verts et or.
Je pense à ses yeux sur moi, à son pouce sur ma joue, à sa voix rauque qui a murmuré "princesse" et qui a fait fondre quelque chose en moi.







