เข้าสู่ระบบChapitre 33Lorenzo— Où irais-tu ?La question sort de ma bouche avant que j’aie eu le temps d’y penser. Je suis encore sur le seuil de la porte, mes doigts sur la poignée de cuivre. Le métal est froid sous mes doigts, lisse, poli par des années de maintiens. Je devrais sortir. Je devrais la laisser seule avec sa promesse, son pacte, sa liberté future. La porte est entrouverte, laissant passer un filet d’air froid du couloir qui fait frissonner les rideaux de soie bleue. Dehors, le garde attend, immobile, son souffle régulier. Mais quelque chose me retient. Une curiosité, peut-être. Ou autre chose. Quelque chose de plus profond, de plus dangereux. Une force invisible qui me tire en arrière, qui m’empêche de franchir le seuil.Je me retourne.Le mouvement
Chapitre 32Rosa— Je veux ma liberté en échange. Pas d’argent. Juste partir.La chambre est éclairée par la lumière pâle du matin. Le jour se lève à peine, le ciel encore gris-rose derrière les rideaux de soie bleue que je n’ai pas fermés de la nuit. Le feu s’est éteint depuis des heures, il ne reste que des braises rougeoyantes dans la cheminée, une lueur faible qui éclaire à peine les chenets de fer noir, les pelles et les pincettes posées à côté. Une fine couche de cendre recouvre le foyer, grise, douce, soulevée par le moindre courant d’air. Les bougies se sont consumées jusqu’au bout, la cire figée en stalactites pâles sur les chandeliers de cuivre, certaines ayant coulé sur le bois de la commode en formant des
Chapitre 31LorenzoJe vérifie une information.La nuit est tombée depuis longtemps. La lune, haute dans le ciel, projette une lumière pâle à travers les fenêtres de mon bureau, éclairant les poutres du plafond, les étagères chargées de dossiers, le tapis usé par les années de pas. Dehors, le vent s’est levé, faisant grincer les branches des arbres et siffler l’air dans les fissures des murs. Rosa est restée dans sa chambre, devant le feu — ce qui reste du feu, des braises rougeoyantes qui s’éteindront bientôt —, ses livres, ses secrets. Ses mots tournent encore dans ma tête, les noms, les dates, les routes, les comptes. Tout est noté, aligné, classé sur les feuilles étalées devant moi.Moi, je suis dans mon bureau, assis devant mon bureau de bois noir, la lampe à huile allumée. La flamme est faible, la mèche grésille, projetant une lumière jaune et tremblante sur les papiers. La pièce est sombre, les tentures de velours grenat tirées, les meubles massifs projetant des ombres épaisses
Chapitre 30RosaJe révèle les routes de contrebande, les alliances secrètes, les comptes offshore.La chambre est plongée dans la pénombre, la lumière du feu et des bougies dansant sur les murs de soie bleue. Les flammes de la cheminée ont baissé, les bûches consumées en braises rougeoyantes qui projettent une lueur plus faible, plus intime. Les bougies, sur la commode, ont fondu en stalactites de cire blanche qui coulent le long du cuivre, certaines déjà figées, d’autres encore tièdes qui perlent goutte à goutte. L’odeur de la cire chaude se mêle à celle du bois brûlé, à celle de la lavande des draps, à celle de nos deux corps qui n’ont pas dormi. Lorenzo est assis en face de moi, les jambes croisées, les mains posées sur ses cuisses. Le tapis est épais sous nous, ses fibres souples s’écrasant sous nos poids. La lumière vacillante éclaire son visage par en dessous, creusant ses pommettes hautes, assombrissant ses yeux, allumant des reflets cuivrés dans ses cheveux noirs en désordre.
Chapitre 29LorenzoIl hésite.Je la regarde, debout devant moi, ses pieds nus sur le tapis, sa robe de lainage vert tombant le long de son corps mince. La lumière du feu éclaire son visage par en dessous, creusant ses pommettes, allumant des braises dans ses yeux gris. Ses cheveux bruns sont en désordre, des mèches retombant sur son visage, masquant une partie de sa joue, certaines collant à sa tempe à cause de la chaleur. La cicatrice sur sa tempe, fine et blanche, est plus visible que d’habitude, comme si la lumière du feu voulait la mettre en valeur. Ses mains pendent le long de son corps, immobiles, les doigts légèrement écartés.Il hésite. Je reste immobile, les pieds ancrés dans le tapis, les épaules droites. Le poids de ma décision me pèse sur la nuque, sur les épaules, sur la poitrine. Je pourrais partir. Je pourrais revenir demain, ou dans deux jours, ou dans une semaine. Je pourrais laisser ces secrets dormir encore un peu, le temps de vérifier, de confirmer, de consulter M
Chapitre 28Rosa— Ce sang n’a jamais été le mien.Ma voix est calme, presque douce. Mais chaque syllabe est coupante, comme une lame qu’on aiguise depuis des années, qu’on sort enfin du fourreau. Les mots sortent de ma bouche avec une précision chirurgicale, chacun d’eux trouvant sa place dans l’air de la chambre, s’imprimant sur les murs de soie bleue, sur les moulures du plafond, sur le marbre de la cheminée.Je le regarde, Lorenzo, debout près de la fenêtre, sa silhouette sombre découpée sur la lumière grise du ciel. La vitre derrière lui est couverte de buée, et son reflet, flou, déformé, se mêle à l’image des barreaux blancs. Ses mains sont derrière son dos, ses épaules larges, sa tête légèrement inclinée. Il se méfie. Je le vois à ses yeux, à la façon dont ses sourcils sont légèrement froncés, à la ligne dure de sa mâchoire, à la tension de sa nuque. Les muscles de son cou sont saillants, les cordes tendues sous la peau. Ses lèvres sont pincées, presque blanches. Il a peur d’êt







