เข้าสู่ระบบChapitre 79
Aëlys
Le monsieur aux yeux pareils que moi il est revenu. Maman a dit qu'il pouvait venir. Elle a dit ça avec sa voix de quand elle est pas contente. Mais elle a dit oui.
Je suis dans le salon. Je dessine. Je fais un oiseau. Un vrai. Pas en métal.
La porte s'ouvre. C'est lui. Il a un truc dans les mains. Un truc en bois. Avec des ailes.
— Bonjour, A&eum
Chapitre 79AëlysLe monsieur aux yeux pareils que moi il est revenu. Maman a dit qu'il pouvait venir. Elle a dit ça avec sa voix de quand elle est pas contente. Mais elle a dit oui.Je suis dans le salon. Je dessine. Je fais un oiseau. Un vrai. Pas en métal.La porte s'ouvre. C'est lui. Il a un truc dans les mains. Un truc en bois. Avec des ailes.— Bonjour, Aëlys.— Bonjour.Il s'approche. Il s'agenouille. Comme la dernière fois. Il pose le truc en bois sur le tapis. Devant moi.— Je t'ai fabriqué quelque chose.Je regarde. C'est un oiseau. En bois. Avec des ailes qui bougent. Il y a une petite manivelle sur le côté.— C'est quoi ?— C'est un oiseau mécanique. Regarde
Chapitre 78CassianJe frappe à la porte de l'aile indépendante. Ma main tremble. Je la cache dans mon dos.La porte s'ouvre. Alixia. Robe sombre. Visage fermé.— Tu es à l'heure.— J'ai dit que je viendrais.— Aëlys est dans le salon. Elle t'attend. Mais je reste. Je ne te laisse pas seul avec elle.— Je comprends.Je la suis. Chaque pas résonne. Mon cœur bat trop vite.Elle est assise par terre. Des crayons autour d'elle. Une feuille couverte d'oiseaux bleus. Elle lève la tête.Ses yeux. Ses yeux d'ambre. Les miens.— Bonjour, Aëlys.Elle ne répond pas. Elle me dévisage. Sans gêne. Puis elle se tourne vers Alixia.
Chapitre 77IlaryaL'aile indépendante est exactement ce que j'avais exigé.Je franchis le seuil derrière la domestique. Le salon est lumineux, meublé avec goût, mais sobre. Pas de dorures, pas de tableaux de famille, pas de traces des Veyrenc. Des murs tendus de lin clair, des meubles en bois blond, des fenêtres qui donnent sur les jardins et, plus loin, sur la mer.Aëlys court derrière moi. Ses sandales claquent sur le parquet. Elle s'arrête net au milieu du salon.— Maman ! C'est immense !Elle tourne sur elle-même, les bras écartés. Son rire résonne dans les pièces vides. Je la regarde. Un sourire étire mes lèvres. Le premier depuis des heures.— Oui, mon ange. C'est immense.— Et il y a un b
Chapitre 76CassianL'enveloppe est posée sur mon bureau depuis ce matin. Cachet de cire noire. Le sceau d'Obsidienne.Je la regarde sans l'ouvrir pendant des heures. Je tourne autour. Je la soupèse. Je me répète que tant que je ne brise pas ce cachet, rien n'est encore joué. Mais je suis Cassian Veyrenc. Je n'ai jamais reculé devant rien. Alors je brise la cire, je déplie les feuilles, et je lis.Chaque mot est une lame.Ce mariage sera temporaire. Elle sera libre de partir quand elle le décidera. Sans préavis. Sans justification. Sans que je puisse m'y opposer.Je relis cette phrase trois fois. Ma gorge se noue. Mes poings se crispent sur le papier. Elle veut pouvoir s'enfuir à tout moment. Elle veut garder la porte ouverte. Elle veut me laisser dans l'incertitude perpétuelle de la perdre encore. Et je n'ai pas le droit de protester. Parce que c'est moi qui l'ai poussée à se méfier. C'est moi qui ai signé ces papiers de divorce il y a trois ans.Aucune intimité ne sera imposée entre
Chapitre 75IlaryaLa plume est lourde entre mes doigts, plus lourde encore que le jour où j'ai signé les papiers du divorce dans cette chambre qui n'était pas la mienne, et pourtant je ne tremble pas, je ne vacille pas, je trace les mots avec une lenteur appliquée, comme si chaque lettre était une pierre que je posais sur le chemin de ma propre survie.Je suis assise dans la petite pièce que Cassian a mise à ma disposition au sein de l'aile indépendante, un bureau modeste mais élégant, aux murs tendus de soie grise, éclairé par une lampe à huile qui diffuse une lumière douce et mouvante sur le sous-main de cuir où s'étalent les feuilles de papier que j'ai fait venir de chez mon avocat. Dehors, la nuit est tombée sur Maëlancourt, et par la fenêtre entrouverte me parvient le grondement lointain
Chapitre 74CassianJe la regarde, assise en face de moi dans ce fauteuil de cuir fauve où se sont succédé tant de visages, tant de négociateurs, tant d'adversaires venus défendre leurs intérêts avant de repartir avec un accord ou une défaite. Aucun d'eux n'a jamais compté, aucun d'eux n'a jamais eu le pouvoir de me faire trembler, de me faire douter, de me faire espérer comme elle le fait en cet instant précis, dans ce bureau où la lumière déclinante du soir s'accroche à ses cheveux sombres, à sa peau pâle, à ses yeux qui me fixent avec cette intensité qui me brûle et me glace à la fois.Elle n'a pas bougé depuis qu'elle a posé ses conditions, elle est restée droite, fière, inébranlable, une reine en exil qui dicte ses lois à un roi d&ea
Chapitre 5AlixiaJe cherche Cassian pendant trois heures.Le palais Veyrenc est un labyrinthe de marbre et de verre qui s'étend sur sept niveaux reliés par des escaliers monumentaux et des ascenseurs privés. Je connais chaque recoin, chaque couloir dérobé, chaque alcôve où l'on peut se cacher. J'a
Chapitre 4AlixiaLe jardin d'hiver est désert à cette heure de la matinée, et c'est pour cela que je m'y réfugie.Les murs de verre montent jusqu'au plafond voûté, laissant entrer une lumière laiteuse qui se diffracte sur les feuillages tropicaux et les orchidées suspendues. L'air est chaud, humid
Chapitre 3AlixiaLa salle à manger est une cathédrale de marbre et de cristal.Les murs s'élèvent sur trois étages, recouverts de panneaux de marbre noir veiné de blanc, et le plafond est une verrière immense qui laisse passer la lumière pâle du soir, filtrée par des lustres de cristal suspendus c
Chapitre 2AlixiaLe matin du mariage, ma mère a posé ses mains tremblantes sur mes épaules et elle m'a dit : « Les Veyrenc n'aiment pas. Ils possèdent. Ils protègent. Ils durent. Souviens-t'en. »Je m'en souviens. Six ans plus tard, allongée dans mon lit trop grand, les yeux fixés sur le baldaquin







