เข้าสู่ระบบAlexandre sorta enfin de son bureau. Il avait passé des heures à fixer les écrans, à relire les rapports, à attendre des nouvelles qui n’arrivaient pas assez vite. Quand il ouvrit la porte et s’avança dans le hall, il croisa sa belle-mère. Vanessa. Il fronça immédiatement les sourcils. — Tu fais quoi chez moi ? Vanessa ne sembla pas surprise par son ton. Elle resta calme, les mains croisées devant elle. — Je suis venue voir comment allait ma belle-fille. J’ai vu que tu as fait une interview en disant qu’elle était malade, donc… — Ça ne te regarde pas. Sors de chez moi. Il s’apprêtait déjà à s’éloigner quand elle parla de nouveau, plus bas, mais assez fort pour l’arrêter. — Elle m’a appelée. Alexandre s’immobilisa. Un rire jaune s’échappa de sa gorge, mais au fond de ce rire, il y avait une pointe de quelque chose d’autre. Une toute petite peur, vite étouffée. — Elle ne reviendra pas, ajouta Vanessa. Il se retourna lentement. Sa voix était basse, chargée d’une rage conte
Une semaine avait passé. Les Moreau avaient définitivement fait faillite. Benjamin, Viviane, Lia et Tom habitaient maintenant dans un petit appartement. Joli, propre, mais loin du luxe d’autrefois. Plus de grande maison. Plus de réceptions. Plus de standing à protéger. La chute avait été brutale, et tout le monde savait qui en était responsable, même si personne n’osait le dire à voix haute. Alexandre, lui, devenait de plus en plus incontrôlable. La veille, il avait accordé une interview. Quand on lui avait demandé où était sa femme, il avait répondu d’une voix posée, presque fatiguée : — Elle est malade. Elle reste à la maison pour se soigner. Les journaux et les chaînes de télévision s’étaient emparés de l’information avec une compassion immédiate.« Ils étaient à peine mariés et sa femme est déjà tombée malade. Le pauvre…» Personne ne savait la vérité. Et personne ne la saurait jamais. Ce matin-là, Alexandre se tenait debout sur le balcon de la chambre d’amis. Il ne portait
Pendant ce temps, Léa avait presque quitté la ville. Elle s’était arrêtée dans un petit garage discret pour changer la couleur du petit caravane, un de ces endroits où l’on ne posait pas trop de questions, où l’on acceptait le liquide et où l’on travaillait vite. Elle avait choisi une couleur rose pâle. Aussi discrète que le blanc, mais suffisamment différente pour tromper un regard trop rapide. Ça lui avait coûté deux mille dollars. En quelques heures, la caravane avait changé d’apparence. Elle avait essayé de dormir pendant que les hommes travaillaient. Allongée sur la petite banquette, un bras sous la tête, les yeux mi-clos. Mais elle n’avait pas vraiment dormi. Elle veillait. Constamment. Chaque bruit de pas, chaque moteur, chaque voix trop proche la faisait sursauter. Elle s’attendait à ce qu’Alexandre surgisse de nulle part, qu’il l’attrape par les cheveux et la traîne hors de là sans un mot. La peur ne l’avait pas quittée. Elle s’était juste installée plus profondément, comm
Quand Alexandre rentra chez lui, la villa n’était plus silencieuse. Des hommes l’attendaient déjà. Beaucoup d’hommes. Des silhouettes sombres, des visages fermés, des regards habitués à la violence. Ce n’étaient pas des policiers. C’étaient bien pire. Des hommes qui travaillaient dans l’ombre, des hommes dont on ne prononçait les noms qu’à voix basse, des hommes qui savaient faire disparaître des choses… et des gens. Alexandre retira sa veste d’un geste sec et la jeta sur un fauteuil. Il balaya l’assemblée du regard. Personne n’osa parler en premier. — Vous opérez dans le silence total, dit-il d’une voix calme, presque posée. Si une seule information sort… si un seul journaliste, un seul flic, un seul inconnu apprend quoi que ce soit… je ferai en sorte que même les clubs de strip-tease les plus minables de cette ville ne veuillent plus de vous. Le silence qui suivit fut lourd. Tous savaient qui était Alexandre Voss. Certains l’avaient déjà vu à l’œuvre. Certains avaient déjà ass
Alexandre reçut un appel. Le nom qui s’affichait sur l’écran le fit immédiatement serrer les mâchoires. Benjamin Moreau. Le père de Léa. Il hésita une seconde, puis décrocha à contrecœur. Et comme à son habitude, il laissa le silence s’installer. Il ne disait jamais le premier mot. C’était une règle. Une façon d’imposer sa domination dès les premières secondes. Alors Benjamin qui parla en premier. Sa voix tremblait légèrement, comme s’il craignait déjà les conséquences de cet appel. — Mon fils… tu devrais rentrer. Alexandre ne répondit pas. Il se contenta d’écouter, le regard fixé sur le vide. — Je parlais avec Léa… et elle a dit quelque chose de bizarre. Alexandre fronça les sourcils. Un rire jaune, court et sans joie, s’échappa de sa gorge. Benjamin continua, hésitant : — Elle a dit… “De toute façon, je ne suis plus là.” Je me demandais si tu savais quelque chose. Le silence qui suivit fut glacial. Alexandre comprit immédiatement. Il raccrocha sans un mot. À peine av
Elle avait passé toute la soirée à préparer un petit sac. Rien de trop chargé. Juste quelques vêtements simples, discrets, assez pour tenir quelques jours sans attirer l’attention. Elle y glissa aussi quelques objets de valeur, mais rien de trop cher, rien qui puisse facilement remonter jusqu’à Alexandre s’ils étaient revendus. Des petites choses. Des souvenirs sans importance pour lui, mais qui pouvaient lui servir à elle. Quand elle fut prête, elle ne regarda pas en arrière. Elle ne voulait pas se souvenir. Ni de la chambre. Ni du lit. Ni de cette maison qui n’avait jamais été un foyer. Elle sortit. Le chauffeur était déjà dehors, comme s’il l’attendait. Il ouvrit la portière sans un mot. — Je vous emmène où, Madame ? — Au centre commercial. — Bien. Le trajet se fit en silence. Léa gardait le sac serré contre elle, le cœur battant trop fort. Arrivés sur le parking du centre commercial, le chauffeur descendit immédiatement, prêt à la suivre au moindre pas. Léa le regarda.







