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Chapitre 09

Author: Beugre
last update publish date: 2026-03-16 06:24:17

Je froncai les sourcils. Des affaires urgentes qui le retiennent ? Quelles affaires pouvaient être si urgentes qu’il ne pouvait pas recevoir sa secrétaire particulière ? Ce n’était pas mon rôle de l’aider dans ses affaires urgentes ? Mais les ordres étaient les ordres. Et même si je n’étais généralement pas très douée pour obéir, ceux-ci étaient différents : en dehors de ma tante essayant de me donner des ordres, M. Ambrose devrait me payer pour me commander. Alors je demandai simplement :

— Le bureau du secrétaire ?

Quelque chose me piqua l’œil, fort, et je reculai. Je manquai de tomber sur mes fesses mais parvins à attraper le bord de mon bureau pour rester debout. Des éclairs lumineux traversèrent mon champ de vision. Je clignai des yeux avec force. Quand je pus enfin voir, je découvris un petit cylindre métallique sur mon bureau. Apparemment, il avait été tiré du trou dans le mur, séparant mon bureau de celui de M. Rikkard Ambrose, et m’avait atteint à l’œil. Je savais d’où venait ce cylindre.

Furieuse, je l’attrapai et me dirigeai vers la porte séparant mon bureau du sien.

— Hé !

Aucune réponse.

— Hé ! Je veux savoir pourquoi vous avez essayé de me piquer l’œil !

Toujours aucune réponse. Je frappai à la porte avec la main tenant le cylindre métallique, et celui-ci tomba, se brisant au sol. Il était creux !

Curieuse, je me penchai et vis un petit bout de papier roulé dans le cylindre. Je le pris, le déroulai, révélant quelques mots écrits à la main, d’une écriture claire, précise, sans fioritures.

> M. Linton,

Apportez-moi le dossier 227B

Rikkard Ambrose

Apportez-moi le dossier 227B ? Juste « Apportez-moi le dossier 227B » ? C’était tout ? Pas de « s’il vous plaît », pas de « merci ». Mon Dieu, pourquoi avait-il ressenti le besoin de signer ? Personne d’autre que je connaisse n’écrirait un message aussi sec, concis et impoli. Bon, peut-être mon oncle. Mais l’impolitesse de la famille ne comptait pas.

Et… « M. Linton » ? Il ne pouvait même pas reconnaître que j’étais une femme quand il n’y avait personne d’autre ? J’avais craint qu’il soit un chauvin. Je m’étais trompée. Il était le roi des chauvinistes.

Mais c’était aussi l’homme qui signait mes chèques de paie. Alors j’avalai les adjectifs que j’aurais voulu lui lancer et demandai à la porte close :

— Pourquoi communiquons-nous avec de petits rouleaux de papier ? Et qu’est-ce que le dossier 227B ?

Aucune réponse – mais il avait dû m’entendre à travers la porte. Peu après, un bruit de « plink » se fit derrière moi, et je me retournai pour voir un autre message de mon maître jaillir du trou dans le mur.

Je me précipitai vers le bureau, le pris et lus :

> M. Linton,

Nous communiquons via de petits rouleaux de papier parce que c’est le système de communication le plus efficace. Et vous devriez être capable de trouver un dossier par vous-même si vous voulez garder votre poste.

Rikkard Ambrose

Le système de communication le plus efficace, mon œil ! Le faux-riche qui transporte de l’argent ne voulait tout simplement pas me parler et se rappeler qu’il avait une fille comme secrétaire ! Eh bien, à deux, on peut jouer à ce jeu.

Je me mis à fouiller dans mon bureau, ouvrant et refermant les tiroirs à un rythme prodigieux. Enfin, je trouvai ce que je cherchais : dans le tiroir du bas se trouvait un bol rempli de cylindres métalliques et un autre rempli de petits bouts de papier. Je pris les deux, attrapai le stylo-plume posé sur le bureau et commençai à écrire.

> Cher M. Ambrose,

Puis-je vous demander avec toute la politesse possible quel genre de diabolique invention vous me forcez à utiliser ?

Réfléchie, je tapotai ma lèvre inférieure avec le stylo. Puis je conclus le message par :

Je demeure,

Avec mes sincères salutations,

Mlle Lilly Linton

Oui ! Montre-lui qu’une vraie demoiselle peut être courtoise, même si un riche impoli ne le peut pas !

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