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chapitre 2 — Les règles du jeu

Penulis: Khadi
last update Terakhir Diperbarui: 2025-11-04 12:58:02

— Vous êtes franche. C’est rare. Je devrais vous sanctionner pour votre comportement de ce matin.

— Et vous allez le faire ?

— Je ne sais pas encore.

Son ton est indéchiffrable, oscillant entre menace et amusement.

— Vous commencez lundi, dit-il enfin. Je veux voir jusqu’où va votre “franchise”, mademoiselle Mballa.

Je reste figée, incapable de savoir s’il me provoque ou s’il me teste.

Quand je me lève pour partir, il ajoute d’une voix plus basse :

— Et la prochaine fois que vous traversez sans regarder… ne comptez pas sur moi pour freiner.

Je me retourne, le cœur battant, incapable de répondre.

Son regard accroche le mien, intense, brûlant.

Pendant une fraction de seconde, le temps s’arrête.

Je quitte son bureau, les jambes tremblantes, mais un sourire au coin des lèvres.

Je ne sais pas ce qui vient de se passer, mais une chose est sûre je venais d'apprendre la leçon de ma vie.

Le week-end etant passé à une vitesse éclair laissant place enfin à ce lundi, celui de mon premier jour de travail. Je suis à la fois toute excitée et nerveuse.

Je me suis levée à l’aube, incapable de fermer l’œil. Mon cerveau tournait en boucle sur les mots de Noah Ewane.

“Je veux voir jusqu’où va votre franchise.”

Mais que voulait t-il dire par ces mots? Allais-je être à la hauteur de ses attentes ? Une chose est sûre il ne fallait absolument pas que je fasse tout capoter. Je devais plus que jamais apprendre à me maîtriser et à réfuté cette habitude incessante de toujours dire ce que je pense sans retenue ni réflexion.

J’ai passé plus d’une heure à choisir une tenue correcte. Pas trop stricte, pas trop voyante. Juste… sérieuse. Je devais faire bonne impression pour se premier jour. Mon stress était à son paroxysme.

Enfin prête il restait à espérer que les embouteillages ne me fassent pas ruminer toute la misère que je vis en ce moment.

j’entre dans le hall de l’entreprise, pile poile à l'heure. J’ai l’impression d’être à nouveau cette fille perdue d’hier.

— Bonjour, Nadège ! C’est toi la nouvelle stagiaire ? lance une voix enjouée.

Une jeune femme aux cheveux tressés me sourit. Badge au cou, regard pétillant.

— Oui, c’est moi.

— Je suis Sandra, assistante du directeur. C’est moi qui vais t’aider à t’intégrer.

Je la suis dans les couloirs impeccables. Le bruit discret des claviers, l’odeur du café, la tension feutrée d’un endroit où tout le monde joue sa place.

Elle m’installe à un petit bureau près de la baie vitrée.

— Voici ton poste. Tu fais partie de l’équipe communication. Et… fais juste attention à monsieur Ewane. Il n’aime pas qu’on le dérange sans raison.

Je hoche la tête, mais mon cœur se serre.

Comment pourrais-je “le déranger”, quand chaque battement de mon cœur semble réagir nerveusement à son nom ?

Vers dix heures, la porte de son bureau s’ouvre.

Il apparaît, droit, précis, impeccablement vêtu. Tout le monde se redresse.

Il s’adresse à quelques employés, puis son regard se pose sur moi.

Une seconde. Pas plus.

Mais c’est suffisant pour que mon estomac se contracte.

Plus tard, Sandra me confie :

— Tu sais, c’est rare qu’il s’intéresse aux stagiaires. Il déteste les gens distraits, surtout ceux qui n’ont pas peur de lui.

Je feins l’indifférence. Mais à l’intérieur, c’est le chaos.

La journée s’écoule lentement. À seize heures, je reçois un message de la secrétaire :

“Le directeur souhaite vous voir.”

Je me fige.

Je relis la phrase trois fois avant de me lever.

Quand j’entre dans son bureau, il ne relève pas la tête.

— Fermez la porte, dit-il simplement.

Je m’exécute maladroitement sans sourciller.

Il continue de parcourir des documents, silencieux.

L’air est lourd, chargé d’une tension que je ne comprends pas.

— Alors, mademoiselle Mballa, comment se passe votre premier jour ?

— Bien, monsieur. J’essaie de m’adapter.

Il repose son stylo, enfin. Ses yeux croisent les miens, calmes mais perçants.

— Vous avez de la volonté. Et de la répartie. Des qualités rares. Mais ici, la volonté ne suffit pas.

— Que faut-il de plus ?

— De la maîtrise. De la patience. Et la capacité de garder son sang-froid, même sous pression.

Je soutiens son regard, incapable de baisser les yeux.

— Vous parlez de travail, ou de vous ?

Un silence s’installe.

Son expression change légèrement.

— Vous êtes audacieuse, Nadège. Faites attention : dans certains jeux, la franchise peut se retourner contre vous.

Je déglutis, sans répondre.

Il se lève, contourne son bureau et s’arrête près de moi.

Son parfum me frôle. Boisé. Froid. Envoûtant.

Je sens ma respiration se bloquer.

— Voici les règles, dit-il d’une voix basse.

— Les règles ?

— Vous travaillerez directement sous mes ordres. Vous serez libre d’apprendre, mais pas d’interpréter mes décisions. Je déteste les retards, les excuses et les familiarités inutiles.

Il marque une pause, son regard glissant sur mon visage.

— Et surtout, ne me défiez pas.

Je hoche la tête, même si une part de moi a déjà envie de désobéir.

Il sourit à peine, puis ajoute :

— Vous pouvez disposer.

Je m’apprête à sortir, mais sa voix me retient :

— Nadège.

Je me retourne.

— Ce parfum que vous portez... c’est du hasard, ou un avertissement ?

Je reste sans voix.

Il me fixe un instant, puis détourne le regard, reprenant ses papiers comme si de rien n’était.

Je quitte la pièce, le cœur battant à tout rompre.

Je n’ai aucune idée de ce qu’il cherche, ni de pourquoi ses mots me troublent autant.

Mais une chose est sûre : ce n’est que le début du jeu.

Et je ne sais pas encore si je suis la joueuse… ou la proie.

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