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CHAPITRE 3 – LA CHAÎNE

Author: Déesse
last update Petsa ng paglalathala: 2026-08-23 07:45:56

Rosalie

La nuit a été longue, interminable, une nuit qui s'étire comme une plaie qui ne guérit pas, comme une torture qui ne finit jamais, et je suis restée à genoux toute la nuit, le corps engourdi, la tête lourde, la gorge en feu, les muscles qui se contractent et se relâchent sans que je puisse les contrôler, les os qui craquent à chaque mouvement, la peau qui se tend sur mes genoux meurtris, et je n'ai pas dormi, pas une seconde, pas une minute, pas un instant, je n'ai pas fermé l'œil, j'ai écouté chaque bruit, chaque craquement du bois, chaque souffle du vent, chaque pas dans le couloir, chaque battement de mon propre cœur, et quand la lumière du matin filtre à travers les rideaux, quand le jour se lève sur ma prison, Alessandro entre, il est en costume, impeccable, frais, comme s'il avait passé une nuit parfaite, comme s'il avait dormi sur des nuages, et il me regarde, il me dit "Alors, Rosalie ? Tu as réfléchi ?", et je le regarde, je suis épuisée, j'ai mal partout, ma tête tourne, mes yeux brûlent, mais je relève la tête, je lui lance un regard de défi, et je dis "Je ne porterai pas ton collier, jamais, pas tant que je vivrai, pas tant que je respirerai", et il s'approche, il s'accroupit devant moi, il pose sa main sur mon menton, il force mon visage vers le haut, et il dit "Tu es têtue, Rosalie, je l'avais compris, je l'avais deviné, je le savais, mais tu vas comprendre, tu vas finir par comprendre, que la ténacité, ici, ne te mènera nulle part, qu'elle ne te sauvera pas, qu'elle ne te protégera pas, qu'elle ne fera que prolonger ta souffrance."

— Je préfère mourir que d'être ta chose, dis-je, et ma voix est un souffle, un murmure, une promesse de vengeance.

Il sourit, un sourire glacé, un sourire qui ne touche pas ses yeux, qui reste sur ses lèvres comme une menace, et il dit "Mourir, c'est trop facile, Rosalie, mourir, c'est une fin, une sortie, un échappatoire, et moi, je ne veux pas que tu meures, je veux te voir vivre, vivre à genoux, vivre en sachant que tu m'appartiens, vivre en sachant que ton corps est mon bien, ton âme mon jouet, ton esprit mon terrain de jeu", et il se lève, il fait quelques pas vers la commode, il ouvre un tiroir, il en sort une chaîne, une longue chaîne en acier, avec un anneau à chaque extrémité, et il revient vers moi, il me dit "Puisque tu refuses le collier, tu auras la chaîne, tu auras le métal froid contre ta peau, tu auras le bruit du métal quand tu bouges, tu auras la marque de la possession sur ta cheville."

Il s'accroupit, il attache l'anneau autour de ma cheville droite, je sens le métal froid contre ma peau, il verrouille le fermoir, un clic, un bruit sec qui résonne dans le silence, et il tire sur la chaîne, elle est longue, elle traverse la pièce jusqu'au pied du lit, elle s'enroule autour du bois, elle me relie à cet endroit, à cette prison, à ce lit, et il dit "Tu bouges, tu t'approches, la chaîne te rappellera que tu es prisonnière, que tu es à moi, que tu n'as pas le droit de t'éloigner", et je le regarde, je sens la rage monter, la colère, la haine, et je dis "Tu ne peux pas faire ça, tu n'as pas le droit, je suis une personne, pas une chose, pas un objet, pas une poupée", et il rit, un rire grave, profond, un rire qui résonne dans la pièce comme un glas, et il dit "Je peux tout, Rosalie, tout, ici, je suis la loi, je suis le maître, je suis le Parrain, et toi, tu es ma chose, tu es mon bien, tu es ma propriété."

Il se lève, il me regarde, il dit "Maintenant, lève-toi", et je le regarde, je ne bouge pas, la chaîne est là, froide, lourde, elle me rappelle où je suis, ce que je suis, ce que je suis devenue, et je refuse de me lever, je refuse de lui obéir, je refuse de lui donner cette victoire, et il s'approche, il attrape mes cheveux, il tire, la douleur est fulgurante, une décharge électrique qui traverse mon crâne, qui s'installe dans ma nuque, qui descend le long de ma colonne vertébrale, et je crie, je ne peux pas retenir le cri, je crie de douleur, de rage, d'humiliation, et mes larmes montent, elles brûlent mes yeux, elles menacent de couler, mais je les retiens, je ne pleurerai pas, je ne lui donnerai pas ce plaisir.

— Tu te lèveras, Rosalie, dit-il, et sa voix est un murmure, une caresse, une menace, tu te lèveras, ou tu resteras à genoux toute la journée, et demain, et après-demain, et toute la semaine, je peux attendre, j'ai tout mon temps, j'ai toute la patience du monde, et il lâche mes cheveux, il se redresse, il me dit "Tu as faim, n'est-ce pas ?", et je ne réponds pas, je ne peux pas répondre, les mots sont bloqués dans ma gorge, et il a raison, j'ai faim, une faim qui me tord les entrailles, une faim qui me donne des vertiges, une faim qui me rappelle que je suis vivante, que je suis encore là.

Il sort de la pièce, il revient quelques minutes plus tard avec un plateau, du pain, du fromage, des fruits, un pichet d'eau, il pose le plateau sur la table de chevet, il s'assied sur le bord du lit, et il prend le pain, il le porte à ses lèvres, il mord dedans, il mâche lentement, il me regarde, il avale, et il dit "Tu veux manger, Rosalie ?", et je le regarde, je sens la faim, la soif, l'épuisement, mais je serre les dents, je ne dis rien, je ne demande rien, je ne lui donne rien, et il prend un autre morceau de pain, il le porte à ma bouche, il dit "Ouvre la bouche, Rosalie, ouvre la bouche et mange", et je le regarde, je sens la faim, la soif, l'épuisement, mais je serre les dents, je ne cède pas, je ne cède jamais, et je dis "Non", un seul mot, un seul refus, une seule résistance, et il hausse les épaules, il mange le pain lui-même, il boit le vin, il finit le plateau, et il dit "Dommage, la prochaine fois, peut-être", et il se lève, il prend le plateau, il va vers la porte, il se retourne, il dit "Je reviendrai ce soir, j'espère que tu auras faim, vraiment faim, plus faim que ta fierté, plus faim que ton orgueil, plus faim que ta rage."

Il sort, il referme la porte, et je reste seule, la chaîne à ma cheville, la faim dans mon ventre, la rage dans mon cœur, et je ne cède pas, je ne cède pas, je ne cède jamais.

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