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| Déséquilibre

ผู้เขียน: Alissia
last update วันที่เผยแพร่: 2026-03-23 14:45:08

Je quittai la mezzanine avant que quelque chose ne bascule vraiment. Pas par peur, ni par hésitation, mais parce que je savais reconnaître le moment précis où il fallait s’arrêter.

Prolonger aurait été une erreur. Et les erreurs, dans ce genre de jeu, ne pardonnent pas. Pourtant, en redescendant les marches, je sentais encore la pression de ses doigts autour de mon poignet, comme une trace invisible que je n’arrivais pas à effacer. C’était nouveau, désagréable… et étrangement captivant.

La musique me heurta à nouveau, plus forte, plus brutale, comme si elle cherchait à couvrir ce qui venait de se passer. Je traversai la salle sans ralentir, ignorant les regards, les silhouettes, les voix.

Rien n’avait changé autour de moi, et pourtant tout était différent. Parce que cette fois, je n’étais plus simplement en train de jouer. J’avais déclenché quelque chose et lui aussi.

Je sortis prendre l’air.

Le froid me saisit immédiatement, contrastant violemment avec la chaleur étouffante de l’intérieur. Je fermai les yeux une seconde, laissant le silence de la rue calmer le tumulte dans ma tête. Reprendre le contrôle. Toujours.

Il ne m’impressionnait pas. Pas vraiment.

Mais il ne me laissait pas indifférente.

Et ça… c’était un problème.

Je rouvris les yeux, prête à repartir, à reprendre le dessus comme je l’avais toujours fait.

— Vous partez souvent sans dire au revoir ?

Sa voix derrière moi.

Je ne sursautai pas. Je ne me retournai pas tout de suite. Je pris le temps d’inspirer lentement, comme si sa présence ne changeait rien.

Puis je me tournai.

Adrian Voss se tenait à quelques pas, les mains dans les poches de son manteau, parfaitement à sa place même au milieu d’un trottoir vide. Comme si l’endroit lui appartenait aussi.

— Je pensais que vous n’aimiez pas qu’on vous dérange, répondis-je calmement.

— Ça dépend de qui.

Je laissai planer un léger silence.

— Et moi ?

Son regard s’ancra dans le mien, sans détour.

— Je n’ai pas encore décidé.

Un léger sourire étira mes lèvres.

— C’est pourtant simple.

Je fis un pas vers lui. Un seul. Mais suffisant.

— Soit je vous intéresse… soit je vous agace.

Il ne bougea pas.

— Les deux ne sont pas incompatibles.

Cette réponse me tira un sourire plus franc, plus naturel.

— Alors je suis sur la bonne voie.

Le silence s’installa à nouveau, mais il n’avait plus rien de tendu comme à l’intérieur. Il était plus lent. Plus… dangereux.

Je le contournai légèrement, réduisant la distance sans le confronter directement. Mon épaule frôla presque la sienne, sans contact réel. Juste une promesse.

— Vous me suivez souvent ? demandai-je, presque distraite.

— Non.

Un temps.

— Seulement quand ça devient intéressant.

Je tournai la tête vers lui, nos regards se croisant à nouveau, plus proches cette fois. Trop proches pour être neutres.

— Et c’est le cas ?

Ses yeux glissèrent brièvement sur mes lèvres, puis remontèrent lentement.

— Vous insistez beaucoup pour quelqu’un qui prétend ne pas jouer.

Je laissai échapper un léger souffle.

— Peut-être que je suis juste curieuse.

— Ou peut-être que vous cherchez quelque chose.

Sa voix s’était adoucie. Pas plus chaleureuse. Mais plus basse. Plus précise.

Je penchai légèrement la tête.

— Et si c’était vous ?

L’air changea.

Sans prévenir, il leva la main, effleurant une mèche de mes cheveux que le vent avait déplacée. Le geste était lent, maîtrisé, presque trop calme pour être innocent. Ses doigts ne restèrent pas. Ils passèrent simplement… mais assez près pour que je sente la chaleur de sa peau.

Mon souffle resta stable.

Mais mon corps, lui, avait compris.

Ce n’était plus un test. C’était une réponse.

Je relevai les yeux vers lui.

— Vous voyez… murmurai-je, à peine audible. Ce n’est pas si compliqué.

Un léger sourire, presque invisible, apparut au coin de ses lèvres.

— Vous continuez à croire que vous contrôlez.

Je ne répondis pas tout de suite.

Parce que, pour la première fois… Je n’en étais plus totalement sûre.

Le silence s’étira, chargé de quelque chose de nouveau. Moins calculé, plus instinctif.

Et quand il recula d’un pas, ce ne fut pas pour mettre fin au moment.

C’était pour mieux le prolonger.

— À demain, dit-il simplement.

Je fronçai légèrement les sourcils.

— Pardon ?

— Si vous êtes vraiment sérieuse… vous reviendrez.

Un défi, clair, direct.

Je le regardai quelques secondes, analysant chaque détail, chaque nuance.

Puis un sourire lent étira mes lèvres.

— Évidemment.

Il hocha légèrement la tête, comme s’il n’en attendait pas moins.

Puis il tourna les talons. Sans se retourner.

Je restai là, immobile, quelques secondes de plus.

Le froid ne me touchait plus. Le bruit de la ville non plus.

Parce que cette fois, ce n’était plus un simple jeu.

C’était un déséquilibre.

Et je venais de comprendre une chose essentielle :

Je n’étais plus la seule à jouer.

Mais je n’étais plus la seule à risquer de perdre non plus.

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