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| Le contact

ผู้เขียน: Alissia
last update วันที่เผยแพร่: 2026-03-23 14:06:27

Il ne répondit pas tout de suite, et ce silence n’avait rien d’un vide. Il s’installait entre nous, dense, presque palpable, comme une frontière invisible qu’aucun de nous ne franchissait encore vraiment. Pourtant, la distance avait changé. Elle n’était plus une protection. Elle devenait une invitation.

Je ne reculai pas. Adrian Voss non plus.

Son regard glissa brièvement sur mon visage, s’attardant une fraction de seconde de trop sur mes lèvres avant de remonter vers mes yeux. Ce n’était pas un hasard. Rien chez lui ne l’était. Et ce simple détail suffit à faire naître quelque chose de différent. Plus lent. Plus dangereux.

— Vous êtes toujours aussi sûre de vous ? demanda-t-il calmement.

Sa voix était plus basse. Moins distante.

Je laissai passer un léger silence avant de répondre, comme si la question méritait réflexion.

— Seulement quand j’ai raison.

Un souffle presque imperceptible passa sur ses lèvres. Pas un sourire. Mais quelque chose qui s’en approchait.

Je fis un pas de plus.

Cette fois, l’espace entre nous disparut presque entièrement. Je pouvais sentir sa présence, la chaleur qui émanait de lui, cette manière qu’il avait d’occuper l’air sans même bouger. Mon cœur ne s’accéléra pas. Pas vraiment. Mais il battait différemment. Plus fort. Plus conscient.

— Et vous pensez l’être maintenant ? reprit-il.

Je levai légèrement les yeux vers lui, sans détour.

— Je pense que vous êtes curieux.

Ses yeux se figèrent une fraction de seconde.

Touché, pas complètement mais suffisamment.

Je penchai légèrement la tête, laissant mon regard glisser sur lui avec la même lenteur calculée qu’il utilisait quelques minutes plus tôt. Costume impeccable, posture maîtrisée, rien qui dépasse… sauf ce détail presque invisible dans sa façon de respirer, plus lente, plus profonde.

— Vous ne m’auriez pas fait revenir sinon, ajoutai-je doucement.

Il ne répondit pas. Mais il ne recula pas non plus.

Alors je pris l’initiative. Pas brusquement, pas trop vite. Juste assez pour briser l’équilibre.

Ma main se leva, effleurant à peine le tissu de sa veste, suivant la ligne de son épaule comme si ce geste était naturel, évident. Le contact était léger. Presque inexistant. Mais suffisant pour changer l’atmosphère.

Il se figea. Comme s’il décidait de ne pas interrompre.

Je relevai les yeux vers lui.

— Vous voyez… ce n’est pas si compliqué.

Sa mâchoire se contracta légèrement. Presque imperceptible. Mais là.

— Vous confondez simplicité et imprudence.

Sa voix avait changé. Plus grave. Plus tendue.

Je retirai lentement ma main.

— Et vous confondez contrôle et peur.

Cette fois, quelque chose passa clairement dans son regard, plus sombre, plus intense.

En une seconde, il réduisit ce qu’il restait de distance entre nous. Sa main se posa à son tour, mais pas avec hésitation. Pas avec douceur. Ses doigts se refermèrent légèrement autour de mon poignet, fermes sans être brutaux.

Juste assez pour m’arrêter.

— Faites attention, dit-il à voix basse.

Je ne baissai pas les yeux vers sa main. Je restai concentrée sur lui.

— À quoi ?

Un silence.

Puis, lentement :

— À ne pas provoquer quelque chose que vous ne contrôlerez pas.

Mon souffle resta stable. Mon regard aussi.

— C’est un risque que je suis prête à prendre.

Sa prise se resserra à peine, puis relâcha progressivement, comme s’il hésitait entre me repousser… ou me garder.

Il finit par me lâcher. Mais il ne s’éloigna pas.

— Vous aimez les jeux dangereux, conclut-il.

Je souris légèrement.

— Seulement quand ils en valent la peine.

Le silence retomba, mais cette fois, il était différent. Chargé, instable. Prêt à basculer à tout moment.

Ce n’était plus seulement un jeu.

C’était une tension qu’aucun de nous ne cherchait vraiment à arrêter.

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