تسجيل الدخولIl se tourne vers moi, et je vois dans ses yeux une colère froide qui n'est pas dirigée contre moi, mais une colère quand même. Une détermination inébranlable.— Je sais que c'est ta sœur. Et c'est précisément pour ça que je ne veux plus d'elle dans notre vie. Le lien du sang devrait être sacré. C'est le seul rempart contre la sauvagerie du monde. Mais elle a brisé ce lien. Elle l'a piétiné. Elle t'a sacrifiée pour sauver sa peau. C'est la trahison ultime, celle qui détruit la notion même de famille.— Tu ne peux pas lui pardonner, murmuré-je.— Non. Je ne peux pas. Pas maintenant. Peut-être jamais.Clara s'effondre sur les dalles du perron, à genoux dans la neige fondue. Ses sanglots redoublent, un bruit déchirant qui me vrille le cœur. Chaque fibre de mon
AmeliaLa neige tombe sur le domaine, un voile blanc et silencieux qui adoucit les contours du monde. Les pelouses sont un tapis immaculé, les arbres des squelettes givrés, la vieille demeure une forteresse de conte de fées endormie sous l'hiver. Le paysage est d'une beauté à couper le souffle, une carte postale vivante. Et pourtant, je ne peux pas en profiter.Clara est revenue.Elle est là, dans le hall d'entrée, debout, grelottante, misérable. Elle n'est pas entrée. Elle n'a pas osé. C'est Mme Henshaw qui est venue me chercher, le visage crispé, la voix neutre. Une visiteuse, Madame. Une jeune femme qui insiste pour vous voir.Je suis venue par curiosité, par inquiétude aussi. Et je l'ai trouvée sur le perron, transie de froid, les cheveux collés par la neige fondue, le visage dévasté par les larmes et le ma
James veut te posséder, comme il possède ses entreprises, ses maisons, ses œuvres d'art. Moi, je veux te vénérer. Je veux t'adorer. Je veux passer ma vie à genoux à tes pieds, à te contempler, à te servir. Je suis le seul qui te comprenne vraiment. Le seul qui connaisse la profondeur de ton âme, la beauté de tes blessures, la force de tes fragilités.Ne me tourne pas le dos, mon amour. Ne m'abandonne pas à cette nuit sans fin. Un mot de toi, un seul, et je pourrai survivre à tout. Les murs de cette prison s'effondreront, les gardiens disparaîtront, et nous serons réunis, comme nous aurions dû l'être depuis le premier jour.Je t'attends. Je t'attendrai toute ma vie s'il le faut. Toute l'éternité.Ton âme sœur pour toujours,Nathaniel"Mes mains tremblent si fort que le papier vib
Elle me fixe, interloquée. Elle s'attendait à une dispute, à des justifications, à une argumentation logique et implacable. Pas à une capitulation immédiate. Sa colère vacille, se fissure, hésite entre la rancune et le soulagement.— Pardon ? répète-t-elle, comme si ce mot ne faisait pas partie du vocabulaire de James Harrington.— Pardon. Je te le demande sincèrement. J'ai eu tort. Je suis un homme habitué à tout contrôler, tout le temps. C'est un défaut, je le sais. Un défaut qui m'a rendu riche et puissant, mais qui fait de moi un mari parfois insupportable. Je te promets d'essayer de changer, même si c'est difficile. Je te promets de te parler avant d'agir. Je te promets de te faire confiance.Elle déplisse lentement son poing. La lettre froissée tombe au sol. Elle fait un pas vers moi, puis un
Je la rattrape de mon bras valide, la ramène contre moi, capture à nouveau ses lèvres. La douleur est un signal lointain, une interférence que je peux ignorer. La seule réalité qui compte, c'est elle. La chaleur de son corps, le goût de sa bouche, le parfum de sa peau, les petits gémissements qu'elle laisse échapper sans même s'en rendre compte.Nous titubons vers le lit, maladroitement, comme deux adolescents qui découvrent l'amour. Ma blessure me handicape, m'empêche de la porter comme je le voudrais, de la soulever dans mes bras comme j'en ai l'habitude. Mais elle s'adapte avec une grâce infinie, guidant mes mouvements, prenant l'initiative quand je ne peux pas.Elle m'allonge sur le dos, doucement, avec des précautions infinies. Elle défait les boutons de ma chemise, un à un, avec une lenteur délibérée, ses doigts effleurant ma peau à chaque étape, chaque caresse une étincelle. Elle fait glisser le tissu sur mes épaules, le jette au loin, et ses lèvres suivent le chemin de ses doi
Je le regarde, les yeux brouillés de larmes. Il est si sérieux, si solennel, si déterminé à me convaincre. Son visage est marqué, fatigué, des rides de souffrance autour des yeux et de la bouche, mais il n'y a pas l'ombre d'un doute dans sa voix. Il ne vacille pas. Il ne négocie pas. Il affirme, comme on constate une vérité scientifique, une loi de la physique. Tu as moi. Tu as ma famille. Point final.— Je ne mérite pas..., commencé-je, mais il me coupe d'un baiser, un baiser léger, à peine une pression de ses lèvres sur les miennes, mais assez pour faire taire mes protestations absurdes.— Ne dis jamais ça. Jamais. C'est moi qui ne te mérite pas. Toi, tu es la lumière que je n'espérais plus, la chaleur que je ne savais pas chercher, la rédemption que je ne méritais pas. Avant toi, j'étais un homme de chiffres et de contrats. Maintenant, grâce à toi, je suis un homme qui aime. Et je passerai chaque jour du reste de ma vie à te prouver à quel point je t'aime, à quel point tu mérites t
AméliaSa peau, sous mon nez. Sa joue, où mes lèvres rencontrent le frottement rêche d’une barbe de plusieurs jours. Son cou, à la jonction de l’épaule, cette place que j’aimais tant. Ses lèvres , je cherche ses lèvres comme si ma vie en dépendait, comme si en les touchant je pouvais ressusciter to
AméliaLe sommeil est une mer agitée où je sombre et ressuscite sans cesse, hantée par des visages flous et des voix qui se mêlent. Les murmures de James à l’autel, le ton cinglant de Gwendoline, le silence assourdissant de l’océan. Clara est descendue chercher du thé, laissant un vide protecteur à
AmeliaJe reviens à moi dans un lit inconnu, un lit vaste et trop mou, enveloppée dans des draps de soie froide. Une lumière tamisée filtre à travers de lourds rideaux de velours. Pendant un moment béni, je ne sais pas où je suis, je ne me souviens de rien. Puis la réalité me frappe à la poitrine c
AmeliaPuis nous traversons le petit jardin, nos pieds semblant s’enfoncer dans la terre familière. Clara monte d’abord dans la voiture, me tenant la main pour m’aider. L’intérieur sent le cuir neuf et un parfum discret et froid. La portière se referme avec un clunk étouffé.Le trajet est un cauche







