LOGINPoint de vue de HarrisonLa Bentley glissait dans la nuit comme un prédateur silencieux. À côté de moi, Catherine — ou Cassie, peu importe le nom qu’elle s’était choisi pour ce soir — gardait les yeux fixés sur les lumières de la ville. Elle ne disait rien, mais l’air dans l’habitacle était saturé d’une tension électrique. Je voyais le mouvement rapide de sa poitrine sous la soie de son chemisier, une respiration courte, saccadée, qui trahissait l'adrénaline encore brûlante après son exécution publique d'Alexander.— On est arrivés, j’ai lâché en coupant le contact dans l’allée sombre.Elle n’a pas bougé tout de suite. Elle a tourné la tête vers moi, et dans l’ombre, ses yeux brillaient d’une lueur sauvage. Ce n'était pas de la peur, c'était de l'excitation. La victoire est un aphrodisiaque puissant, et pour une femme qui vient de voler un empire, c’est une drogue pure.Dès que la porte de la maison s'est refermée derrière nous, l'atmosphère a basculé. Pas de mots, pas de debriefing po
Point de vue de Cassie (Catherine)Alexander affichait encore ce sourire de prédateur satisfait, celui d’un homme qui pense avoir trouvé la faille juridique parfaite. Il se délectait de ses 45 %, s’imaginant déjà partager mon bureau, mon air, et mon empire. Dans son esprit tordu, il venait de transformer ma résurrection en un partenariat forcé.Mais il avait oublié une règle d'or du clan Miller : on ne possède que ce que l’on est capable de payer. Et Alexander, sous ses airs de magnat, n'était qu'un parasite vivant sur les réserves d'un hôte qu'il avait tenté de tuer.— 45 %, c’est bien cela, Alexander ? dis-je en ouvrant un second dossier, resté jusque-là caché sous la table. C’est le calcul théorique de la part de ma sœur, basé sur une vision idyllique et simpliste de la situation financière de cette entreprise.— C’est la loi, Catherine, répliqua-t-il, les yeux brillants d’une cupidité retrouvée. Je suis l’époux. La part de Cassie me revient de droit tant qu'elle n'est pas là pour
Point de vue de Cassie (Catherine)Le brouhaha dans la salle de conférence atteignait son paroxysme. Alexander gesticulait, clamant mon nom comme une prière désespérée ou une malédiction. Pour lui, me forcer à redevenir « Cassie » était sa seule bouée de sauvetage.Je restai de marbre, observant Marc et les avocats d’Alexander s’agiter comme des fourmis dans une fourmilière piétinée. Je fis un signe discret à Harrison. Il s’avança, ouvrant une mallette en aluminium brossé qu’il posa lourdement sur la table, juste devant le notaire ahuri.— Puisque Monsieur Alexander semble souffrir d'hallucinations persistantes, dis-je d'une voix qui surplomba le chaos, voici les documents originaux que le tribunal a fini d'authentifier il y a dix minutes.Le notaire s'empara des papiers avec des mains tremblantes. À l'intérieur se trouvaient mon acte de naissance original émis par une clinique privée suisse, mes relevés d'imposition londoniens sur dix ans, et une série de tests biométriques certifiés
Point de vue de Cassie (Catherine)Je franchis le seuil de la salle avec une lenteur calculée. Le cliquetis de mes talons sur le marbre battait la mesure de mon triomphe. En face de moi, Alexander semblait s'être transformé en une statue de sel, le visage déformé par une incrédulité qui frisait la terreur.— C’est impossible… murmura-t-il, les yeux fixés sur mes cheveux blond polaire.Je m'arrêtai à quelques pas de la table, là où le contrat qu'il s'apprêtait à signer gisait, souillé par sa propre tache d'encre. Je croisai les bras, un sourire glacé étirant mes lèvres.— Impossible ? répétai-je d'une voix mélodieuse mais tranchante. Qu’est-ce qui est impossible, Alexander ? Ma présence ici ? Ou le fait que tes plans s'effondrent comme un château de cartes ?Il se leva brusquement, renversant presque sa chaise. Son masque de veuf éploré commençait à se fissurer, laissant apparaître la bête acculée.— Tu es censée être… Tu es…— Morte ? terminai-je pour lui. Tu allais dire morte, n'est-
Point de vue d'AlexanderLe silence de la salle de conférence du cabinet de Maître Valmont était le plus beau parfum que j'aie jamais respiré. C’était l’odeur du succès, un mélange de cuir de luxe, de papier glacé et de triomphe absolu. À travers les immenses baies vitrées, Paris s'étalait à mes pieds, baignée dans une lumière d'avril qui semblait ne briller que pour saluer mon couronnement.Je m’adossai confortablement dans mon fauteuil, croisant les jambes avec une morgue souveraine. J'ajustai les boutons de ma veste de costume sur mesure, vérifiant que chaque pli était parfait. Marc, mon adjoint, se tenait derrière moi comme une ombre dévouée, son regard reflétant une admiration que je jugeais méritée.— Tout est prêt, Monsieur, me chuchota-t-il à l'oreille. Les banques sont en attente. Dès que l'encre sera sèche, les fonds seront débloqués.Je hochai la tête, un sourire prédateur aux lèvres. Cassie était morte. Ce poids mort, cette héritière naïve qui se croyait aimée, avait fini
Point de vue de HarrisonLe silence qui s’installa après ma question était presque insupportable. Je regardais Cassie — désormais Catherine — entamer l'ascension de l'escalier monumental. Sa silhouette, sculptée par cette robe de soie noire, semblait absorber toute la lumière de la villa. Elle n'était plus une victime. Elle était une apparition, une lame de fond qui s'apprêtait à tout balayer.Mais alors qu’elle atteignait la troisième marche, mon instinct prit le dessus. Ce n'était pas l'instinct du garde du corps, ni celui du mercenaire. C'était l'instinct d'un homme qui voyait la femme qu'il avait sauvée lui échapper pour devenir une étrangère magnifique et glaciale.Je franchis la distance qui nous séparait en deux enjambées. Ma main se referma sur son poignet, non pas avec la brutalité du passé, mais avec une urgence fébrile.— Cassie, attends. Ne pars pas comme ça.Elle se figea. Le temps sembla se suspendre. Lentement, elle pivota sur ses talons hauts, se retrouvant une marche
Cassie POVLes choses ne se déroulaient pas comme je l’avais prévu. Harrison et Alexander étaient autrefois amis, voire meilleurs amis, donc raviver cette amitié n'aurait pas dû être difficile. Mais une peur me rongeait constamment : et si mon plan échouait ? Et si tout ce que j'avais méticuleuseme
HarrisonSes paroles persistaient dans mon cœur, lourdes et inébranlables—une force qui remettait en question tout ce en quoi je croyais, tout ce que je pensais savoir sur le pouvoir et le contrôle.À vrai dire, notre plan était suffisamment solide pour le faire tomber. La stratégie était infaillib
Cassie POVTrois jours après cette nuit chaude avec lui, et mon cerveau ne peut tout simplement pas le laisser s'échapper. Le souvenir s’accroche à moi comme une ombre persistante, refusant de se fondre dans l’arrière-plan auquel je souhaite désespérément qu’il appartienne. Dans presque tout ce que
Cassie POVMa poitrine se serra pendant un moment tandis que différentes pensées traversaient mon esprit, chacune plus chaotique les unes que les autres. La vie n’avait été que cruelle au fil des années – un cycle incessant d’une catastrophe à l’autre, ne me laissant jamais le temps de respirer ou







