LOGINDarius ouvrit les yeux lentement.
Pas d'un coup, pas avec la netteté d'un réveil ordinaire. Comme quelqu'un qui remonte de très loin, couche par couche, la conscience qui revient par fragments avant que l'ensemble ne tienne debout. La lumière d'abord, trop forte, qui força ses paupières à papilloter. Puis
Darius ouvrit les yeux lentement.Pas d'un coup, pas avec la netteté d'un réveil ordinaire. Comme quelqu'un qui remonte de très loin, couche par couche, la conscience qui revient par fragments avant que l'ensemble ne tienne debout. La lumière d'abord, trop forte, qui força ses paupières à papilloter. Puis les sons, le bip des machines, une voix proche qui disait quelque chose dans une langue qu'il reconnut sans immédiatement comprendre. Puis la douleur, diffuse d'abord, qui prit forme progressivement, le côté gauche, les côtes, la tête surtout, cette douleur sourde et lourde qui s'installait comme quelque chose qui avait attendu qu'il revienne pour se manifester pleinement.Il cligna des ye
La deuxième nuit fut plus longue que la première.Elara avait trouvé un rythme, si on pouvait appeler ça un rythme, quelques heures de sommeil dans le fauteuil, un réveil, quelques mots dits à voix basse dans l'obscurité de la chambre, puis à nouveau le sommeil. Les machines continuaient leur travail régulier et précis, indifférentes à l'heure, indifférentes à la fatigue de la femme assise à côté du lit.Elle lui parla de sa grand-mère. De la maison du village, des rideaux jaunes, de la tarte aux noix brûlée sur les bords. Elle lui parla de la première fois qu'elle avait traversé les grilles du manoir des Vane avec sa va
Ariane revint à onze heures, comme promis.Elle entra avec une discrétion différente de la veille, moins assurée, quelque chose dans son maintien qui avait légèrement changé, comme si la scène du soir précédent avait recalibré quelque chose dans la façon dont elle se positionnait dans cet espace.Elle s'arrêta à mi-chemin de la chambre.Elara leva les yeux vers elle depuis le fauteuil, avec ce calme qui n'avait plus rien de construit, qui était simplement là, naturel, réel.« Il n'y a pas eu de change
Elara se réveilla à six heures du matin avec le cou raide et le dos qui protestait contre les heures passées dans le fauteuil.Elle resta quelques secondes dans cet état de demi-conscience où le corps prend le temps de se rappeler où il est et pourquoi, et puis la mémoire revint, les machines, le bip régulier, la main de Darius dans la sienne qu'elle avait lâchée pendant la nuit sans s'en rendre compte.Elle la reprit.Toujours chaude. Toujours ce pouls faible mais régulier.Elle se leva lentement, s'étira avec discrétion pour ne pas
À Stelvane, le jour avançait avec la lenteur particulière des journées d'hôpital.Rien de nouveau dans l'état de Darius. Les médecins parlaient de stabilité, de surveillance, de patience. Des mots qui disaient à la fois que rien n'empirait et que rien ne s'améliorait encore, cet entre-deux inconfortable où on ne pouvait que attendre et espérer.Elara attendait.Elle avait organisé l'essentiel avec Bastien dans la matinée. Une chambre dans un hôtel proche de l'hôpital où elle pourrait aller se changer et dormir quelques heures si nécessaire. Un contact direct avec l'équ
La réunion durait depuis deux heures et demie.Sébastien avait tenu. Il avait répondu à chaque question, démontré







