Je l'ai vu. Je n'aurais peut-être pas dû, j'aurais peut-être préféré ne pas voir, ignorer, rester dans l'illusion du professionnalisme, du détachement, de l'indifférence. Mais j'ai vu. Je me suis retournée pour lui dire quelque chose, une banalité, une conclusion de réunion, un commentaire sur les investisseurs qataris. Et je l'ai vu, les yeux fermés, le visage détendu, presque extatique, respirant l'air comme on respire un souvenir, comme on respire un amour, comme on respire un poison.Il ne m'a pas entendue me taire, il ne m'a pas vue me tourner, il ne m'a pas sentie l'observer. Il était ailleurs, perdu dans ses pensées, noyé dans ses souvenirs, consumé par son désir. Et ce désir, je le connais, je le reconnais, je le sens. Il est là, dans l'air, dans son souffle, dans son parfum. Il est là, palpable, électrique, terrifiant.Je devrais partir, m'éloigner, fuir. Je devrais le laisser à sa rêverie, à sa folie, à son obsession. Mais quelque chose me retient, quelque chose de plus fort
Last Updated : 2026-06-15 Read more