CHAPITRE 4LE POINT DE VUE DE NAOMIE Paris la nuit, ça ne ressemble pas à Paris le jour.Le jour, cette ville se donne des airs les façades haussmanniennes, les terrasses de café, les gens pressés avec leur baguette sous le bras comme dans une carte postale que personne n'envoie plus. La nuit, Paris enlève le costume. Ce qui reste, c'est les pavés mouillés, les ruelles qui sentent l'urine et la pierre froide, et ce silence particulier des rues du huitième à deux heures du matin un silence qui n'est pas calme, juste vide. Ce n'est pas pareil.Je marchais vite. Habitude. Réflexe de femme qui rentre seule les clés déjà dans la main gauche, le sac serré contre le flanc droit, les écouteurs dans les oreilles mais la musique coupée. Je fais ça depuis des années. Les écouteurs servent de bouclier social — les hommes qui voient une femme avec des écouteurs hésitent davantage à l'aborder. Mais moi j'entends tout. J'entends la rue. J'entends ce qui vient.Ce soir, je n'ai pas entendu assez tôt
Last Updated : 2026-03-26 Read more