LA STRIP-TEASEUSE DU PDG

LA STRIP-TEASEUSE DU PDG

last updateLast Updated : 2026-04-03
By:  LA PLUME D'ESPOIR Updated just now
Language: French
goodnovel18goodnovel
Not enough ratings
33Chapters
22views
Read
Add to library

Share:  

Report
Overview
Catalog
SCAN CODE TO READ ON APP

— Combien, ai-je dit, pour une nuit avec vous ? — Je ne suis pas une pute — Vous dansez dans un club privé pour hommes. Je pose la question — Vous posez la question parce que vous pensez que l'endroit où je travaille définit ce que je suis. — Je ne— — La danse est terminée. — J'ai encore du temps, ai-je dit. — Vous avez du temps. Pas le droit de me manquer de respect avec Naomie vit de la nuit. Dans un club parisien huppé, elle est reine, insaisissable. Lui, c’est Roméo Renoir. PDG de quarante ans, il n’a rien à faire dans ce lieu, mais il revient chaque semaine. Sans un mot. Sans un geste. Juste ce regard posé sur elle. Quand il l’aborde, c’est avec un contrat : dix-huit mois de mariage blanc, imposé par une clause testamentaire absurde. Naomie refuse, puis accepte, en fixant ses règles. Pas de sentiments. Chacun sa vie. Une séparation propre. Mais Naomie est avocate. Elle a lu les petites lignes. Pas toutes. En page dix-neuf, une clause oubliée : toute grossesse durant l’union ferait de l’enfant l’héritier légitime de l’empire Renoir. Il ne cherchait pas une femme. Il cherchait une mère pour son héritage. Sauf qu’habiter sous le même toit fait voler en éclats leurs certitudes. Les silences se font complices. Les gestes, plus troubles. Et quand Naomie tombe enceinte, les règles n’ont plus aucun sens. Elle peut partir, digne et libre. Ou rester, et accepter l’incontrôlable. Lui doit choisir entre l’homme qu’il a toujours été, et celui qu’il devient près d’elle.

View More

Chapter 1

Chapitre 1

CHAPITRE 1. 

LE POINT DE VUE DE NAOMIE 

Je vais vous dire quelque chose que personne dans ce métier n'ose admettre.

On finit par aimer le contrôle.

Pas la scène. Pas l'argent — enfin, si, l'argent aussi, mais c'est une autre histoire. Je parle du contrôle. Cette sensation précise, presque physique, d'avoir le pouvoir absolu sur ce que ressent quelqu'un sans qu'il puisse rien y faire. Les hommes entrent dans ce club avec leur argent, leur costume, leur nom, leurs certitudes. Et en l'espace de trois minutes de musique, tout ça fond. Ils redeviennent simples. Prévisibles. Lisibles.

C'est ma drogue à moi.

Je m'appelle Naomie. J'ai vingt-six ans. J'ai abandonné des études de droit en troisième année pour des raisons que je n'explique à personne. Et depuis quatre ans, je gagne ma vie dans un club privé du huitième arrondissement de Paris qui s'appelle L'Aparté ce nom ridicule que les clients adorent parce qu'il leur donne l'impression d'être dans un secret.

Tout le monde aime croire qu'il est dans un secret.

Cette nuit-là — la nuit où tout a commencé, même si je ne le savais pas encore — j'aurais dû rentrer. J'avais fait mes deux sets. Mes pieds me brûlaient. J'avais un fond de migraine derrière l'œil droit qui menaçait depuis le milieu de la soirée. La nuit dehors était froide, nette, et mon lit m'attendait avec la patience silencieuse des choses inanimées qui ne vous déçoivent jamais.

Serge m'a interceptée dans le couloir.

Serge cent kilos, mains comme des battoirs, regard de comptable m'a interceptée avec cette façon qu'il a de poser une main sur votre épaule juste assez longtemps pour que vous compreniez que vous n'avez pas vraiment le choix.

— La douze, il demande une privée. Il veut toi.

— Je finis à minuit, Serge.

— Il est minuit cinq.

Je l'ai regardé. Il a soutenu mon regard avec le calme de quelqu'un qui sait déjà comment ça va finir.

— Triple tarif, a-t-il ajouté.

J'ai fermé les yeux une demi-seconde. Dans le noir de mes paupières, j'ai vu le relevé de compte que j'avais évité d'ouvrir depuis une semaine. Les médicaments de ma mère. Le loyer du mois suivant qui allait tomber dans onze jours.

— Une heure, ai-je dit. Pas une de plus.

Je suis retournée dans la loge refaire mon maquillage.

Le fond de teint. Le trait d'eye-liner que je fais depuis tellement longtemps que ma main ne tremble plus. Le rouge à lèvres — bordeaux profond, presque brun, la couleur que j'ai choisie parce qu'elle dit ne t'approche pas tout en disant autre chose que je préfère ne pas nommer.

Dans le miroir, j'ai vu Cora se glisser derrière moi. Cora trente ans, cheveux courts teints en blanc, le genre de beauté frontale et sans excuse qui met les gens mal à l'aise.

— C'est lui ? elle a dit.

— Probablement.

— Il t'a regardée tout le show, Naomie. Sans bouger. Sans même commander à boire. T'as vu un homme faire ça, toi, depuis que tu travailles ici ?

J'avais vu. Bien sûr que j'avais vu.

Sur scène, je ne regarde personne c'est ma règle, ma protection, ma façon de rester entière dans un endroit qui mange les femmes qui s'attachent. Mais je perçois. Je perçois les regards comme on perçoit la chaleur ou le froid. Et ce regard-là, depuis la table du fond, avait une texture différente.

Pas du désir brut du moins, pas seulement. Quelque chose de plus posé. De plus patient.

Les hommes patients me méfiaient davantage que les impatients.

— C'est mon boulot, ai-je répondu à Cora. Je gère.

Elle a haussé une épaule, ce qui chez elle valait un discours.

— T'as toujours tout géré. C'est pas pour ça que tout va toujours bien.

Je n'ai pas répondu. J'ai remis le capuchon sur mon rouge à lèvres, lissé ma robe noire, courte, une matière qui captait la lumière sans en donner trop et je suis sortie.

Le salon privé numéro trois.

C'est le plus petit du club, et paradoxalement le plus demandé. Murs tendus de velours bordeaux, lumière ambrée et basse, un fauteuil large face à une surface dégagée qui fait office de scène improvisée. Pas de miroirs c'est moi qui ai demandé ça à Serge, il y a deux ans. Les miroirs changent la dynamique. Quand les hommes se voient dans le reflet, ils reprennent conscience d'eux-mêmes. Je préfère qu'ils n'aient nulle part où regarder qu'en face.

J'ai posé la main sur la poignée.

Trois respirations — lente, lente, lente. Pas par nervosité. Par habitude. Comme un acteur qui entre en scène. On ne pousse pas cette porte en étant soi-même. On pousse cette porte en étant Naomie la version calibrée, maîtrisée, intouchable.

J'ai ouvert.

Il était debout.

C'est la première chose qui m'a frappée les clients n'attendent jamais debout. Ils s'installent, ils s'étalent, ils occupent l'espace avec la décontraction de ceux qui ont l'habitude qu'on vienne à eux. Lui était debout, face à la petite fenêtre dépolie, les mains dans les poches de son pantalon. Pas croisées sur la poitrine dans les poches. Ce détail m'a semblé important sans que je puisse dire pourquoi.

Quand il s'est retourné, j'ai pris une fraction de seconde de plus que d'habitude pour ajuster.

La quarantaine peut-être un peu plus, peut-être un peu moins, ce genre d'homme brouille les pistes. Grand, une tête de plus que moi même avec mes talons, ce qui était assez rare pour que je le remarque. La carrure large mais pas excessive le corps de quelqu'un qui ne va pas à la salle de sport pour le plaisir mais parce que l'énergie accumulée doit bien sortir quelque part. Le costume était sombre, anthracite, d'une coupe irréprochable qui ne cherchait pas à impressionner parce qu'elle n'en avait pas besoin.

Mais c'est le visage qui posait problème.

Mâchoire haute et nette. Front large. Une cicatrice fine au-dessus du sourcil gauche — ancienne, bien intégrée, le genre qu'on n'essaie plus de cacher parce qu'on a décidé, un jour, qu'elle faisait partie du paysage. Les yeux sombres, d'un brun qui tirait vers le noir dans cette lumière ambrée. Et dans ces yeux — là était le problème — pas ce que j'avais l'habitude de lire.

Pas de l'impatience. Pas de la convoitise mal dissimulée. Pas cet attendrissement humide des hommes qui confondent une danse privée avec de l'intimité réelle.

De la concentration.

— Bonsoir, ai-je dit.

Ma voix le registre que je réserve à ces pièces. Légèrement plus grave que d'habitude. Posée. Sans chaleur excessive mais sans froideur non plus. Le point d'équilibre exact entre l'accueil et la distance.

Bonsoir, a-t-il répondu.

Une voix basse. Pas travaillée — naturelle. Le genre de voix qui n'a pas besoin de se forcer pour remplir l'espace.

Je me suis avancée lentement, avec cette démarche que j'ai mise des mois à construire pas la séduction caricaturale de celles qui débutent et pensent que tout est dans le déhanché, mais quelque chose de plus subtil. Quelque chose qui dit je suis là, et tu n'en reviendras pas, et ça sera exactement ce que tu mérites.

— On ne se connaît pas, ai-je dit en m'arrêtant à distance calculée. Vous avez un prénom ?

Un silence. Court, mais suffisant pour que je comprenne qu'il n'était pas du genre à répondre par réflexe.

— Roméo, a-t-il dit.

J'ai failli sourire. Vraiment. Parce que ce prénom était une absurdité magnifique pour un homme comme lui — trop romantique, trop chargé, trop grand — et en même temps, dans cette lumière, avec ce visage, il ne sonnait pas faux. Il sonnait comme quelque chose qu'on lui avait donné très longtemps avant qu'il devienne ce qu'il était, et qu'il avait décidé de porter quand même, sans s'en excuser.

— Roméo, ai-je répété.

— Vous trouvez ça drôle.

— Je trouve ça... inattendu.

— Les choses inattendues vous dérangent ?

— Non. Elles me rendent prudente.

Expand
Next Chapter
Download

Latest chapter

More Chapters

To Readers

Bienvenue dans Goodnovel monde de fiction. Si vous aimez ce roman, ou si vous êtes un idéaliste espérant explorer un monde parfait, et que vous souhaitez également devenir un auteur de roman original en ligne pour augmenter vos revenus, vous pouvez rejoindre notre famille pour lire ou créer différents types de livres, tels que le roman d'amour, la lecture épique, le roman de loup-garou, le roman fantastique, le roman historique et ainsi de suite. Si vous êtes un lecteur, vous pouvez choisir des romans de haute qualité ici. Si vous êtes un auteur, vous pouvez obtenir plus d'inspiration des autres pour créer des œuvres plus brillantes. De plus, vos œuvres sur notre plateforme attireront plus d'attention et gagneront plus d'adimiration des lecteurs.

No Comments
33 Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status