Chapitre 104VaelysJe n'avais jamais vu Kaïren comme cela. Jamais, dans toutes nos années ensemble, dans tous nos combats, dans toutes nos disputes, dans toutes nos épreuves, je ne l'avais vu perdre ainsi le contrôle, laisser tomber le masque de l'homme civilisé, du patriarche respecté, du mari attentionné, pour révéler ce qui se cachait en dessous, dans les profondeurs les plus sombres de son âme.Il s'élance.Son manteau noir vole derrière lui comme une cape, ses cheveux décoiffés par le vent, ses poings déjà serrés, ses mâchoires déjà crispées. Il n'a pas d'arme. Il n'a pas besoin d'arme. Lui-même est une arme, un projectile vivant chargé de toute la fureur du monde.L'homme, qui avait déjà fait quelques mètres, est rattrapé en trois enjambées. Kaïren l'attrape par le col de son manteau, le soulève presque du sol, et le plaque contre le mur de pierre de l'immeuble voisin, un mur gris, humide, suintant la pluie et le temps. L'impact est brutal, terrible, un bruit sourd de chair con
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