Je la prends contre moi, je l'enveloppe de mes bras, de ma fourrure, de tout mon être. Je respire son odeur , cette odeur de louve, de femme, de reine, mêlée au sang et à la poussière et à la peur et je sens ses doigts s'agripper à mon pelage comme si elle craignait que je ne disparaisse si elle me lâchait. Son cœur bat contre ma poitrine, rapide, affolé, vivant. Terriblement vivant. — Tu es vivante, je murmure dans son oreille, ma voix étranglée par l'émotion. Tu es vivante, tu es entière, tu es libre. — J'ai eu si peur, répond-elle en enfouissant son visage dans mon cou. Pas pour moi. Pour Lorcan. Pour toi. Pour notre famille. Quand ils m'ont prise, quand ils m'ont jetée dans ce van, j'ai cru que je ne vous reverrais jamais. — Mais tu t'es battue, dis-je en reculant légèrement pour la regarder. Tu as tué ces hommes. Toi, Héloïse, ma douce, ma tendre, mon humaine. Tu as tué pour te défendre. — Oui, répond-elle en relevant la tête, ses yeux jaunes plantés dans les miens. J'a
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