Le silence de la terre
Emmanuel de Scorraille
Devant moi, ça bouge…
Je poursuis l’improbable balade routière. Il est minuit passé, un fin crachin persistant prend les aises du mois de novembre. De temps à autre, mes phares croisent de légères bandes de brumes. La route est enfin sans entrave. Je repasse le film des évènements de la journée : il y a d’abord la petite histoire de la famille… Celle qui demain, deviendra la grande histoire du moment. Tout dépendra de tante Clém ! Puis, il y a la grande histoire de l’instant : l’actualité, qui fabrique « l’Histoire. » La différence ? Une taille de lettre, la partition de la majuscule et de la minuscule. En évoquant « l’histoire, » grande ou petite taille, j’observe que l’homme ne vit que dans le présent, et se réfugie dans l’avenir. Il y recherche, par procuration, son meilleur hypothétique. Quant au passé, il est évacué. Il suffit de constater l’ét
at et la place que concède l’école à l’Histoire : les contenus sont indigents, et se réduisent à peau de chagrin. Le délabrement m’a incité à démissionner de l’éducation nationale :