La prisonnière du bal masqué
Elle n'a jamais marché pieds nus dans l'herbe, elle n'a jamais écouté le chant d'un oiseau sans penser qu'il était une tache lointaine dans le ciel, elle n'a jamais rien eu, rien de ce que la vie offre gratuitement, rien de ce que je lui ai offert sans même y penser, dans ce jardin où je ne viens jamais, dans ce palais que j'habite sans le voir.
Je la regarde, assise sur le banc de pierre, les yeux fermés, les doigts enfoncés dans la mousse, un sourire paisible sur les lèvres, et je me sens coupable, terriblement, douloureusement, irrémédiablement coupable. Coupable de l'avoir kidnappée, de l'avoir enfermée, de l'avoir traitée comme une monnaie d'échange, comme un pion sur un échiquier, comm
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