LA CHAIRE INTERDITE
Hugo
L’ascenseur privé monte vers le penthouse dans un silence de cathédrale. Le miroir poli nous reflète, deux statues figées dans un décor d’acier et de lumière tamisée. Elle est debout à un mètre de moi, droite, le regard fixé sur les chiffres qui défilent. Elle a essuyé ses larmes, réparé le désordre de ses chevilles. Son masque est de retour, mais il est fissuré. Je vois le tremblement presque imperceptible de son menton. Je vois la rougeur persistante à la base de son cou, là où ma bouche s’est attardée. Je sens encore sur mes doigts, malgré le cuir du siège sur lequel je les ai essuyés, la chaleur humide, intime, de son corps qui a cédé pour moi.
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