Notre fils entre nous
Quand est-ce qu'on rentre à la maison ?
La question est simple, innocente, typique d'un enfant qui s'ennuie à l'hôpital et qui rêve de retrouver son lit et ses jouets et ses repères. Mais pour moi, elle est une lame qui s'enfonce dans la poitrine, une lame glacée qui me transperce et me rappelle que je suis une menteuse, une fugitive, une mère indigne qui n'a même pas de maison à offrir à son fils. Parce que je sais ce qu'il entend par « la maison », et je sais que cette maison n'existe pas vraiment, qu'elle n'est qu'une illusion que j'ai créée pour le rassurer. Il pense à notre studio misérable du quartier nord, à ce taudis que j'ai loué avec les derniers billets qui me restaient, à ces mur