La remplaçante
Puis, lentement, presque douloureusement, elle me tend le carnet.
Je le prends, et mes doigts effleurent les siens au passage. Un contact infime, un frôlement de peau qui me rappelle le dîner d'hier soir, ma main sur la sienne sous la table, ce geste que je n'ai toujours pas compris, que je n'ai toujours pas analysé, que je refuse d'analyser. J'ouvre le carnet, et je le feuillette. Les pages sont jaunies, cornées, certaines à moitié arrachées. L'écriture est celle de Lilia, cette écriture élégante et penchée que je connais bien pour l'avoir vue sur des cartes de vœux et des invitations, mais elle est plus serrée ici, plus nerveuse, comme tracée dans l'urgence et la peur. Des symboles, des co
Sikat na Kabanata