LE PÈRE DE MON ENFANT
Élodie
La porte de ma chambre d’enfance se referme sur un monde en cendres. Le crépitement de la pluie contre la vitre est le seul bruit qui me parvient, une mélodie froide et indifférente. Je suis assise sur le tapis, le dos contre le lit, les bras enserrant mes genoux. Je n’ai plus de larmes. Elles ont séché durant le trajet, brûlées par une douleur si intense qu’elle en est devenue aride. Je fixe la penderie ouverte, où quelques-unes de mes affaires d’adolescente côtoient désormais les deux valises emplies des restes de ma vie conjugale. Les emballer a été comme me découper un membre. Chaque vêtement de Marc, chaque livre, chaque photo arrachée de son cadre sentait encore son parfum, notr