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La première nuit

last update Veröffentlichungsdatum: 12.08.2026 00:33:52

Chapitre 11 — La première nuit

Laura

Il est parti.

La porte de l'ascenseur s'est refermée sur lui comme un couperet, me laissant seule avec Maria et le silence retentissant du penthouse. Mes doigts tremblent encore autour de la tasse de café. J'ai osé prononcer ce prénom interdit. Sofia. J'ai vu son visage se décomposer une fraction de seconde avant que le masque ne retombe. J'ai vu la fissure dans la glace. Et j'ai compris que cette femme — morte ou vivante, peu importe — était la clé de tout
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  • 6 mois pour succomber    Le nom interdit

    Chapitre 15 — Le nom interditLauraLe lendemain matin, je me réveille dans un lit qui n'est pas le mien.Il me faut quelques secondes pour me souvenir. Les draps sont plus froissés, plus grands, plus luxueux que ceux de ma chambre. L'oreiller sent le santal et le cuir — son odeur, partout, enveloppante. Et puis il y a cette main posée sur ma hanche, lourde et chaude, qui m'ancre dans la réalité.Lorenzo dort encore.Je tourne doucement la tête pour le regarder sans le réveiller. C'est la première fois que je le vois dormir. La première fois que je surprends son visage au repos, sans le masque de glace, sans le contrôle permanent. Ses traits sont détendus. Ses lèvres légèrement entrouvertes. Ses cils noirs projettent des ombres sur ses pommettes. Il paraît plus jeune ainsi. Plus vulnérable. Plus humain.Je devrais me lever. Je devrais retourner dans ma chambre avant que Maria ne découvre que j'ai passé la nuit ici. Mais je n'arrive pas à bouger. Quelque chose me retient. La chaleur de

  • 6 mois pour succomber    La galerie des fantômes

    Chapitre 14 — La galerie des fantômesLauraIl apparaît dans l'embrasure de la salle à manger, silhouette sombre en costume anthracite. Ses cheveux sont légèrement ébouriffés par le vent. Ses yeux gris me cherchent, me trouvent, s'arrêtent sur moi.— Laura.— Vous êtes rentré.— Milan était ennuyeux. Les affaires sont réglées. Je n'avais plus de raison de rester.Il retire sa veste, la pose sur le dossier d'une chaise. Maria apparaît aussitôt, lui propose à dîner. Il refuse d'un geste. Il n'a d'yeux que pour moi.— Maria, dit-il sans se retourner. Laissez-nous, s'il vous plaît.La gouvernante s'éclipse. Nous sommes seuls. Le silence s'installe, lourd, électrique.— Vous avez fait des achats, dit-il en désignant mes nouveaux vêtements.— Vous m'avez donné une carte. Je l'ai utilisée.— Bien. C'est fait pour ça.— Pour m'acheter ?— Pour que vous soyez à l'aise.— Je ne suis pas à l'aise. Je ne suis jamais à l'aise ici.Il s'approche. Ses doigts effleurent la manche de ma robe neuve — l

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    Chapitre 13 — Viktor le gardienLauraLes jours qui suivent sont étrangement calmes.Lorenzo s'absente. Un voyage d'affaires à Milan, m'annonce Maria un matin en posant mon petit-déjeuner devant moi. Trois jours. Peut-être quatre. Il n'a pas jugé utile de me prévenir lui-même. Pourquoi l'aurait-il fait ? Je ne suis pas sa femme. Je ne suis pas sa compagne. Je suis un contrat. Un meuble. Une chose qu'on utilise le soir et qu'on oublie le matin.— Il a laissé ça pour vous, ajoute Maria en posant une enveloppe sur le comptoir.Encore une enveloppe. Mon estomac se noue.— Je n'en veux pas.— Ce n'est pas de l'argent, señorita. C'est une carte.Je l'ouvre avec méfiance. Une carte de crédit noire, sans limite, à mon nom. Laura Castellano. Gravée en lettres dorées sur le métal froid.— Il dit que vous pouvez acheter ce que vous voulez. Des vêtements. Des livres. Ce qui vous fait plaisir.— Ce qui me fait plaisir ? Qu'il me rende ma liberté.Maria soupire. Ce soupir des femmes qui ont trop vu

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    Chapitre 12 — Le réveil amerLauraQuand je me réveille, il est parti.Les draps sont encore froissés à côté de moi. Son oreiller garde l'empreinte de sa tête. Une odeur de santal et de cuir flotte dans l'air, preuve qu'il était bien là, que je n'ai pas rêvé. Mais il n'est plus là. Il s'est levé avant l'aube, comme un voleur, comme un fantôme qui retourne à ses ombres.Je m'assois dans le lit. Ma chemise de nuit est remontée sur mes cuisses. Mes cheveux sont emmêlés. J'ai le corps endolori, marqué par ses mains, par ses baisers, par cette nuit de passion désespérée.Et sur la table de nuit, il y a une enveloppe.Je la vois tout de suite. Une enveloppe blanche, épaisse, sans adresse ni timbre. Juste mon prénom écrit à la main. Laura. Son écriture. Haute, anguleuse, parfaitement maîtrisée.Je l'ouvre avec des doigts qui tremblent.Des billets. Cinq mille euros en coupures de cent, toutes neuves, craquantes. Pas un mot d'accompagnement. Pas un message. Juste l'argent. Le prix de ma nuit.

  • 6 mois pour succomber    La première nuit

    Chapitre 11 — La première nuitLauraIl est parti.La porte de l'ascenseur s'est refermée sur lui comme un couperet, me laissant seule avec Maria et le silence retentissant du penthouse. Mes doigts tremblent encore autour de la tasse de café. J'ai osé prononcer ce prénom interdit. Sofia. J'ai vu son visage se décomposer une fraction de seconde avant que le masque ne retombe. J'ai vu la fissure dans la glace. Et j'ai compris que cette femme — morte ou vivante, peu importe — était la clé de tout ce qu'il est.— Vous n'auriez pas dû, señorita, murmure Maria en ramassant la cuillère tombée. El señor ne supporte pas qu'on évoque ce nom.— Qui est Sofia ?Maria secoue la tête, les lèvres pincées.— Ce n'est pas à moi de vous le dire.— Maria, s'il vous plaît. Je vis dans cet endroit. Je partage le lit de cet homme. J'ai le droit de savoir ce qui l'a brisé.La vieille gouvernante me regarde longuement. Ses yeux marron, fatigués par des décennies de service, semblent peser le pour et le contr

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    Chapitre 10 — Les règlesLorenzoJ'aurais dû rester dans cette chambre.C'est ce que j'aurais fait avec n'importe quelle autre femme. Prendre mon plaisir, me rhabiller, partir sans un mot. C'est ainsi que je fonctionne. C'est ainsi que j'ai toujours fonctionné. Le sexe est une transaction. Rien de plus.Mais quand elle a murmuré mon prénom — Lorenzo, pas Monsieur Moretti, pas rien du tout — quelque chose s'est brisé en moi. Ou s'est réparé. Je ne sais plus. Je ne sais rien.Je me suis levé. Je suis sorti. J'ai fui ma propre chambre comme un lâche.Maintenant, je suis assis dans mon bureau, un nouveau whisky à la main, et je fixe la nuit new-yorkaise sans la voir. Il est deux heures du matin. Je ne dormirai pas. De toute façon, je ne dors jamais.Elle a dit mon prénom.Ce n'est pas prévu. Ce n'est pas dans le contrat. Le contrat stipule que nous ne sommes rien l'un pour l'autre qu'un arrangement temporaire. Pas de sentiments. Pas d'attaches. Pas de prénoms murmurés dans l'obscurité d'u

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