로그인Ellie Le feu crépite dans la cheminée monumentale, et ses crépitements rythment notre respiration comme une percussion lointaine, comme un tambour tribal qui accompagne la danse de nos corps. Les flammes dansent, elles aussi, des flammes oranges et bleues et dorées qui se reflètent dans le cristal du lustre, dans le verre des baies vitrées, dans le cuir sombre du canapé où nous sommes allongés. Nous sommes toujours enlacés, emmêlés, ses mains sous mon chemisier, mes doigts dans ses cheveux, et je ne sais plus où je finis et où il commence. Je ne sais plus si ma peau est la mienne ou la sienne. Je ne sais plus si mon cœur bat dans ma poitrine ou dans la sienne. Je ne sais plus qui je suis, moi, Ellie Parker, la mécanicienne de nuit, l'orpheline, la survivante, maintenant que cet homme est entré dans ma vie et a tout bouleversé, tout chamboulé, tout redéfini. Tout ce que je sais, tout ce que je sens, tout ce que je suis, c'est ce désir qui me consume, cette faim qui me dévore, cet
Je ris contre ses lèvres, un rire essoufflé et heureux et incrédule. Un rire qui dit "je n'arrive pas à croire que ça arrive". Un rire qui dit "j'ai tellement attendu ça sans le savoir". Un rire qui dit "ne t'arrête jamais, ne me lâche jamais, ne disparais jamais". Un rire qui est la chose la plus vraie, la plus pure, la plus authentique que j'aie jamais exprimée. — Tu fais toujours ça ? je hoquette entre deux baisers, le souffle court, les joues en feu, les lèvres gonflées par ses baisers, les cheveux en bataille. Tu soulèves toutes les filles comme ça, chef Sinclair ? C'est ta technique secrète pour impressionner les mécaniciennes ? Je plaisante, mais ma voix est tremblante, et derrière la plaisanterie, il y a une vraie question. Une question que je n'ose pas formuler autrement. Est-ce que je suis spéciale ? Est-ce que je suis différente ? Est-ce que je suis la seule ? Je ne veux pas être une femme de plus dans s
Ellie Il s'assied sur le canapé et m'attire doucement à côté de lui. Le cuir est froid sous mes cuisses nues, un frisson qui contraste avec la chaleur de son corps, avec l'incendie qui fait rage à l'intérieur de moi. Mais la chaleur de sa présence compense tout, irradie tout, embrase tout. Je suis assise tout près de lui, nos hanches se touchent, sa cuisse contre la mienne, et je sens les muscles puissants de sa jambe à travers le tissu de son pantalon, cette puissance contenue qui pourrait me briser en deux mais qui choisit, pour l'instant, la douceur. Il lève sa main libre et la pose sur ma joue, paume ouverte, doigts écartés. Sa peau est brûlante contre la mienne, un contraste saisissant avec le froid du cuir. Son pouce caresse doucement ma pommette, suit le contour de l'os avec une lenteur délibérée, comme s'il voulait mémoriser chaque courbe, chaque relief, chaque détail de mon visage. Il descend vers ma mâchoire,
Mes doigts arrivent au niveau de son poignet. Je sens son pouls sous mon index, un battement régulier mais plus rapide que la normale, un tambour contenu qui bat sous la peau et qui trahit son calme apparent. Il n'est pas aussi calme qu'il le paraît. Il n'est pas aussi détaché qu'il le voudrait. Son cœur bat vite, lui aussi, son cœur bat fort, lui aussi, et cette découverte m'emplit d'une joie sauvage, d'une fierté primitive, d'une exaltation qui me monte à la tête plus sûrement que le vin. Je caresse la jointure de son pouce, le creux de sa paume, la naissance de ses doigts. Ma main remonte le long de la sienne, mes doigts s'entrelacent timidement aux siens, et cette fois, c'est moi qui prends sa main. C'est moi qui initie le contact. C'est moi qui conduis la danse. Nos deux mains sont posées l'une contre l'autre, doigts croisés, paumes jointes, et c'est comme si deux parties de moi-même se retrouvaient après une longue séparation, comme si j'avais toujours eu une main
Sa voix est douce, presque tendre, et elle contraste tellement avec le personnage qu'il est censé être, avec le chef de clan impitoyable, avec le mafieux redouté, avec l'homme qui fait trembler la ville, que j'en ai le vertige. C'est comme si j'entendais une autre personne, un autre James, un James privé et secret et vulnérable que personne ne connaît, que personne n'a jamais rencontré, et qui se dévoile à moi, rien qu'à moi, dans cette cuisine de palais, entre les casseroles en cuivre et la bouteille de Château Margaux. Je hoche la tête, incapable de prononcer un mot, incapable d'articuler une phrase, incapable de faire autre chose que hocher la tête comme une poupée mécanique. Et je le suis jusqu'à la salle à manger sur des jambes en coton, mes doigts toujours entrelacés aux siens, sa main qui ne lâche pas la mienne, qui ne me lâchera pas de toute la soirée, je le sais déjà. La table est dressée pour deux personnes à une extrém
Je m'approche de l'îlot central, les mains posées à plat sur le marbre froid pour me donner une contenance, pour empêcher mes doigts de trembler, pour ancrer mon corps à quelque chose de solide et de réel. Le marbre est lisse et glacé sous mes paumes, et le contraste avec la chaleur qui irradie de mon corps est presque douloureux, presque électrique. Je regarde les ingrédients éparpillés sur le plan de travail comme des joyaux sur un écrin : des tomates cerises qui brillent comme des rubis, leur peau rouge et tendue prête à éclater au moindre contact ; un filet de bœuf d'une couleur rouge sombre et profonde, la viande persillée de blanc, d'une qualité que je n'ai jamais vue ailleurs que dans les vitrines des boucheries hors de prix où je ne peux pas entrer ; du basilic frais dont l'odeur embaume toute la pièce, un parfum de Méditerranée et de vacances et d'enfance heureuse qui me serre le cœur ; une bouteille de vin rouge dont l'étiquette est écrite en français, des lett







