로그인Luna
Cette fois, il ne détourne pas le regard. Il me fixe, vraiment, et quelque chose dans son expression me fait frissonner. Ce n’est pas juste du désir. C’est plus que ça. C’est une promesse. Une menace. Comme s’il savait exactement ce que je ressens en ce moment à quel point je suis mouillée, à quel point j’ai envie de me laisser aller et qu’il attendait juste que je le réalise moi-même.
Je devrais détourner les yeux.
Je ne le fais pas.
Au lieu de ça, je soutiens son regard, et quelque chose en moi cède. Une digue se brise. Une porte s’ouvre. Je me sens exposée, comme si il pouvait voir à travers ma robe, à travers ma peau, jusqu’à l’endroit secret et humide entre mes cuisses où je brûle pour lui.
Il sourit.
Pas un vrai sourire. Juste un petit sourire en coin, comme s’il venait de gagner un jeu dont je ne connaissais même pas les règles. Et putain, ce sourire me fait fondre. Je sens mes genoux trembler. Ma respiration devient plus rapide, plus superficielle. Je veux qu’il vienne vers moi. Je veux qu’il me pousse contre un mur et m’embrasse jusqu’à ce que je ne puisse plus respirer. Je veux qu’il me baise ici, maintenant, devant tout le monde, jusqu’à ce que je crie son nom.
Mais il ne bouge pas.
Il reste là, à me regarder, comme s’il attendait que je fasse le premier pas.
Et c’est ça, le problème.
Parce que je ne sais pas si je peux.
Ce monde est plus torride que je ne l’avais imaginé. Plus vivant. Plus dangereux. Et je ne sais pas si je veux en faire partie… ou si je devrais m’enfuir avant qu’il ne soit trop tard.
Son regard me transperce encore, comme s’il pouvait voir chaque frisson qui me parcourt, chaque goutte de désir qui coule entre mes cuisses. Je n’ai même pas besoin de bouger pour sentir l’air lourd de promesses entre nous. Et puis, enfin, il se détache du bar.
Un pas. Puis un autre.
Lent. Calculé. Comme un prédateur qui savoure l’instant avant de fondre sur sa proie.
Mon souffle se bloque dans ma gorge quand il s’arrête à quelques centimètres de moi, assez près pour que je sente la chaleur de son corps à travers le tissu fin de ma robe. Ses doigts effleurent le dossier de ma chaise, une caresse presque imperceptible, mais qui me fait serrer les cuisses par réflexe. Je n’ose pas lever les yeux, pas tout de suite. Pas quand je sens son souffle chaud contre ma tempe, son parfum boisé et épicé qui m’enveloppe comme une seconde peau.
— Tu joues à un jeu dangereux, ici.
Sa voix est basse, rauque, un murmure qui glisse directement entre mes jambes. Je frissonne, les poils de mes bras se dressent, et quand ses lèvres frôlent le lobe de mon oreille, un gémissement m’échappe avant que je ne puisse le retenir. Il rit, un son sombre et satisfait, comme s’il venait de gagner un pari dont j’ignorais les règles.
— Mais tu veux que je te montre à quel point ça peut être… excitant, n’est-ce pas ?
Je devrais protester. Je devrais me lever et m’éloigner, retrouver un semblant de dignité dans ce brouillard de luxure qui m’envahit. Mais ses doigts glissent le long de mon bras, traçant un chemin de feu jusqu’à mon poignet, et quand il serre juste assez pour me rappeler qui commande ici, je me surprends à hocher la tête. Un mouvement minuscule. Presque imperceptible.
Assez pour qu’il comprenne.
— Bonne fille.
Ses mots me brûlent plus que n’importe quelle caresse. Il recule d’un pas, mais sa main reste accrochée à la mienne, ses doigts entrelacés aux miens comme une promesse. Quand je lève enfin les yeux, son sourire est un couteau qui m’ouvre en deux. Il ne me demande pas la permission. Il n’en a pas besoin.
— Viens.
Il me tire vers le centre de la pièce, là où l’espace s’élargit, où les regards se tournent déjà vers nous comme des charognards affamés. La musique pulse plus fort, ou peut-être est-ce juste mon cœur qui bat à tout rompre contre mes côtes. Je trébuche presque sur mes talons, mais sa poigne est ferme, implacable. Il me positionne au milieu de la foule, sous les lumières tamisées qui jettent des ombres mouvantes sur les murs.
— Regarde-les.
Je n’ai pas le choix. Les yeux sont partout. Des hommes, des femmes, des couples enlacés, des bouches entrouvertes, des doigts qui glissent sous les tissus, qui se caressent en nous observant. Une femme mordille sa lèvre inférieure en me fixant, son partenaire lui chuchotant quelque chose à l’oreille qui la fait gémir. Un homme seul, adossé contre un pilier, se palpe déjà à travers son pantalon, son regard rivé sur moi comme s’il pouvait me dévorer toute crue.
— Ils te veulent tous.
Sa main se pose sur ma nuque, ses doigts s’enfoncent dans mes cheveux, tirant juste assez pour que je renverse la tête en arrière, exposant ma gorge à son souffle brûlant.
— Mais tu es à moi ce soir.
Un frisson me parcourt l’échine. Ses mots devraient me révolter. Ils devraient me faire fuir. Pourtant, quand il fait glisser une bretelle de ma robe le long de mon épaule, je ne résiste pas. Le tissu glisse, révélant ma peau nue, et un murmure d’approbation parcourt l’assistance. Ses doigts suivent le chemin de la soie, traçant un sillon entre mes seins avant de s’arrêter sur mon téton déjà dur, qu’il pince sans avertissement.
— Ah !
Luna Un an après le mariage , douze mois de vie à trois, douze mois de bonheur difficile mais vrai , nous célébrons notre anniversaire. La maison est décorée comme pour une fête, guirlandes lumineuses et lanternes en papier, des bougies parfumées sur chaque meuble. Le jardin resplendit dans la lumière dorée du crépuscule. Les massifs débordent de fleurs, les rosiers grimpent le long des murs, les légumes du potager sont prêts à être cueillis. Le tilleul est en fleurs, embaumant l'air de son parfum sucré et capiteux. Des guirlandes lumineuses courent le long de la terrasse, leurs petites ampoules clignotant comme autant d'étoiles tombées sur terre. Des bougies parfumées vacillent sur une table dressée pour trois, une longue nappe blanche, trois assiettes en porcelaine fine, trois verres en cristal qui tintent au moindre effleurement. Thomas a cuisiné , son risotto aux champignons, le plat qu'il réussit le mie
Luna Un soir de septembre , la rentrée, les nuits qui rafraîchissent, les premières feuilles qui commencent à rougir , alors que nous rentrions du Velours Noir, une ombre nous a suivis. La rue était calme, presque déserte. Les réverbères éclairaient par intermittence, créant des flaques de lumière jaune entre lesquelles nous marchions. J'ai senti un regard dans mon dos, une présence insistante. Un homme. Grand, brun, une fine cicatrice sur la joue. Je l’avais vu dans le club, plus tôt dans la soirée. Il avait dansé avec une fille, s’était montré insistant. Trop insistant. Il n’avait pas aimé qu’on le regarde , qu’on le juge, qu’on l'observe. Il avait croisé nos regards plusieurs fois, et le sien était chargé d'une menace sourde. Devant la porte de la maison , cette maison que nous avions transformée en foyer , il s’est approché. Son ombre massive a bloqué la lumière du réverbère. — Je vous ai
Luna Six mois passent. Une demi-année. Cent quatre-vingts jours de petits-déjeuners à trois, de nuits partagées, de repas cuisinés ensemble, de disputes et de réconciliations. Cent quatre-vingts jours à apprendre à être trois, à exister en trio, à inventer un quotidien que personne n'avait imaginé. Le temps a fait son œuvre, lentement, patiemment. Il a lissé les aspérités, poli les récifs, arrondi les angles vifs. Ce qui semblait impossible hier est devenu naturel aujourd'hui. Les réflexes s'installent, les habitudes se créent, les corps s'habituent. Nous avons appris à vivre à trois. À partager les espaces , la cuisine, la salle de bains, le lit devenu assez grand pour trois corps entrelacés. À partager les nuits , parfois deux, parfois trois, jamais seul. À partager les sourires, les peines, les joies minuscules qui font le sel de la vie. Les petits-déjeuners sont devenus un rituel. Chaque m
Luna La nuit de noces n’est pas une nuit ordinaire. L'air est doux, presque tiède, chargé des parfums du jardin , le jasmin, la rose trémière, le chèvrefeuille qui embaume la nuit. Les grillons chantent, obsédés, leurs mélodies stridentes se répondant d'un arbre à l'autre. La lune est pleine, suspendue au-dessus du tilleul comme un œil bienveillant. La maison est silencieuse, les invités sont partis depuis longtemps, les bougies que nous avions disposées pour la réception ont presque toutes brûlé, leurs dernières flammes vacillant doucement. Alex m’emmène dans l’aile Ouest , pas dans la chambre d’amis, pas dans celle où nous avons vécu nos premiers dérèglements, nos premières étreintes secrètes chargées de mensonges et de remords, mais dans sa chambre. La sienne. Celle qu’il n’avait jamais voulu partager avant nous, qu'il gardait comme un sanctuaire intime. Et ce soir, il l'ouvre. Les draps sont blancs, frai
Luna Le ciel est d’un bleu parfait, sans nuage, comme si le temps lui-même avait décidé de suspendre son vol pour nous offrir cette journée unique. Pas un souffle de vent. Les arbres sont immobiles, figés dans une contemplation silencieuse. Les oiseaux se sont tus, comme s'ils retenaient leur souffle pour ne pas troubler la cérémonie. Il règne dans le jardin une paix profonde, presque religieuse, une sérénité qui contraste avec les tempêtes que nous avons traversées. La petite cérémonie a lieu dans le jardin, sous le tilleul centenaire. Ses branches couvertes de feuilles nouvelles forment une voûte naturelle, une cathédrale de verdure que le soleil matinal traverse par endroits, dessinant des rayons d’or sur la pelouse fraîchement tondue. La lumière danse à travers les feuilles, projetant des ombres mouvantes qui semblent avoir été chorégraphiées pour l'occasion. Alex a disposé des bancs blancs en fer forgé , des bancs que
Luna La veille de la cérémonie, Alex m’emmène dans la chambre de l’aile Ouest. La pièce est éclairée aux bougies, comme aux premiers jours. Il a sorti les chandeliers en argent de la grand-mère, ceux qu'il gardait pour les fêtes, et a disposé les bougies sur toutes les surfaces , manteau de la cheminée, tables de chevet, rebord de la fenêtre. L'odeur de la cire fondue emplit l'air, douce et enivrante, mêlée à celle du bois ancien et du parfum d'Alex , ce santal boisé que je connais par cœur, que j'ai respiré des centaines de fois. Les draps sont frais, blancs, en lin. Le lit est fait avec soin, les oreillers gonflés, la couette lisse. — Je veux te la mettre, dit-il. — La bague ? — Oui. Pas devant Thomas. Pas devant témoin. Juste toi et moi. Comme un secret supplémentaire. Comme une première fois. Il ouvre l’écrin, le pose sur la table de chevet entre les deux boug







