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Chapitre 3 — Ce monde caché

Author: Déesse
last update Last Updated: 2026-02-17 22:34:02

Luna

Mes doigts glissent sur le verre froid, traçant des cercles distraits sur la condensation qui perle à sa surface. Je ne devrais pas être ici. Pas ce soir. Pas comme ça. Pourtant, me voilà, immobile au milieu de ce salon privé où l’air est si épais qu’on pourrait presque le couper au couteau. Une odeur de parfum lourd , ambre, vanille, quelque chose de musqué , se mêle à celle, plus subtile, de la sueur et du désir. Je respire profondément, et cette bouffée me monte directement à la tête, comme un vin trop fort.

Et puis, lui.

Je ne sais pas combien de temps je reste à le regarder. Quelques secondes. Une éternité. Les deux à la fois. Il est adossé contre le bar, un bras négligemment posé sur le comptoir, l’autre tenant un verre à moitié vide. Sa chemise noire, légèrement entrouverte, laisse deviner la ligne sombre de ses pectoraux, et je me surprends à imaginer le contact de ma langue sur sa peau, le goût salé de sa transpiration. Ses doigts sont longs, élégants, et je me demande comment ils se sentiraient enroulés autour de ma gorge, ou plus bas, là où la chaleur entre mes cuisses devient presque insupportable.

Ses yeux , putain, ses yeux , sont fixés sur moi. Pas un regard furtif, non. Un vrai regard. Intense. Comme s’il me voyait vraiment. Comme s’il savait exactement à quoi je pense en ce moment même : à la façon dont ses lèvres pourraient s’écraser sur les miennes, à la façon dont sa main pourrait se faufiler sous ma robe et trouver ma chatte déjà trempée, à la façon dont je gémirais contre sa bouche si jamais il osait me toucher ici, maintenant, devant tout le monde.

Un frisson me parcourt l’échine. Je serre les cuisses, mais ça ne fait qu’empirer les choses. Je sens mon clito pulser, gonflé, sensible à chaque frottement du tissu de ma culotte. Putain de merde. Je n’ai même pas encore bu une goutte d’alcool, et je suis déjà à deux doigts de me faire jouir rien qu’en le regardant.

Puis, quelqu’un passe entre nous.

Une femme, grande, vêtue d’une robe en soie rouge qui épouse chaque courbe de son corps comme une seconde peau. Elle rit en posant une main sur l’épaule de l’homme à côté d’elle, et ce simple geste brise la ligne invisible qui nous reliait. Le bruit revient brusquement : la musique sourde, les murmures étouffés, les rires gras. Comme si je remontais à la surface après avoir retenu ma respiration trop longtemps.

Je détourne les yeux la première.

Mon cœur bat encore trop vite, comme si je venais de courir un sprint. Mes doigts se serrent autour de mon verre, comme s’il était la seule chose solide dans cette pièce qui semble soudain trop tangible. Respire. Regarde ailleurs.

Je force mon regard à parcourir la salle, et cette fois, je vois vraiment.

La lumière est plus basse que je ne l’avais perçu, plus chaude, plus intime. Elle caresse les peaux, fait scintiller les tissus brillants , soie, satin, cuir , sculpte des ombres douces sur les murs comme des doigts traçant des promesses sur un corps nu. Tout est enveloppé d’un voile de velours, comme si le monde extérieur n’existait plus. Comme si les règles normales ne s’appliquaient pas ici.

Et les gens… Putain, les gens sont une révélation.

À quelques mètres de moi, un couple est pelotonné dans un fauteuil trop petit pour deux. L’homme a une main glissée sous la jupe de sa partenaire, et même de là où je suis, je peux voir ses doigts bouger, travailler. La femme a la tête renversée en arrière, les lèvres entrouvertes, et je me demande quel son elle fait : un gémissement étouffé ? Un souffle saccadé ? Ses seins, à moitié dénudés, se soulèvent à chaque inspiration, et je me surprends à lécher mes lèvres, comme si je pouvais goûter sa peau rien qu’en la regardant.

Plus loin, près d’un canapé bas, une femme est assise sur les genoux d’un homme. Elle rit doucement, mais ses doigts effleurent le col de sa chemise entrouverte, traçant des motifs invisibles sur sa peau. L’homme la regarde avec une intensité qui me fait serrer les cuisses à nouveau. Il ne la touche pas. Pas encore. Mais l’air entre eux est si chargé que j’en ai presque mal , une douleur sourde, profonde, comme si moi j’avais besoin d’être touchée.

Un groupe se tient debout près d’une table basse, leurs verres à moitié vides oubliés. Leurs regards se croisent, se défient, se promettent des choses que je n’ose même pas imaginer. L’une des femmes , brune, avec des lèvres pulpeuses peintes d’un rouge sang , passe sa langue sur ses dents avant de sourire à l’homme en face d’elle. Il répond en posant une main sur sa hanche, possessif, et je sens presque la chaleur de sa paume à travers le tissu.

Une chaleur monte en moi, insidieuse, comme un poison lent. Je remarque les détails maintenant : la courbe d’une nuque exposée, la lueur moite sur une peau, les lèvres qui se frôlent sans se toucher. L’air est épais, chargé de désir, et chaque mouvement semble calculé pour attiser les sens. Une main qui se pose sur une cuisse. Un sourire en coin. Un soupir qui se transforme en gémissement.

Je sens mon propre corps réagir, comme si j’étais connectée à eux par des fils invisibles. Ma peau picote. Mes tétons durcissent sous le tissu de ma robe, sensibles au point que le moindre frottement me fait haleter. Entre mes jambes, c’est pire. Ma chatte est lourde, gonflée, et je sais que si je glissais une main sous ma robe, je trouverais mes lèvres trempées, mon clito dur comme une pierre.

Arrête.

Je prends une gorgée de mon verre , le liquide brûle ma gorge, me ramenant un peu à la réalité. Mais pas assez. Parce que mon regard, traître, revient toujours au même endroit.

Lui.

Il n’est plus au bar. Maintenant, il est adossé contre un pilier, un peu à l’écart, comme s’il observait la scène lui aussi. Mais je sais qu’il me regarde. Je le sens. Comme une caresse sur ma nuque. Comme un souffle chaud contre mon oreille.

Nos yeux se croisent à nouveau.

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