MasukDans la France du XIXe siècle, Élise, fille d’un noble ruiné, est promise à un riche industriel pour sauver l’honneur de sa famille. Mais son cœur bat pour Armand , un jeune ouvrier , engagé dans les luttes sociales de l’époque. Leur amour naît dans le secret, entre les murs d’une vieille bibliothèque abandonnée où ils partagent leur passion pour les mots et la liberté. Tiraillés entre devoir et désir, classe et religion, ils bravent les interdits d’une société corsetée, au risque de tout perdre. Leur histoire devient une lutte silencieuse contre l’ordre établi, une quête d’absolu dans un monde où aimer peut condamner. Lorsque la révolution gronde, leur amour devient flamme et sacrifice.
Lihat lebih banyakCINQ ANS PLUS TARDLe vent qui balaie la Fagne n’a plus le goût de la cendre. Il sent le foin fraîchement coupé et la terre retournée. Là où le hameau des Saules fut rasé, un nouveau village a poussé, plus modeste, plus solide. Ses maisons sont bâties en pierre des champs et en bois de chêne, et chaque famille a son lopin de terre. Il n’a pas de nom. On l’appelle simplement « le Nouveau ».Au centre, là où la vieille Mélisande avait sa cabane, se dresse une simple stèle de granit. Aucun nom n’y est gravé. Seul un mot : SOUVENS-TOI.Je marche entre les maisons, un enfant endormi sur mon épaule. Son petit souffle chaud contre mon cou est le rythme le plus paisible que je connaisse. Ils m’appellent encore « Madame Élise », par habitude, mais le titre n’a plus de poids. Je suis celle qui vit dans la vieille maison du garde-chasse, en lisière de bois. Je suis celle qui aide à compter les récoltes, qui écoute les disputes, qui soigne les fièvres avec les herbes que Mélisande m’a apprises.L
ÉLISELe château n’est plus une forteresse. C’est une coquille vide, un corps dont on a arraché l’âme. Je marche dans les couloirs silencieux, mes pas résonnant dans un luxe qui me semble soudain obscène. Les portraits de mes ancêtres me suivent du regard. Je ne vois plus la puissance. Je ne vois que le poids de l’histoire, une chaîne d’orgueil et de sang.Mon père est confiné dans l’aile ouest. Il a un serviteur, un garde. Une prison dorée. Je ne l’ai pas revu. Je ne sais pas si je le pourrai un jour. Parfois, je surprends des sanglots étouffés derrière sa porte. Le son d’un empire intérieur qui s’effondre.Aujourd’hui, nous avons convoqué une assemblée. Dans la grande salle, là où mon père donnait ses ordres et où Montbray ourdissait ses plans, se tiennent maintenant des visages burinés par le soleil et le labeur. Des fermiers. Des artisans. Julien est là, massif et silencieux. Le prêtre défroqué, qui sert maintenant de scribe. Et Armand.Armand. Il se tient un peu à l’écart, appuyé
ARMANDL’univers se réduit à lui et à moi. Le fracas de la bataille s’estompe, devenant un lointain bourdonnement. Il n’y a plus que le clapotement de l’eau, notre respiration haletante, et le grésillement de la haine.Montbray esquisse un sourire, un rictus de prédateur.—Le bâtard et le bourreau. La boue est un cadre approprié pour notre dernière danse.Il fond sur moi. Sa lame est un éclair d’argent. Je pare tant bien que mal avec ma dague, le choc résonnant dans mon bras blessé. Une douleur aiguë me transperce l’épaule. Il est plus fort, plus rapide, infiniment plus compétent.— Tu vois ? ricane-t-il en forçant ma garde. Le sang finit toujours par parler. Le tien est faible, bâtard. Impur.Je recule, mes pieds cherchant désespérément un appui dans la vase. Il avance, implacable, son élégance une insulte dans ce chaos.—Je vais te tuer. Puis je vais reprendre ce qui m’appartient. Et je ferai en sorte qu’Élise regarde.Sa pointe effleure ma joue. Une brûlure froide. Je trébuche sur
ARMANDLes marais sont un être vivant. Il respire par la brume, son sang est l’eau noire et stagnante, ses os sont les racines tordues des saules. Aujourd’hui, il se prépare à se nourrir.Nous les laissons s’enfoncer. Nous les observons, Julien et moi, dissimulés dans un enchevêtrement de branches et de lianes. Cinquante hommes, peut-être soixante. Ils avancent en formation serrée, maladroits, leurs bottes s’enfonçant profondément dans la tourbe. Je reconnais les couleurs de la maison de mon père. Et je vois, au centre, deux silhouettes que je hais plus que tout : le Comte, imposant et rageur, et Montbray, élégant même dans cet enfer, son visage un masque de mépris.— Plus loin, chuchote Julien, son souffle chaud contre mon oreille. Laisse-les aller jusqu’à la Sphère.La Sphère. Un cercle d’eau plus profond, entouré de roseaux et de fondrières traîtresses. Notre piège.Je hoche la tête, ma blessure lancinante. Chaque battement de mon cœur est un coup de marteau dans ma chair, mais la












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