LOGINLéo, un antiquaire solitaire et timide, acquiert un vase grec ancien. Il découvre qu'il abrite Cassia, un esprit bienveillant incarnant la sensualité et la sagesse érotique de la Rome antique. Chaque nuit, Cassia émerge du vase pour initier Léo à l'art du plaisir et de la confiance en soi. Leurs rencontres, d'abord troublantes, deviennent de véritables leçons de sensualité où se mêlent toucher, confiance et épanouissement charnel. Léo se transforme peu à peu, gagnant en assurance. La menace arrive avec Marcus, un collectionneur sans scrupules qui connaît la vraie nature du vase. Prêt à voler l'artefact, il force Léo à utiliser sa nouvelle confiance pour protéger Cassia. Leur lien, né de la magie et du désir, est alors mis à l'épreuve entre le monde des hommes et celui des esprits.
View MoreChapitre 1 : L'Héritage de terre et de silence
Léo
La pluie frappe les vitres de ma boutique"Reliques" avec une obstination d'enterrement. Chaque goutte est un clou qui enfonce un peu plus le cercueil du jour. Je frotte le compteur en chêne massif avec une laine douce, un geste rituel qui use mes solitudes. L'air est lourd des senteurs de cire ancienne, de papier pourrissant et de poussière sacrée. Ce sont les seuls parfums qui ne me trahissent pas.
Mes mains, ces outils pâles et méticuleux, se posent sur la caisse en bois brut marquée aux couleurs de Rome. Elle est arrivée ce matin, mais j'ai attendu la tombée de la nuit pour l'ouvrir. La lumière du jour est trop crue pour les vérités anciennes.
Le couteau à palette glisse sous le couvercle avec un grincement de protestation. La mousse de calage s'écarte comme une terre vierge. Et je le vois.
Mon cœur cesse de battre pendant trois longues secondes.
Le vase attique repose dans son écrin, plus vivant que tout ce qui respire dans cette pièce. Il mesure trente centimètres de hauteur, une taille parfaite, presque humaine. La céramique est d'une finesse à vous briser l'âme, d'un brun-rouge si profond qu'il semble boire la lumière. La scène représente une ménade et un satyre enlacés dans une danse qui défie le temps. Leurs corps sont saisis dans un mouvement de passion pure, chaque muscle tendu vers l'extase.
Mes doigts tremblent en effleurant l'épaule de la ménade. La terre cuite n'est pas froide. Elle est tiède, comme une peau qui vient d'être caressée.
Une décharge électrique remonte le long de mon bras, fulgurante, impossible. Je retire ma main comme brûlé.
— Ce n'est rien, murmuré-je à la pièce vide. De la statique.
Mais je mens. Je mens comme je respire, par nécessité vitale.
J'installe le vase sur mon bureau, dans le halo doré de la lampe Tiffany. La nuit est maintenant noire, la pluie s'est transformée en rideau liquide qui isole ma boutique du monde des vivants. Je prends ma loupe d'horloger, les outils de restauration alignés avec une précision chirurgicale. Je dois examiner la pièce, comprendre sa structure, son histoire.
Mais mes doigts refusent d'obéir. Au lieu de cela, ils tracent le contour des corps enlacés, suivent la courbe des hanches, la tension des bras, la bouche entrouverte de la ménade. La terre semble vibrer sous mon toucher. Une chaleur étrange emplit la pièce, moite, organique.
La lampe vacille soudain. L'ampoule grésille, pâlit, puis revient à la vie avec une intensité troublante. L'air se charge d'un parfum qui n'a rien à faire ici : de l'huile d'olive chaude, du soleil sur la pierre blanche, de la sueur et du vin, et quelque chose de plus sauvage, de plus ancien, quelque chose qui sent le sang et la myrrhe.
Le vase semble pulser d'une lumière intérieure. Une lueur ambrée, profonde, qui naît du cœur de la terre cuite et se diffuse dans la pièce. Les ombres dansent sur les murs, prennent des formes qui n'ont rien de géométrique.
Je me lève, recule d'un pas. Mon cœur bat à me briser la cage thoracique. Je devrais avoir peur. Je devrais fermer la boutique, appeler quelqu'un. Mais je reste figé, hypnotisé.
L'ombre du vase sur le mur se déforme, s'étire, se détache de la surface. Elle n'est plus une simple silhouette, mais une forme féminine, sinueuse, qui ondule dans la pénombre. Je distingue des courbes, des hanches larges, une chevelure dénouée qui bouge dans un vent que je ne sens pas.
Mes paumes sont moites, mon souffle court. La peur est là, oui, une peur animale et viscérale. Mais plus forte encore est cette curiosité dévorante, cette fascination qui me cloue au sol.
La forme d'ombre tourne lentement vers moi ce qui devrait être son visage. Il n'y a pas de traits, seulement une présence. Une attention.
Et dans le silence absolu qui s'est abattu sur la boutique, une voix murmure dans ma tête. Ce n'est pas un son, c'est une sensation, comme du miel coulant dans mon esprit.
— Enfin.
Le mot résonne en moi, s'installe dans mes os. Je ferme les yeux, les rouvre. L'ombre est toujours là. Plus nette maintenant. Plus réelle.
Je tends une main tremblante, non pas vers le vase, mais vers l'ombre. Vers elle.
La température dans la pièce monte encore. Je sens une goutte de sueur glisser le long de ma colonne vertébrale.
— Qui es-tu ? chuchoté-je, la voix rauque.
La réponse n'est pas un mot, mais une vague de sensations qui me submerge : la chaleur du soleil sur la peau, le goût du vin épicé, le frémissement de la soie, le contact de doigts habiles sur ma nuque.
Je ferme les yeux, submergé. Quand je les rouvre, l'ombre a disparu. Le vase est simplement un vase, magnifique, mais inerte. Le parfum s'est dissipé. Seul persiste, imprégné dans l'air, le souvenir troublant de l'huile d'olive et du désir.
Je reste immobile, les jambes flageolantes, la main toujours tendue vers le vide. La boutique est redevenue silencieuse, trop silencieuse.
Mais quelque chose a changé. Quelque chose d'irréversible.
Cette chose, quelle qu'elle soit, est vivante.
Et elle m'a choisi.
CHAPITRE 35 : LES CENDRES FÉCONDES 2LéoNous ne nous touchons pas tout de suite. Nous restons à distance, à nous regarder. L’air entre nous est chargé d’une électricité différente, plus sourde, plus profonde. C’est le désir de connaissance, pas seulement de possession.Elle fait le premier pas. Elle s’approche, pose sa main à plat sur mon sternum. Je sens le battement de mon cœur sous sa paume. Puis sa main descend, lentement, traçant un sillon dans la légère toison de mon torse, jusqu’à mon ventre. Ses doigts tremblent à peine. Les miens se crispent à mes côtés.Je lève ma propre main, la pose sur sa joue. Je fais glisser mon pouce sur sa lèvre inférieure. Elle entrouvre la bouche, capture mon pouce entre ses dents, doucement, puis le libère, sa langue effleurant le bout.Un frisson me parcourt.Je l’attire à moi. Cette fois, le baiser n’est pas une collision. C’est une exploration. Nos bouches se connaissent, goûtent, apprivoisent. C’est doux, et pourtant chaque point de contact es
CHAPITRE 34 : LES CENDRES FÉCONDES 1LéoLes jours suivants sont étranges. Une nouvelle épaisseur s’est installée entre Eloise et moi, palpable comme la buée sur une vitre après l’amour. Ce n’est pas une gêne, mais une conscience aiguë, presque douloureuse, de l’autre. Un fil nous relie désormais, fait de sueur séchée, de morsures cicatrisantes et du souvenir partagé d’une décharge sauvage. Nous nous déplaçons dans la boutique comme deux planètes modifiant à peine leur orbite, attirés par une gravité nouvelle, tacite.Nous ne parlons pas de ce qui s’est passé. Les mots seraient de la cendre sur un feu à peine éteint. Nous agissons. Nous rangeons plus avant, nous classons des livres poussiéreux, nous restaurons une petite commode bancale. Des gestes simples, manuels, qui réclament nos mains, notre concentration. Nos regards se croisent, se fuient, se recroisent, chargés d’un silence éloquent.Son corps est partout. Dans la courbe de son dos quand elle se penche, dans le léger duvet dor
CHAPITRE 33 : LA SOIF APRÈS LA PLUIE 2LéoSa main se glisse entre nous, cherche la boucle de ma ceinture. Ses doigts sont maladroits, pressés. Elle défait la boucle, baisse la fermeture éclair. Le frottement du métal est un bruit obscène et excitant. Je l’aide, repoussant mon jean, mes sous-vêtements. Je suis dur, douloureusement dur, la tension des jours se concentrant en un point de feu.Elle se débat sous moi, repousse son jean à son tour. Il n’y a plus de barrière. Juste sa peau contre la mienne, brûlante, moite. L’odeur de nos corps se mêle, musquée, salée, terriblement humaine.Elle me regarde droit dans les yeux. Il n’y a pas de tendresse dans son regard. Il y a de la complicité, de la sauvagerie, un défi.— Prends-moi, dit-elle. Pas comme un esprit. Comme un homme. Prends ce qui est là.Je n’ai pas besoin qu’on me le dise deux fois. Je m’aligne, et d’un coup de reins, je pénètre en elle.Elle est serrée, chaude, incroyablement réelle. Un long soupir rauque lui échappe, se tra
CHAPITRE 32 : LA SOIF APRÈS LA PLUIE 1LéoLa normalité est une peau trop étroite. Elle gratte.Trois jours ont passé. Trois jours de lumière blanche, de bruits ordinaires, de silences convenus avec Eloise. Nous rangeons la boutique. Nous parlons, à voix basse, de ce qui s’est passé, comme des archéologues reconstituant un cataclysme. Nous mangeons des plats simples. Nous évitons le vase du regard, ou nous le regardons trop, cherchant en vain un signe, une vibration.Il n’y a rien. Juste la tiédeur.Et en moi, un vide qui se creuse, différent de celui d’avant. Avant, c’était l’attente d’un début. Maintenant, c’est l’après d’une fin. Un désert.Eloise est efficace, pragmatique. Elle est devenue une amie, une soeur d’armes. Mais il y a une barrière entre nous, faite de pudeur et de lassitude. Nous avons partagé l’âme d’un dieu, mais nous évitons de nous effleurer par hasard.Le soir du troisième jour, l’orage gronde au loin. L’air est lourd, électrique. Une tension pré-monsoon s’install






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