로그인POV de FernandUn an plus tard, Manon a de nouveau renversé du café sur mes dossiers.— Ce n’est pas ma faute, a-t-elle déclaré.— Ta tasse était dans ta main.— La table a bougé.— Elle est fixée au sol depuis que nous avons cassé l’ancienne.Julien a levé les yeux de ses céréales.— Pourquoi vous avez cassé l’ancienne ?Manon et moi nous sommes regardés.— Un défaut de fabrication, ai-je répondu.— Papa ment, a dit Alice.— Mange ta tartine.La cuisine était devenue le centre de notre maison. Il y avait des dessins sur le réfrigérateur, des chaussures sous les chaises et une médaille en argent accrochée près de la fenêtre. L’étoile portait maintenant deux dates : celle de Julien et celle de l’adoption définitive d’Alice par Manon.Je n’avais pas adopté Alice.Isaac restait son père légal et affectif. Après des mois de conversations, nous avions choisi de ne pas transformer son amour en place à conquérir. J’étais Fernand pour elle. Certains jours, elle m’appelait « mon deuxième papa
POV de ManonFernand m’a demandé de l’épouser dans notre cuisine.Pas de restaurant fermé pour nous. Pas de roses importées. Pas de bague cachée dans une coupe de champagne.Il coupait du pain avec sa main gauche parce que la cicatrice de la droite le gênait encore.— Pose ce couteau, ai-je dit.— J’ai progressé.— Tu as déjà perdu contre une baguette.Il a posé le couteau.Julien et Alice dormaient chez Tess. Isaac était parti dîner avec une femme qu’il refusait de nous présenter. Nous étions seuls dans la maison pour la première fois depuis mon retour.Fernand a sorti une petite boîte de sa poche.— Non, ai-je dit.Il s’est figé.— Je n’ai même pas encore parlé.— Je ne veux pas que tu me demandes de t’épouser.Son visage a changé, mais il a rangé la boîte.— D’accord.— Tu ne vas pas demander pourquoi ?— Si tu veux me l’expliquer.Je me suis approchée.— Parce que nous sommes déjà mariés.Il m’a regardée, prudent.— Tu avais demandé le divorce.— Et tu ne l’as jamais signé.— Ce n
POV de ManonJ’ai raconté mon histoire devant douze caméras.Cette fois, personne ne parlait à ma place.Fernand se tenait derrière le rideau avec une béquille. Isaac était à sa gauche. Céleste à sa droite. Ils avaient tous proposé de m’accompagner sur l’estrade.J’avais refusé.Je suis entrée seule.— Mon nom est Manon Mercier, ai-je commencé. Il y a cinq ans, j’ai survécu à un enlèvement et à l’explosion d’un bateau organisée par Lancelot Levasseur. Un homme m’a sauvée et m’a aidée à quitter le pays sous une autre identité.Les flashs ont éclaté.J’ai continué.— Au début, je me cachais d’un réseau criminel. Plus tard, j’ai continué à me cacher par peur. Ce choix a blessé ma famille et surtout mon fils. Je ne demanderai à personne de l’approuver.Une journaliste a levé la main.— Fernand Levasseur savait-il que vous étiez vivante ?— Non.— Isaac Lambert vous a-t-il retenue ?— Non. Isaac m’a sauvée, protégée et aidée à revenir lorsque j’ai enfin pris cette décision.— Êtes-vous mar
POV de FernandJe suis rentré chez moi six jours après l’incendie.Le médecin avait prescrit du repos. Tess avait transformé cette recommandation en surveillance militaire.— Tu ne montes pas l’escalier seul.— J’ai des béquilles.— Tu as aussi une tendance au désastre.Arthur a approuvé depuis le salon.Manon attendait près de la porte avec Julien et Alice. Elle avait dormi à l’hôpital chaque nuit, mais je ne savais toujours pas si elle resterait dans la maison.Julien s’est approché avec un petit paquet.— C’est ta montre.Le cadran était fendu.— Elle est tombée quand je cherchais le téléphone pour appeler maman.— Tu n’es pas blessé ?— Non.— Alors la montre n’a aucune importance.Il m’a étudié.— Avant, tu aurais crié.— Probablement.— Tu vas en acheter une autre ?— Non. Je vais faire réparer celle-ci.— Même avec la fissure ?— Surtout avec la fissure.Il a paru satisfait.Le soir, après le départ de mes parents et le coucher des enfants, j’ai trouvé Manon dans notre ancienne
POV de ManonFernand a été conduit au bloc à deux heures du matin.Sa jambe n’était pas cassée, mais un éclat de bois s’était enfoncé près de l’artère. Les chirurgiens devaient également vérifier ses poumons après l’inhalation de fumée.— Ce n’est pas une opération à haut risque, m’a répété le médecin.Je l’ai entendu.Je ne l’ai pas cru.Dans la salle d’attente, Julien dormait contre Céleste. Son visage portait encore des traces de suie. Alice était arrivée avec Isaac et refusait de lâcher mon manteau.Tess marchait d’un mur à l’autre.Arthur était assis, les coudes sur les genoux, les mains jointes devant sa bouche. Je ne l’avais jamais vu aussi vieux.Isaac m’a tendu un café.— Bois.— Je ne peux pas.— Alors tiens-le. Tes mains tremblent.J’ai serré le gobelet.— Il est retourné vers moi.— Je sais.— Il aurait pu sortir avec Julien.— Oui.— Pourquoi il a fait ça ?Isaac m’a regardée.— Tu connais la réponse.Je me suis levée.— Ne me dis pas que c’est romantique. Il a failli mou
POV de FernandQuand la poutre est tombée, je n’ai pas senti la douleur tout de suite.J’ai vu Manon passer par la fenêtre.C’était suffisant.Puis le bois en feu a écrasé ma jambe et l’air a quitté mes poumons.De l’autre côté du mur de flammes, elle criait mon nom.Je me suis couché sur le sol pour trouver un peu d’air. La fumée descendait déjà. Chaque respiration brûlait.J’ai essayé de soulever la poutre. Elle n’a pas bougé.Ma jambe était prise au-dessus de la cheville. Je pouvais encore bouger les orteils, mais chaque tentative faisait entrer une écharde plus profondément dans ma chair.J’ai cherché autour de moi. Le tabouret utilisé pour briser la fenêtre gisait à portée de main. Je l’ai tiré par un pied et frappé la poutre, une fois, puis deux. Le bois n’a presque pas bougé.La chaleur déformait l’air.J’ai revu Julien le jour de sa naissance, minuscule derrière la vitre de l’unité néonatale. J’avais posé un doigt contre le verre en promettant que rien ne lui arriverait. Cette
POV de ManonLe règlement de la boîte interdit aux employés de monter avec le PDG, et Maxime bloque les étages avec son badge. Si la cabine s'arrêtait ici, c'était uniquement parce que Fernand l'avait commandée.Les portes ont glissé. Fernand a balancé un regard circulaire dans le couloir, a ignoré
POV de ManonLe lendemain matin, j'avais les yeux gonflés. Mon plan était clair : descendre, parler à Fernand à jeun, régler le divorce et déménager tout de suite.Mais quand je suis arrivée en bas, le salon était vide.La gouvernante m'a dit qu'il était déjà parti travailler.Je devais y aller aus
POV de ManonJe suis rentrée à la villa en fin d'après-midi. En conduisant, je ne pensais qu'aux paroles d'Isaac. Divorcer proprement, sans faire de scandale et sans détruire la carrière de Fernand, c’était impossible. Mais je voulais encore y croire. Si on pouvait juste s'asseoir, signer les papie
POV de ManonIsaac a eu un petit mouvement de recul. Ses sourcils se sont froncés. Cinq ans comme ça, ce n'était pas un mariage, c'était de la colocation.— C'est extrêmement rare, a-t-il dit plus bas. Il y avait... un blocage ?Je me suis figée, complètement paumée.— Qu'est-ce que tu veux dire ?







