เข้าสู่ระบบIl eut un mince sourire, ce même mouvement infime des lèvres qui n’en était pas tout à fait un.
— J’ai appelé votre agence. Je leur ai dit que j’étais un client potentiel et que j’avais égaré votre carte. Ils ont été très coopératifs. — Vous avez menti. — J’ai optimisé la vérité. C’est une compétence professionnelle. Elle secoua la tête, partagée entre l’agacement et l’admiration. — Vous auriez pu me le demander directement. — Je n’étais pas sûr que vous accepteriez. Et puis, j’aime bien savoir à qui j’ai affaire avant de me dévoiler. — Et maintenant, vous savez ? — Maintenant, je sais. Mais je veux vous l’entendre dire. Je veux que vous me le donniez. Elle comprit. Ce n’était pas une question pratique. C’était un rituel. Une façon de sceller quelque chose, de lui faire franchir un pas, de transformer ce qui n’était encore qu’une rencontre en autre chose. Un consentement. Elle récita son numéro, lentement, en le regardant dans les yeux. Il ne le nota pas. Il l’écouta, simplement, puis hocha la tête. — Je ne promets rien, dit-il. Ma vie est faite de départs. Vous devez le savoir. Vous devez l’accepter. — Je sais. — Si vous attendez de moi une présence constante, des appels quotidiens, des weekends tranquilles, vous serez déçue. Je ne suis pas cet homme-là. Je ne le serai jamais. — Je n’attends rien. Je ne suis pas une femme qui attend. Il sourit. Le même sourire mince que la première fois, ce mouvement infime des lèvres qui transformait son visage sans le dérider vraiment. — C’est ce que je pensais, dit-il. Bonne nuit, Rebecca. — Bonne nuit. Elle monta dans le taxi. La portière claqua doucement, poussée par sa main à lui. Le taxi démarra. Elle se retourna. Il était toujours là, silhouette sombre sous le lampadaire, qui la regardait partir. Le trajet jusqu’à son appartement du onzième arrondissement dura une vingtaine de minutes. Elle les passa le front contre la vitre, à regarder défiler les rues de Paris sans les voir vraiment. Elle repensait à chaque phrase, chaque regard, chaque silence. Elle repensait à cette façon qu’il avait de la regarder, cette attention totale qui la faisait exister plus fort, plus intensément que d’habitude. Elle repensait à sa mise en garde : "Je ne promets rien." C’était honnête. C’était même la chose la plus honnête qu’un homme lui ait dite depuis longtemps. Et elle repensait à son explication pour le numéro. J’ai appelé votre agence. C’était logique. C’était presque banal. Mais c’était aussi un indice : cet homme ne laissait rien au hasard. Il préparait le terrain. Il avançait méthodiquement, comme s’il planifiait une opération. Elle rentra chez elle, se déshabilla dans le noir, se glissa dans son lit. Elle ne se lava pas le visage. Elle ne se brossa pas les dents. Elle voulait garder sur elle le souvenir de cette soirée, l’odeur du vin, le goût des mots qu’ils avaient échangés. Le lendemain, il n’appela pas. Elle n’était pas surprise. Il l’avait prévenue. Elle ne pouvait pas lui reprocher de ne pas appeler alors qu’il lui avait dit qu’il ne le ferait pas. Pourtant, malgré elle, elle vérifia son téléphone plusieurs fois dans la journée. Une fois en se levant. Une fois en arrivant au bureau. Une fois à la pause déjeuner. Une fois en sortant de sa réunion de quatorze heures. Une fois dans le métro du retour. Une fois avant de dormir. Rien. Le surlendemain, rien non plus.Ses mains remontèrent le long de ses mollets, s’attardèrent sur ses genoux, glissèrent sur ses cuisses. Elles s’arrêtaient parfois, repartaient, changeaient de direction sans logique apparente, juste pour la surprendre, pour l’empêcher d’anticiper. Elle ne savait jamais où il allait la toucher ensuite. Elle ne savait jamais si ce serait sa main, sa bouche, ou simplement son souffle. Et cette incertitude était délicieuse.Quand ses lèvres se posèrent sur son ventre, elle gémit. Un son rauque, incontrôlé, qui monta du plus profond d’elle sans qu’elle puisse le retenir. Il sourit contre sa peau, elle le sentit, et continua son chemin. Sa bouche remonta vers ses seins, s’attarda sur chaque mamelon avec une lenteur exaspérante, alternant succion et morsure légère, juste assez pour faire monter la tension sans jamais la libérer.— Tu veux que j’arrête ? murmura-t-il.— Non. Continue.— Tu veux que j’aille plus vite ?— Non. Comme ça. Continue comme ça.Il continua. Sa bouche et ses mains de
— Maintenant, dit-il, tu vas rester là. Sans bouger. Sans parler. Sans essayer de deviner ce que je vais faire. Tu vas juste sentir.— Et si je devine quand même ?— Tu ne devineras pas. C’est impossible. Tu ne sais pas ce que j’ai prévu.Elle entendit ses pas faire le tour du lit, s’arrêter derrière elle, repartir, revenir. Il se déplaçait sans bruit, comme toujours, et elle ne pouvait pas suivre sa trajectoire. Elle ne pouvait que tendre l’oreille, essayer de capter un indice, un froissement de vêtement, un souffle plus proche, une présence qui se rapprochait.Ses mains se posèrent sur ses épaules.Elle sursauta. Elle ne l’avait pas entendu approcher. Il était là, juste derrière elle, et ses doigts commencèrent à masser doucement ses trapèzes, à pétrir la chair tendue par des journées de travail et des nuits d’insomnie. Elle laissa échapper un soupir, laissa tomber sa tête en avant, et s’abandonna à la sensation.— Voilà, murmura-t-il. Détends-toi. Laisse-toi aller. Ce soir, tu n’as
Il était revenu.Trois jours après le matin vide, trois jours après le mot plié en deux sur la table de chevet, trois jours après avoir porté son collier de marques sous un col roulé en travaillant comme si de rien n’était, il était de nouveau là, debout sur le seuil de son appartement, une bouteille de vin à la main et ce sourire mince qui la faisait fondre à chaque fois.— Tu ne m’attendais plus, dit-il.— Je t’attends toujours.— Je sais. C’est pour ça que je reviens.Il entra, posa la bouteille sur la table de la cuisine, et la prit dans ses bras sans préambule. Il l’embrassa longuement, tendrement cette fois, sans l’urgence animale du retour précédent. C’était un baiser de retrouvailles paisibles, comme s’ils étaient un vieux couple qui se retrouvait après une journée de travail, et non deux amants qui ne s’étaient pas vus depuis soixante-douze heures et qui brûlaient de se toucher.— La mission était courte, dit-elle en se détachant de lui.— Très courte. Juste un aller-retour.
Il posa de nouveau ses lèvres sur sa peau, et continua son inventaire. Chaque marque reçut un baiser, une parole, une caresse. Il remonta le long de son dos, suivit la courbe de son cou, s’arrêta sur une trace plus foncée, juste sous l’oreille, là où la peau est la plus tendre.— Celle-ci, dit-il, c’est ma préférée. C’est la première que je t’ai faite. Quand je suis entré en toi et que tu as gémi. Tu ne sais pas à quel point j’aime ce son. Ce gémissement que tu fais quand je te prends.Il l’embrassa longuement à cet endroit, et elle sentit la chaleur de ses lèvres se répandre dans tout son corps. Elle ferma les yeux, se laissa aller contre lui, s’abandonna à cette sensation d’être adorée et possédée en même temps.Puis il releva la tête, et dans le miroir, il la regarda avec une expression étrange, presque grave.— Tu es sucrée, dit-il. Même quand tu brûles. Même quand tu cries. Même quand tu portes mes marques sur ta peau. Tu restes sucrée. C’est ça qui me rend fou.— Sucrée comment
Elle leva la main, effleura du bout des doigts une marque sur son cou, juste sous l’oreille. La peau était sensible, légèrement gonflée. Elle appuya doucement, sentit une douleur sourde, délicieuse, qui se répercuta dans tout son corps. Elle ferma les yeux et revit la scène. Lui, contre elle, sa bouche sur sa gorge, ses dents qui mordillaient la peau tendre, sa langue qui apaisait la morsure aussitôt après. Il avait gémi contre son cou, un son rauque, presque animal, et elle avait répondu en se cambrant sous lui, en offrant sa gorge, en demandant plus.— Tu es réveillée.La voix la fit sursauter. Elle rouvrit les yeux et le vit dans le miroir, debout derrière elle, dans l’encadrement de la porte de la salle de bains. Il était nu, le corps encore marqué par le sommeil, les cheveux en bataille, la barbe naissante qui ombrait ses joues. Il la regardait avec une intensité tranquille, ce regard sombre qui semblait toujours voir plus loin que ce qu’elle montrait.— Depuis quelques minutes,
Il était revenu. Il l’avait prise contre le mur du couloir, sans un mot, en grognant, comme un guerrier qui retrouve sa femme après la bataille. Et elle avait aimé ça. Trop, peut-être. Assez pour en redemander. Assez pour ne plus pouvoir se passer de lui.Elle ne savait pas que cette addiction qu’elle cultivait comme une plante rare était en train de l’étouffer. Elle ne savait pas que ce plaisir qu’elle buvait à grandes gorgées était un poison lent, distillé par un homme qui savait exactement comment rendre ses proies dépendantes avant de les abandonner.Pour l’instant, elle savait juste qu’il était là. Et cela lui suffisait.***Le jour s’était levé sans qu’ils s’en aperçoivent. La lumière du matin filtrait à travers les rideaux, pâle et laiteuse, dessinant des rectangles dorés sur le parquet de la chambre. Rebecca émergea lentement du sommeil, le corps lourd, les membres engourdis, comme après un long voyage. Elle mit quelques secondes à se rappeler où elle était, ce qui s’était pas







