เข้าสู่ระบบMon cœur s'accélère. Je m'assieds sur la chaise qu'il me désigne, les jambes soudain faibles. Depuis des semaines, je vis dans une peur diffuse, une menace omniprésente mais vague, sans contours précis. L'idée que Lorenzo ait mené sa propre enquête, qu'il ait pris des risques pour moi, me bouleverse et m'effraie à la fois.— Montre-moi.Il s'assied à côté de moi, nos épaules se touchent. Il prend un premier document, un plan d'architecte représentant un vaste bâtiment que je ne reconnais pas.— La Confrérie des Sacs n'est pas juste un groupe de fanatiques qui s'amusent à terroriser les femmes trop
Le soleil continue sa course dans le ciel romain. Les bruits du chantier voisin s'intensifient. La journée commence, avec ses obligations, ses dangers, ses mensonges nécessaires.Mais je ne fuis pas.Je reste assise sur cette paillasse, dans cette chemise trop grande qui sent le savon et la pierre, et je regarde l'homme que j'aime ranger les restes du petit déjeuner. Je reste parce que je choisis de rester. Parce que l'amour n'est pas une prison. Parce qu'il est ma liberté.Alessandro m'attend quelque part. La Confrérie me traque. Le Marquis Noir rôde peut-être encore. Ma vie est un champ de ruines peuplé de fantômes.
Ce n'est pas une question. C'est un constat. Deux mots qui contiennent tout le poids de la réalité que nous avons essayé d'oublier cette nuit.— Oui. Mon mari.Le silence retombe. Lourd. Chargé. La main de Lorenzo s'est immobilisée sur ma joue. Il ne la retire pas, mais elle est devenue inerte, comme si toute son attention était mobilisée ailleurs, dans un dialogue intérieur que je ne peux pas entendre.— Il t'attend.Encore un constat. Pas une accusation. Pas un reproche. Juste l'énoncé d'un fait que nous connaissons tous les deux, que nous avons choisi d'ignorer le temps d'une nui
Je le regarde.Je n'ai jamais pris le temps de regarder un homme dormir. Les nuits que j'ai passées avec d'autres étaient des nuits de travail, des performances où il fallait être parfaite jusqu'au bout, où il fallait partir avant l'aube pour ne pas avoir à affronter la gêne du réveil, les corps qui se découvrent à la lumière crue du jour, les illusions de la nuit qui s'effritent.Ce matin, je reste. Et je regarde.Ses cheveux roux sont une explosion désordonnée sur l'oreiller de fortune, emmêlés par mes doigts, par nos étreintes, par la sueur de la nuit. Quelques mèches retombent sur son front, cachant à dem
Quand j'ouvre enfin les yeux, il me regarde. Son visage est illuminé d'une joie pure, presque enfantine. Il a réussi. Il m'a donné ce que personne ne m'avait jamais donné. Et il en est heureux, simplement heureux, sans orgueil, sans vanité.— Maintenant, dis-je en posant ma main sur sa joue. Maintenant, viens en moi.Il obéit. Il se positionne au-dessus de moi, et je guide son sexe jusqu'à mon entrée. Il est chaud, lourd, vibrant de désir contenu. Il pousse doucement, lentement, me laissant le temps de m'adapter à lui, de l'accueillir, de l'envelopper.Quand il est enfin tout entier en moi, il s'immobilise. Son front tombe contre le mien. Ses yeux sont fe
La lumière des braises caresse ma peau, dessine des ombres mouvantes sur mes courbes, allume des reflets d'ambre dans mes cheveux défaits. Je devrais avoir peur. Je devrais vouloir me cacher. J'ai passé ma vie à être regardée, mais jamais comme ça. Jamais par des yeux qui voient au-delà de la surface.Il me regarde. Longuement. Silencieusement. Ses yeux verts parcourent mon corps comme on parcourt un paysage aimé, s'attardant sur chaque détail, chaque vallée, chaque colline. Il ne dit rien, mais son regard dit tout. Il dit la beauté qu'il voit. Il dit le désir qu'il ressent. Il dit le respect qu'il me porte.— Tu es...Sa voix s'étrangle. Il ne trouve pas les mots. Il secoue légèrement la tête, comme pour dire qu'aucun mot ne serait à la hauteur.Puis il s'agenouille de nouveau.Et il pose ses lèvres sur mon ventre.Le contact est doux, presque révérencieux. Un baiser de pèlerin devant une icône sacrée. Ses lèvres sont chaudes, légèrement rugueuses, et la tendresse de ce geste , lui,
La main de Lorenzo Morosini sur mon gant est moite, possessive. Je laisse mes doigts reposer avec une docilité feinte, jouant la comtesse impressionnée par l'attention d'un si illustre patricien. Son bras n'a pas la solidité de pierre de Raphael, mais une raideur tendue, celle d'un homme qui se cro
RaphaelLe retour au palais est une opération furtive, menée dans les coulisses de la nuit. Giulia, enveloppée dans un manteau sombre et sec que l'un de mes hommes a apporté, grelotte contre moi. Son frisson n'est plus seulement dû au froid ; c'est la réaction du corps après l'adrénaline et la peur
RaphaelLa pièce sent encore son parfum. Un mélange enivrant de jasmin et de défi. Ce n’est plus l’odeur de la jeune fille en cage que j’ai rencontrée il y a des semaines de cela. C’est l’arôme d’un pouvoir naissant, sauvage et décomplexé. Celui d’une reine qui apprend à se servir de sa couronne co
GiuliaLa nouvelle de nos fiançailles se répandit dans Venise comme une marée noire. Elle ne fut pas annoncée par des cris de joie ou des fanfares, mais par un silence lourd, puis par un chuchotement glacial qui glaça les canaux. La Fille de Venise et le Loup des Mers. L’alliance de la soie et du s







