ANMELDENIl me tient dans ses bras. Il est doux, maintenant. Ses mains caressent mes cheveux, mon dos, mes fesses là où il a frappé.
-- Ça va ? murmure-t-il.
-- Oui.
-- Tu as mal ?
-- Oui. Mais c'est bon.
-- Tu es belle, Camille. Comme ça. Brisée. À moi.
Il a raison. Je suis brisée. Et je suis à lui. Complètement, totalement, irrémédiablement à lui.
FloreLe septième jour est celui de la Genèse.Il est assis au bord du lit, le dos appuyé contre la tête de lit en cuir blanc. La sueur de notre dernier assaut sèche lentement sur nos peaux, rendant le contact de ses poils de torse collant contre mon dos. Je suis assise entre ses jambes, abandonnée contre son torse. Son sexe, encore gluant de nos fluides, repose contre le bas de mes reins, une présence lourde et calmée.La table de chevet est un champ de bataille miniature : un verre d’eau vide, un tube de gel intime, des miettes d’un croissant mangé à la hâte entre deux coïts, mon téléphone éteint depuis cinq jours. Et mon rouge à lèvres. Un tube de Dior, rouge cramoisi, "Rouge 999". La couleur du pouvoir.— Il nous faut de nouvelles règles, murmuré-je, ma voix enrouée par des nuits de mur
GabrielLa lumière du septième jour est différente. Elle filtre à travers les rideaux de la chambre, non plus comme une lame, mais comme une caresse tiède. Le monde extérieur a cessé d'exister. Il n'y a plus de bureau, plus de scandale, plus de guerre. Il n'y a que cette chambre, ces draps froissés qui sentent le sexe et la sueur, et le corps de Flore contre le mien.Nous ne nous sommes presque pas levés. Le temps s'est dilué, mesuré non pas en heures, mais en orgasmes, en confessions, en silences partagés. Chaque fois que nous pensions avoir touché le fond de l'autre, nous découvrions une nouvelle profondeur, un nouveau secret, une nouvelle douleur à panser avec la langue et les doigts.Elle est allongée contre moi, sa tête dans le creux de mon épaule, sa jambe nue entremêlée aux miennes. La moiteur de sa peau contre la mienne est une présence constante, rassurante. Mon sexe est au repos, engourdi, repu, mais pas endormi. Il ne dort jamais vraimen
Ma voix est étrangère à mes propres oreilles douce, fragile, suppliante. La voix de la femme que j'ai toujours cachée sous l'armure, la voix de celle qui aime et qui a peur, qui désire et qui espère.Il acquiesce, sans un mot. Il écarte légèrement les cuisses, m'invitant à me placer entre elles. Je me glisse au-dessus de lui, nos ventres se touchant, nos poitrines s'écrasant l'une contre l'autre. Mon sexe humide se pose sur le sien, sans le prendre encore, juste pour sentir sa chaleur, sa dureté, sa vie contre ma chair.Je plonge mes yeux dans les siens. Ses pupilles sont dilatées, énormes, mangeant l'iris brun. Son souffle est rapide, mais contrôlé. Il ne me précipite pas. Il ne me force pas. Il attend, les mains posées à plat sur le matelas, comme pour me prouver qu'il ne cherchera pas à m'imposer quoi que ce soit.Alors, doucement, sans me presser, je descends sur lui.Son sexe me pénètre avec une lenteur incroyable, millimètre par millimètre. Je le sens s'enfoncer en moi, combler
Mon érection est là, constante, presque douloureuse. Mais je ne bouge pas. Je ne la touche pas. Je ne fais pas un geste vers elle. Je reste immobile, les bras le long du corps, offert à son regard.— Qu'est-ce que tu fais, Gabriel ?Sa voix est un murmure enroué, presque méfiant. Elle ne comprend pas. Elle ne peut pas comprendre — pas encore. Flore ne connaît que la guerre, la domination, la compétition. Elle ne connaît pas le don de soi, la vulnérabilité, la nudité de l'âme.— Je t'offre tout, Flore. Mon corps. Mes cicatrices. Mes défauts. Tout ce que je n'ai jamais osé te montrer. Tout ce que je cachais derrière l'autorité, le pouvoir, les maîtresses.Ma voix est rauque, étranglée par une émotion que je ne contrôle plus. Je fais un pas vers elle, puis un autre, toujours nu, toujours
Ce sont les premiers mots d'amour que je lui dis. Vraiment. Sans honte, sans peur, sans retenue. Ils sortent de ma poitrine comme une évidence, comme une vérité que j'ai toujours sue et que je peux enfin prononcer.— Je t'aime aussi, Mélie. Depuis le premier jour. Depuis le premier regard. Depuis que tu es entrée dans ce bureau et que tu m'as offert ce café.Il rit doucement, un rire ému qui ressemble à un sanglot. Je ris aussi, et nos lèvres se retrouvent, se cherchent, s'embrassent encore.Mes mains s'attaquent aux boutons de sa chemise. J'en défais un, puis un autre, puis un troisième. Je veux sentir sa peau sous mes doigts, son torse contre mes seins, son cœur qui bat contre le mien. Lui aussi, il défait mon chemisier, avec des gestes maladroits et pressés, ses doigts tremblant d'impatience.Le taxi ralentit à un feu rouge, s'arr
MélieLe taxi attend devant l'entrée du parking, son moteur diesel ronronnant doucement dans la fraîcheur du soir. Un véhicule banal, une Peugeot noire aux sièges en tissu gris, mais pour moi, c'est un char d'or, un tapis volant, un vaisseau spatial. C'est le véhicule qui va m'emporter loin d'ici, loin de lui, loin de tout.Raphaël tient ma main, nos doigts entrelacés, serrés comme si nous risquions de nous perdre dans la foule. Mais il n'y a pas de foule. Juste le bitume mouillé, les lampadaires qui s'allument un par un dans la grisaille du soir, et le bruit lointain de la circulation sur les grands boulevards.Nous marchons vers le taxi, nos pas synchronisés, nos épaules qui se touchent. Ses affaires sont dans un sac de sport posé à l'arrière, à côté de mon petit sac à main. Les miennes tiennent dans une valise à







