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Chapter 439

last update Veröffentlichungsdatum: 22.10.2026 14:46:23

Les quatorze ans de Capucine

Le quinze octobre, Capucine eut quatorze ans. Dès l'aube, la maison s'agita de petits bruits furtifs : des pas dans le couloir, des chuchotements, des tiroirs qu'on ferme à la hâte. Quand elle descendit, un peu ébouriffée, la cuisine était pleine.

— Joyeux anniversaire ! crièrent d'une seule voix Camille, Malik, Gabriel, Julien, Léa, Gabin, Nour, et même Noé, qui poussa un cri qui ressemblait à un hourra.

— Merci, dit Capucine, un peu étourdie. Vous êtes là depuis l
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  • L'Antre du Lion   Chapter 440

    La veille du tilleulCe soir-là, quand la maison fut enfin silencieuse et que tout le monde fut couché, Capucine ressortit dans le jardin, la casquette de marin enfoncée sur la tête, un plaid sur les épaules. La nuit était claire, glacée, parcourue d'une brise fine qui sentait la fumée et la terre. Au-dessus du grand tilleul, les étoiles brillaient avec une netteté presque dure.— Tu ne dors pas, dit une voix, dans l'ombre.Capucine sursauta, se retourna. Sur le Banc de la Branche, enveloppé dans une couverture, Gabin tenait Noé endormi contre son épaule.— Tonton ! Tu m'as fait peur.— Pardon.— Tu ne dors pas non plus.— Lui ne dort pas, dit Gabin, en désignant le bébé. Alors je fais comme lui.— Il dort.— À cette seconde, oui. Mais c'est une trêve.— Tu veux que je le prenne ?— Non. Assieds-toi.Elle s'assit à côté de lui. Pendant un moment, ils restèrent ainsi, silencieux, regardant le jardin endormi. Les arbres, immobiles, se découpaient en masses sombres sur le ciel étoilé. Au

  • L'Antre du Lion   Chapter 439

    Les quatorze ans de CapucineLe quinze octobre, Capucine eut quatorze ans. Dès l'aube, la maison s'agita de petits bruits furtifs : des pas dans le couloir, des chuchotements, des tiroirs qu'on ferme à la hâte. Quand elle descendit, un peu ébouriffée, la cuisine était pleine.— Joyeux anniversaire ! crièrent d'une seule voix Camille, Malik, Gabriel, Julien, Léa, Gabin, Nour, et même Noé, qui poussa un cri qui ressemblait à un hourra.— Merci, dit Capucine, un peu étourdie. Vous êtes là depuis longtemps ?— Depuis six heures, dit Gabriel. Maman a dit qu'il fallait que ce soit une surprise.— C'est une surprise.— Vraiment ?— Je l'avais devinée, dit Capucine. Mais je fais semblant.— Tu es méchante, dit Gabriel.— Je suis diplomate.— C'est quoi, diplomate ?— Quelqu'un qui ment poliment, dit Malik.— Ce n'est pas du mensonge, protesta Capucine. C'est de la politesse.— Je ne vois pas la différence, dit Gabriel.— Moi non plus, dit Léa. Mais ça marche.Sur la table, au milieu des assie

  • L'Antre du Lion   Chapter 438

    Un anLe premier dimanche d'octobre, un an exactement après le matin gris où Gabin avait trouvé Noah immobile sous le grand tilleul, la famille se réunit au jardin, sans l'avoir décidé. Ils arrivèrent un à un, à des heures différentes, sans se concerter, avec cette tranquillité des gens qui obéissent à une évidence.— Tu es là aussi, dit Julien, en voyant Camille, assise sur le Banc de la Branche, un châle gris sur les épaules.— Je ne pouvais pas rester à la maison.— Moi non plus.— Léa ?— Elle prépare le café. Elle arrive.— Elle fait toujours du café quand elle est triste.— Elle fait toujours du café quand elle est heureuse aussi.— Alors elle en fait toujours, dit Camille.— Oui, dit Julien, avec un petit sourire.Un à un, ils s'installèrent sous l'arbre. Gabin, Nour avec Noé dans un porte-bébé, Théo, Lucie, Idris, Fatima. Madame Rey, qu'on était allé chercher en voiture, fut installée sur sa chaise verte, une couverture de laine sur les genoux. Capucine et Gabriel, enfin, arri

  • L'Antre du Lion   Chapter 437

    Les premiers mots de GabrielUn soir d'octobre, alors que la pluie battait contre les vitres, Gabriel fit irruption dans le salon en brandissant un cahier d'écolier, les joues rouges d'excitation.— Papa ! Maman ! Capucine !— Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Camille, qui était en train de plier du linge.— Je sais lire !— Tu sais lire ?— Un mot ! Je sais lire un mot !— Lequel ?— Je ne vous le dis pas. Vous allez le lire avec moi.Il posa le cahier sur la table basse, l'ouvrit à une page où, d'une écriture grosse et appliquée, l'institutrice avait tracé quelques lettres au feutre noir. Malik, Camille et Capucine se rassemblèrent autour, intrigués.— Je vous montre, dit Gabriel, en posant son index. M…— M, dit Capucine.— E… R…— Mer, dit Malik.— Non, dit Gabriel, un peu vexé. Il y a encore une lettre.— Laquelle ?— Un L. Un L comme une jambe. Puis un E.— Merle, dit Camille, doucement.— MERLE, cria Gabriel, triomphant. J'ai lu merle !— C'est ton premier mot, dit Capucine.

  • L'Antre du Lion   Chapter 436

    Les câpres de MarieLe dimanche suivant, madame Rey tint parole. Elle arriva au jardin à pas comptés, appuyée sur le bras de Gabin, un petit panier de jonc sous le bras. Dans le panier, il y avait des bocaux vides, un grand torchon blanc, une fiole de vinaigre et un petit carnet à couverture noire, qu'elle serrait contre elle avec une jalousie farouche.— Où est-ce qu'on s'installe ? demanda-t-elle.— Sur le Banc de la Branche, dit Camille. Il y a du soleil.— Le soleil ne m'intéresse pas. Il me faut une table.— On a la table pliante.— Elle est bancale.— On la calera.— Alors installez-la près du coin de Marie, dit madame Rey. Là où il y a les capucines.Capucine, qui était venue aider, dressa la table pliante, glissa un carton sous un pied pour la stabiliser. Madame Rey s'assit sur sa petite chaise verte, posa son panier, ouvrit son carnet à la première page.— Vous avez cueilli les boutons ? demanda-t-elle.— Un plein saladier, dit Capucine.— Montrez.Capucine apporta le saladie

  • L'Antre du Lion   Chapter 435

    Une bonne nouvelleLe vendredi soir, Théo et Lucie invitèrent leurs amis à dîner dans la petite maison qu'ils habitaient à l'orée du village. Il y avait de la tarte, du cidre, une bougie au centre de la table. Les convives étaient peu nombreux : Camille et Malik, Gabin et Nour, Idris, et Fatima, drapée dans son éternel châle.— Vous avez un air bizarre, dit Idris, en prenant place.— Quel air ? demanda Lucie, innocente.— Celui de quelqu'un qui cache un secret.— On ne cache rien.— Vous avez l'air de deux enfants qui ont fait une bêtise.— On n'a pas fait de bêtise, dit Théo. On a fait un projet.— Quel projet ?— On attend de voir si tout le monde a bien faim, dit Lucie.— Moi, j'ai toujours faim, dit Gabin.— Alors attends encore un peu.Le dîner commença dans la bonne humeur. Fatima raconta une histoire de marché, où elle avait vendu trois fois le même foulard à la même cliente. Idris, hilare, renversa son verre. Camille essuya la table en riant. Au moment du dessert, Lucie se lev

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