เข้าสู่ระบบMario avait apporté les plats avec la fierté solennelle d'un artiste dévoilant son œuvre maîtresse. Le risotto de Clara était crémeux, parfumé, exactement comme promis. Elle mangea avec un appétit qui la surprit elle-même, savourant chaque bouchée sans culpabilité, sans cette sensation désagréable de trahir quelque chose en prenant du plaisir.
Vincent l'observait di
Elena s'endormit à vingt-deux heures trente.Thomas l'entendit à la façon dont sa respiration changea de rythme depuis le salon — ce souffle qui s'apaisait, se régularisait, devenait cette longue marée tranquille du sommeil profond. Il attendit encore vingt minutes par précaution, le temps de finir son verre, de regarder sans le voir un reportage sur la télévision allumée en sourdine.Puis il se leva, enfila son blouson sans faire de bruit, prit ses clés sur le comptoir de la cuisine.Il avait dit à Elena en se couchant qu'il avait peut-être un investisseur à rappeler tard — un contact de la côte qui travaillait sur des fuseaux horaires décalés. Elena avait hoché la tête avec cette neutralité nouvelle qu'elle avait depuis la réconciliation — pas de questio
Le chantier sentait la chaux fraîche et le diesel.Clara avait posé son casque sur le bureau provisoire de la cabane de chantier, les cheveux attachés en arrière à la va-vite, un plan grand ouvert sous ses yeux. Marc faisait les cent pas en mâchouillant un stylo.— Ferrara ne veut rien lâcher sur l'étanchéité du niveau trois, dit-il en s'arrêtant net. Il soutient que les évacuations actuelles suffisent. Si on ne rectifie pas maintenant, on aura des infiltrations aux premières grosses pluies.— Je sais, dit Clara sans lever les yeux de ses cotations. C'est pour ça qu'on y va avec les chiffres du Bureau d'Études thermique. Il ne pourra pas contrer des calculs certifiés.Elle prit son carnet et se redressa.— Viens. On le trouve avant sa pause de
La journée avait été longue.Ferrara avait passé l'après-midi à contester les choix de matériaux pour la façade du bâtiment B avec une obstination de vieux marin qui refuse de changer de cap par principe. Clara had tenu bon deux heures, cédé un point mineur pour garder l'essentiel, et s'était retrouvée à dix-neuf heures avec une migraine sourde derrière les yeux et Marc affalé sur une chaise de chantier qui disait qu'il ne sentait plus ses jambes.— On mange à l'hôtel ? proposa-t-il.— Non, dit Clara. J'ai besoin d'air.Elle pensa à la trattoria. Celle du quai, avec le store rouge et les deux lauriers en pot. Elle y était allée avec Vincent des mois plus tôt — le
Quand Thomas arriva à Porto Mina, le soleil commençait à peine à mordre les façades blanches du vieux port. Il gara la berline sur le parking de la marina, coupa le moteur, et resta assis un moment les mains sur le volant à regarder la mer qui prenait sa couleur du matin — ce bleu sombre et froid qui deviendrait turquoise dans deux heures.Il avait quitté tôt, vraiment tôt.Elena arriva au café du port à dix heures.Thomas était déjà là. Assis en terrasse malgré le froid, les mains autour d'un café qu'il n'avait pas touché, les yeux sur la mer. Il portait un jean et une veste simple — pas de costume. Elle le vit depuis le trottoir avant qu'il ne la voie, et elle s'arrêta une seconde sans qu'il s'en aperçoive.Il avait l'air &eacut
La chambre du Méridien buvait l'obscurité du port par larges bandes vitrées.Après une journée entière passée à arpenter la poussière du chantier, à ferrailler intelligemment avec Ferrara et à respirer le vent salé de la falaise, Clara venait enfin de s'affaler dans ce silence ouaté. Elle était restée un moment figée face à la grande baie vitrée, happée par ce spectacle nocturne : une frange de lumière électrique qui tremblotait sur l'eau noire avec la régularité d'un pouls. Elle avait poussé un battant pour aspirer une dernière bouffée d'iode brut, l'avait refermé presque aussitôt face à la morsure du vent, mais avait laissé les rideaux grands ouverts. Qu'on voie la nuit. Qu'on la respire, même à travers le
Le vol décollait à six heures cinquante.Clara était à l'aéroport de Valderia à six heures et quart, sa valise en cabine calée sous sa main et sa sacoche de dossiers lourde sur l'épaule. Marc arriva trois minutes après elle, essoufflé, avec ce sourire légèrement coupable de quelqu'un qui avait calculé son trajet de justesse.— J'ai le café, dit-il en brandissant deux gobelets comme une offrande.— Tu es pardonné, dit Clara.Ils embarquèrent parmi les derniers. Le vol dura quarante minutes — le temps que Clara finisse son café et relise ses notes sur Ferrara, le chef de chantier. Marc s'endormit dès le décollage avec cette facilité déconcertante qu'il avait de trouver







