เข้าสู่ระบบLorsque Anaïs rejoint la scène, le présentateur attend que les applaudissements retombent.— Avant de poursuivre, la Fondation Aurore souhaite clarifier les informations diffusées ces derniers jours.La salle se calme.— Cette robe a été entièrement dessinée par E.V. et réalisée sous sa direction. L’ancienne ambassadrice du gala est intervenue uniquement dans le cadre d’essayages en qualité de mannequin. Elle n’a participé ni à la création, ni au choix des matières, ni à la conception du modèle.La déclaration est brève. Elle ne prononce pas le nom de Camille, mais personne ne peut se méprendre.— La fondation a mis fin à cette collaboration. Nous remercions E.V. d’avoir maintenu son engagement malgré l’utilisation non autorisée de ses recherches.Au même instant, plusieurs journalistes publient déjà la citation.Le présentateur ne s’attarde pas sur la polémique.— Cet engagement ne s’arrête pas à la robe que vous voyez ce soir.Une femme vêtue d’un tailleur noir monte sur scène. Elle
La Fondation Aurore n’attend pas que le scandale prenne de l’ampleur.Dès le lendemain de la présentation chez LYS, le conseil se réunit à huis clos. À midi, l’agence de Camille reçoit une lettre mettant fin à son contrat d’ambassadrice ainsi qu’à sa participation au gala.La décision ne mentionne aucune accusation de plagiat. Elle se fonde sur des faits plus simples : Camille a utilisé des documents réservés à la communication d’un événement caritatif pour négocier une collection commerciale, puis elle a laissé entendre publiquement qu’elle avait participé à la conception de la robe.Son agent lui apporte la lettre en personne.— Ils ne peuvent pas faire ça trois jours avant le gala.Camille parcourt les deux pages, certaine de trouver une ouverture.&mdas
Camille se tourne vers Raphaël.Il n’a pas quitté sa place. Son visage ne laisse rien paraître, pourtant son regard s’est durci à mesure que les preuves apparaissent.— Raphaël, tu sais très bien que je ne volerais jamais le travail de quelqu’un.Il ne vient pas vers elle.— Je sais surtout que tu m’as fait venir pour donner du crédit à cette collection.Camille pâlit.— Ce n’est pas vrai. Je voulais seulement que tu voies ce que je suis capable de faire.Le regard de Raphaël se pose sur les planches derrière elle.— Je viens de le voir.Aucune colère dans sa voix, aucune scène qui puisse lui permettre de pleurer devant les caméras. Il lui retire simplement ce qu’elle était venue chercher : son soutien.Camille serre le micro entre ses doigts.— J’ai reçu ces documents légalement. On ne peut pas m’accuser de vol parce qu’un créateur anonyme regrette soudain de m’avoir donné accès à son travail.— Personne ne t’accuse encore, intervient le juriste de LYS. Nous suspendons la collaborati
Camille n’a pas l’intention de présenter sa collection devant une dizaine de salariés de LYS.Deux jours avant la réunion, elle transmet elle-même une liste d’invités à l’équipe chargée de l’événement : journalistes, photographes, influenceuses et acheteurs. Elle ajoute le nom de Raphaël tout en haut, sans préciser qu’il n’a pas encore accepté.Son agent découvre l’initiative lorsqu’un magazine annonce déjà leur apparition commune.— LYS avait prévu une présentation privée.— Ils me remercieront demain. Une collection sans presse n’existe pas.— Tu as également invité Raphaël.Camille ajuste la manche de son tailleur devant le miroir.— Il viendra.Elle lui a envoyé une invitation accompagnée d’un message soigneusement formulé : *Je sais que tu ne veux plus intervenir dans ma carrière. Je te demande seulement d’assister à ce que j’ai réussi sans toi.*Raphaël ne répond pas.Camille fait pourtant imprimer son nom s
Camille repousse les échantillons.— Si un artiste commence par se demander ce que le tissu permet, il ne crée plus rien. Il se limite. Mon rôle est de vous donner une vision, pas de vous expliquer comment tenir une aiguille.Personne ne lui rappelle qu’un directeur artistique doit au moins comprendre ce qu’il demande à son équipe.Claire referme le dossier.Elle propose de développer deux concepts entièrement nouveaux à partir du thème *Libre*, puis d’attendre le gala avant de signer le contrat définitif. LYS pourra ainsi clarifier la place réelle de Camille dans le projet Aurore.Camille comprend ce que la prudence de Claire dissimule.Ils ne croient plus qu’elle a participé à la robe.— Si vous attendez le gala, vous perdrez le seul moment où cette collection intéresse déjà le public.— Nous préférons retarder une annonce plutôt que promettre des vêtements que nous ne pouvons pas produire.— Vous pouvez au moins préparer les concepts numériques. Ils n’ont pas besoin d’être techniqu
Lorsque Camille revient chez LYS, elle s’attend à trouver un contrat sur la table.Claire Renaud, la directrice de collection, lui présente plutôt un calendrier provisoire. La plateforme veut d’abord définir son univers, lui constituer une équipe, puis développer quelques prototypes avant toute annonce publique.Le premier lancement n’aurait pas lieu avant six mois.— Dans six mois, la robe du gala ne sera plus un sujet, fait remarquer Camille.— C’est possible, mais nous ne pouvons pas construire une collection uniquement autour d’un article de presse.Claire lui demande un dossier personnel : quelques silhouettes, une direction visuelle et des indications permettant aux designers de comprendre ce qu’elle veut réellement créer.Camille feuillette les pages sans s’attarder sur les détails.— Vous l’aurez vend
Élodie pressa le téléphone contre son oreille, ses doigts s'enfonçant dans le métal froid. — Léonard ? C'est Élodie... Elle se décolla du mur, le dos endolori par la violence de la scène précédente. En se retournant, elle fixa une dernière fois la porte close. C'était fini. Cinq ans d'efforts p
Élodie resta clouée au sol, les paumes à plat contre le carrelage dont le froid remontait jusqu'à sa poitrine. Camille s'avança, une couverture en cachemire négligemment posée sur ses épaules frêles. Elle affichait ce sourire de façade, ce masque de "douceur" qui masquait une lame de rasoir. Derri
L'odeur. Ce n'était pas seulement celle du désinfectant industriel qui agresse les sinus, c'était ce relent de peur rance et de métal froid qui imprègne les murs des urgences. Élodie s'engouffra dans le hall de la Pitié-Salpêtrière, le souffle court, ses talons martelant le linoléum avec une régula
Le réveil n'avait pas encore sonné quand l'obscurité de la chambre commença à peser sur Élodie. Allongée immobile, les yeux fixés sur le plafond invisible, elle sentait chaque muscle de son dos protester contre la fatigue. La nuit avait été intense, une étreinte sans âme qui n'avait laissé derrière







