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CHAPITRE 101 : L'APPEL DU VIDE 2

مؤلف: Déesse
last update تاريخ النشر: 2026-03-28 22:53:00

Je prends une inspiration, une longue inspiration, comme on respire avant de plonger dans une eau glacée, avant de sauter dans le vide, avant de dire quelque chose qu'on ne pourra jamais reprendre.

— Parce que je ne peux pas rester loin de toi, murmure-je, et les mots sortent sans que je puisse les retenir, comme si mon corps avait décidé de parler sans demander la permission à mon esprit. Parce que je pense à toi tout le temps, pa

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  • L'ÉCLAT DE L'ABÎME    CHAPITRE 177 : Fin

    Ivy Le soleil se lève sur le manoir. Ses premiers rayons, doux et dorés comme du miel liquide, percent à travers les rideaux de voile de notre chambre, caressent le parquet ciré, les meubles anciens, les cadres d'argent posés sur la coiffeuse. Ils dansent sur les draps de soie froissés, sur nos deux corps nus et enlacés, formant des motifs mouvants de lumière et d'ombre. Je me réveille doucement, lentement, paresseusement, comme on émerge d'un rêve magnifique pour découvrir que la réalité est encore plus belle. Mes yeux s'ouvrent, et la première chose qu'ils voient, c'est le torse d'Alexander. Sa peau chaude, tannée par le soleil, contre ma joue. Son bras musclé qui m'enserre, protecteur même dans son sommeil le plus profond. Son visage, apaisé, rajeuni par l'abandon du sommeil, enfoui dans mes cheveux. Je ne bouge pas. Je retiens presque ma respiration. Je savoure cet instant de paix absolue, de bonheur pur, de grâce. Le monde peut bien s'écrouler dehors, le monde peut bien brûl

  • L'ÉCLAT DE L'ABÎME    CHAPITRE 176 : LE COUCHER

    Ivy La fête est finie. Les derniers invités sont partis depuis longtemps, leurs voitures ont disparu dans la nuit, leurs rires se sont éteints. Le manoir a retrouvé son silence majestueux, seulement troublé par le tic-tac de la grande horloge du hall et le crépitement des derniers feux dans les cheminées. Les enfants dorment, épuisés, dans leurs lits couverts de peluches et de livres de contes, leurs visages paisibles éclairés par la veilleuse. Dimitri et Amelia sont rentrés dans leurs ailes respectives, se soutenant l'un l'autre, leurs regards lourds de sommeil et de complicité. Alexander et moi sommes dans notre chambre, notre sanctuaire, le témoin de tant de nuits, de tant d'étreintes, de tant de confessions chuchotées dans le noir. La lumière de la pleine lune, énorme et ronde, filtre à travers la fenêtre ouverte, découpant des rectangles d'argent sur le parquet ciré. Le chant des grillons monte du jardin, une mélopée apaisante. Il est debout devant moi, il me regarde. Ses yeu

  • L'ÉCLAT DE L'ABÎME    CHAPITRE 175 : LA FÊTE

    Amelia Le jardin du manoir est méconnaissable, transfiguré, métamorphosé en un pays des merveilles grandeur nature. Ce qui était, hier encore, une pelouse calme et sereine, bordée de rosiers centenaires, est devenu un parc d'attractions miniature, une explosion de couleurs, de rires, de musique et de vie. Les dix ans d'Espérance et de Nicolas, ce double anniversaire que nous avons décidé, il y a des années, de toujours célébrer ensemble. Dix ans. Une décennie entière. Un cap symbolique, un anniversaire que nous voulions marquer au fer rouge dans leurs mémoires d'enfants. Des barnums blancs, immenses, ont été dressés sur la pelouse, leurs toiles claquant doucement dans la brise estivale. À l'intérieur, des tables couvertes de nappes blanches croulent littéralement sous les buffets, les pyramides de petits fours, les montagnes de cupcakes multicolores, les tours de bonbons et de chocolats. Un chapiteau de cirque rayé rouge et blanc a été monté près du grand chêne centenaire, son mât

  • L'ÉCLAT DE L'ABÎME    CHAPITRE 174 : LA LETTRE

    Ivy Dehors, la tempête de neige fait rage. Le vent hurle comme une meute de loups affamés, les flocons tourbillonnent et s'écrasent contre les vitres du manoir avec une violence désespérée. Mais à l'intérieur, tout est calme, tout est chaud, tout est protégé. Le feu crépite dans la cheminée du petit salon de notre aile, projetant des ombres dansantes sur les murs tapissés de livres. Les enfants dorment dans leurs lits, bordés par leur père après l'histoire du soir. Alexander lui-même s'est endormi, je l'ai laissé dans notre chambre, son visage apaisé enfoncé dans l'oreiller. Moi, je ne dors pas. Je ne peux pas dormir. Une agitation intérieure, un besoin irrépressible d'écrire, m'a saisie à la gorge et ne me lâche plus. Quelque chose qui doit sortir, qui doit être formulé, qui doit être exorcisé. Je suis assise dans le vieux fauteuil de cuir, devant le feu qui danse. J'ai posé sur mes genoux un sous-main de cuir, une feuille de papier vélin, un stylo-plume en ébène que Dimitri m'a

  • L'ÉCLAT DE L'ABÎME    CHAPITRE 173 : LE BILAN

    Alexander Le silence de mon bureau est absolu. Un silence de cathédrale, de tombeau, de sanctuaire. Les murs sont tapissés de livres anciens que j'ai lus et relus, de tableaux de maîtres que j'ai collectionnés au fil des ans. Mais ce n'est pas vers eux que mon regard se tourne. Mon regard est aimanté par les photos. Des dizaines de photos, dans des cadres d'argent et de cristal, qui ont envahi mon espace de travail au fil des années, repoussant les dossiers financiers, les contrats internationaux, les rapports stratégiques. Une révolution silencieuse, une conquête de l'amour sur le pouvoir. Il y a la photo de notre mariage, Amelia et moi, sortant de la petite chapelle sous une pluie de pétales de roses blanches. Je me souviens de chaque détail, du bruit du loquet, du parfum des cierges, de ses yeux noyés de larmes de joie. Il y a la photo de la naissance d'Espérance, cette petite chose fripée, rouge, braillante, que j'ai tenue dans mes bras tremblants en pleurant comme un enfant.

  • L'ÉCLAT DE L'ABÎME    CHAPITRE 172 : LA PASSION RETROUVÉE

    Dimitri Le salon est baigné d'une lumière dorée, tremblante, celle des centaines de bougies qui dansent sur les meubles anciens, qui se reflètent dans les miroirs, qui font scintiller les cristaux des verres abandonnés. La fête est finie depuis longtemps, les invités sont partis, les enfants sont couchés, et pourtant, ils sont encore là, Alexander et Amelia, à danser au milieu de la pièce vide comme si le temps n'existait pas. Je les regarde, appuyé contre le chambranle de la porte, un verre de whisky oublié dans la main. Je les regarde, et je suis ému, profondément, viscéralement. Alexander, mon ancien rival, mon frère d'armes et de cœur. Amelia, cette femme que j'ai aimée, que j'ai perdue, que j'ai retrouvée sous les traits d'une autre. Ils dansent, leurs corps vieillissants bougent avec une grâce qui défie le temps, leurs regards sont rivés l'un à l'autre, et le monde autour d'eux n'existe plus. Ils ne se parlent pas, ils n'ont pas besoin de mots, leurs corps se disent tout, leu

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