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Chapitre 19 — Le frisson

last update Veröffentlichungsdatum: 26.07.2026 08:37:40

William

La Bentley est garée au coin de la rue, moteur éteint, vitres embuées. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là. Une heure, peut-être deux. Assis dans le noir, les mains crispées sur le volant, à fixer la devanture blanche de cette boutique dont je ne peux pas m'éloigner.

The Silences.

Quel nom absurde. Quel nom prétentieux. Une pâtisserie qui s'appelle Le Silence, comme si le silence était quelque chose qu'on pouvait goûter, quelque chose
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  • Le contrat du milliardaire    Chapitre 20— Qui êtes-vous ?

    ClaraIl pleut sur Notting Hill. Une pluie fine et glacée, de celles qui s'infiltrent partout, qui collent les vêtements à la peau, qui font briller les trottoirs comme des miroirs. La boutique est vide. Ce soir, pas de clients retardataires, pas d'habitués qui s'attardent. Rien que la pluie, le silence, et mes mains qui essuient le comptoir pour la troisième fois, un geste mécanique, inutile, juste pour m'occuper l'esprit.La clochette tinte.Je ne me retourne pas tout de suite. Je sais que c'est lui. Je le sens, comme on sent un orage approcher. Cette électricité dans l'air, cette tension dans ma nuque, ce frisson qui n'appartient qu'à lui. Je pose mon torchon, lentement, et je me tourne.Il est là. Sur le seuil, trempé de pluie, les cheveux collés au front, le manteau ruisselant. Il n'a pas de parapluie. Il n'a pas l'air de s'en soucier. Ses yeux sont deux braises noires, ardentes, fixées sur moi avec une intensité qui me cloue sur pl

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    WilliamLa Bentley est garée au coin de la rue, moteur éteint, vitres embuées. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là. Une heure, peut-être deux. Assis dans le noir, les mains crispées sur le volant, à fixer la devanture blanche de cette boutique dont je ne peux pas m'éloigner.The Silences.Quel nom absurde. Quel nom prétentieux. Une pâtisserie qui s'appelle Le Silence, comme si le silence était quelque chose qu'on pouvait goûter, quelque chose qu'on pouvait acheter. Et pourtant. Pourtant, ce gâteau. Cette meringue absurde que je n'ai même pas touchée, que je n'ai même pas goûtée, et dont je ne peux pas oublier le parfum. Vanille et sel. Amer et doux. Comme elle. Comme cette femme aux yeux verts qui me regarde comme si elle connaissait mon âme.Je ne sais pas qui elle est. Je ne sais pas pourquoi son visage me rend malade, pourquoi sa voix me donne envie de pleurer, pourquoi ses doigts m'ont brûlé la peau comme un fer rouge.

  • Le contrat du milliardaire    Chapitre 18 — L'homme au manteau noir

    Clara Je ne dors pas cette nuit-là. Je reste assise dans le noir, sur le lit étroit de mon studio, les genoux remontés contre la poitrine, à fixer la fenêtre sans la voir. L'alliance de William est chaude contre ma peau. Je la serre dans ma paume, je la presse contre mes lèvres, je la frotte comme un talisman qui pourrait effacer ce qui vient de se passer. Mais rien ne s'efface. Son visage est gravé derrière mes paupières. Son regard vide. Sa voix sourde. Ce tremblement dans ses doigts quand nos peaux se sont touchées. Il n'a pas changé. Il a changé. Il est le même, mais il est autre. Le garçon que j'aimais avait des yeux qui brillaient, un rire qui éclatait, une chaleur qui irradiait. L'homme qui est entré dans ma boutique est une statue de marbre, un glacier, un mort-vivant. Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? Qu'est-ce que ton père t'a fait pour transformer le soleil en bloc de glace ? Je n'ai pas de réponse. Rien que des questions qui tournent en boucle, un manège épuisant qui ne s'

  • Le contrat du milliardaire    Chapitre 17 — La boutique

    ClaraL'inauguration est un succès modeste. Le quartier est venu, par curiosité, par politesse, par amour du sucre. Des retraités qui promènent leur chien, des jeunes mères qui poussent des poussettes, des artistes fauchés qui cherchent un endroit où traîner l'après-midi. Ma vitrine est sobre, quelques religieuses à la violette, des tartelettes au citron meringuées, des éclairs au chocolat dont la glaçure brille comme un miroir. Et au centre, sur un présentoir en ardoise, le gâteau signature.Le silence.Une meringue à la vanille de Madagascar, légère comme un baiser, qui fond sur la langue en libérant une pointe de fleur de sel. Amère-douce. Contradictoire. Comme moi. Comme tout ce que j'ai vécu. Je l'ai créée à Paris, un soir de mal du pays, dans la cuisine de mon studio du Marais. Il pleuvait, comme toujours à Paris, et j'avais le cœur si lourd que je n'arrivais pas à dormir. Je me suis levée, j'ai sorti les œufs, le sucre, la vanille. J'ai battu les blancs en neige jusqu'à ce que

  • Le contrat du milliardaire    Chapitre 16 — Sept ans après

    ClaraKing's Cross, un matin d'octobre. La brume s'accroche aux façades de brique comme une haleine froide. Le train s'immobilise dans un soupir hydraulique. Je ne bouge pas tout de suite. Je reste assise, le front contre la vitre, à regarder le quai défiler au ralenti avant de s'arrêter tout à fait. Londres. Sept ans. Sept années entassées dans deux valises et un cœur qui bat trop vite. Les haut-parleurs crachotent des annonces incompréhensibles, les voyageurs se lèvent dans un tumulte de sacs et de manteaux. Je devrais me lever aussi, prendre mes affaires, descendre. Mais mes jambes refusent. Quelque chose en moi, une corde tendue, vibre d'un pressentiment que je ne veux pas nommer.Je suis revenue pour enterrer mes fantômes. C'est ce que je me répète depuis que j'ai acheté ce billet, il y a trois mois, dans une agence de la rue de Rivoli. Enterrer les fantômes, ouvrir une boutique, prouver au monde que Clara Vane n'est pas morte ce jour-là, à Heathrow, un billet froissé à la main.

  • Le contrat du milliardaire    Chapitre 15 — Le mensonge gravé 2

    Mon père approche une chaise de mon lit, s'assoit, croise les jambes dans un mouvement parfaitement maîtrisé. Son regard parcourt mon visage tuméfié, mes bras bandés, les machines qui m'entourent, et il esquisse un sourire. Un sourire froid, qui n'atteint pas ses yeux. — William. Content de te revoir parmi nous. Tu nous as fait une de ces peurs. Mais les médecins disent que tu te remettras complètement. La mémoire peut prendre un peu de temps, c'est normal après un tel choc. Sa voix est un miel empoisonné, lisse, rassurante, paternelle. Mais je ne suis pas dupe. Quelque chose en moi, un instinct enfoui sous les couches de sédatifs et d'électrochocs, se hérisse. Chaque parole de cet homme est un piège. Chaque sourire est une lame. Je le sais sans savoir pourquoi. — Que... que s'est-il passé ? Ma voix est un croassement pathétique, hachuré, à peine intelligible. L'accident... le camion...

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