เข้าสู่ระบบSes mains glissent sous mon pull, remontent sur ma peau nue. Je frissonne, et ce n'est pas seulement à cause du froid. Ses doigts sont chauds, fébriles, et ils me parcourent comme s'il apprenait une carte, comme s'il voulait mémoriser chaque centimètre de ma peau. — Ne bouge pas, dis-je en le poussant doucement vers le lit. Laisse-moi faire. Il s'allonge sur le lit étroit, le souffle court, les yeux brillants. Je grimpe à califourchon sur lui, prenant soin de ne pas peser sur ses blessures. Mes mains se posent sur sa poitrine, légères, prudentes. — Ne bouge pas, répète-je. Laisse-moi faire. Il hoche la tête, ses mains se posant sur mes hanches. Je commence à onduler, lentement, en le regardant dans les yeux. Le contact de son corps sous le mien est différent de celui de Léonora, plus dur, plus anguleux, plus masculin. Mais il est bon. Il est juste. Il est lui. —
Nous arrivons au manoir alors que l'aube commence à poindre, grise et silencieuse. Les braseros brûlent encore dans la cour, et des agents en faction se précipitent pour ouvrir les grilles. Léonora nous attend sur le perron, vêtue de son manteau noir, les bras croisés. Son visage est fermé, mais je vois la tension qui noue sa mâchoire, la façon dont ses doigts s'enfoncent dans ses manches.Elle descend les marches quand la voiture s'arrête. Son regard va de moi à Soren, de Soren à moi, puis s'attarde sur nos mains entrelacées. Je ne lâche pas. Pas maintenant.— Volkov sait que vous êtes partis, dit-elle d'une voix égale. Il va riposter. Il va chercher à se venger. Mais pour l'instant, vous êtes en sécurité. C'est tout ce qui compte.— Merci, dit Soren. Pour l'extraction.— Ne me remerciez pas. C'est Nora qui vous a sorti de là. Moi, je n'ai fait que préparer le terrain.— Vous avez fait plus que préparer le terrain. Vous l'avez
NoraLes heures passent, lentes et lourdes, dans la cellule sans fenêtre. Le froid s'infiltre par les murs de parpaings, traverse mes vêtements, s'insinue dans mes os. Je me suis recroquevillée sur le matelas crasseux, les bras serrés autour de mes genoux, et je fixe la porte métallique, guettant chaque bruit. Des pas résonnent parfois dans le couloir, des voix étouffées, des rires gras. Puis le silence revient, plus oppressant encore.Je ne sais pas combien de temps s'est écoulé. Une heure, peut-être deux. Peut-être plus. J'ai renoncé à compter. Je me concentre sur ma respiration, comme Léonora me l'a appris. Inspirer quatre secondes, retenir quatre secondes, expirer quatre secondes, retenir quatre secondes. Le rythme lent et régulier apaise mon cœur, mais ne chasse pas la peur. La peur est toujours là, tapie dans mon ventre, comme un animal froid et patient.Soudain, un bruit. Pas un pas, non. Un choc sourd, suivi d'un autre, puis d'un cri étou
Il se lève, s'approche de moi. Sa main attrape mon menton, me force à lever le visage vers lui.— Tu sais ce que tu viens faire ici, petite ?— Je viens négocier, dis-je d'une voix que j'espère tremblante. Pour l'homme que vous détenez.— Négocier. Avec ton corps, peut-être.Il rit, et les autres rient avec lui. Je baisse les yeux, comme Léonora me l'a appris. La peur qui cède au pouvoir. La soumission qui se produit sous ses yeux.— Amenez-moi à Volkov, dis-je doucement. Laissez-moi lui parler.— Oh, tu vas lui parler. Tu vas même faire plus que lui parler. Mais d'abord, il faut que je m'assure que tu n'as pas d'armes cachées.Sa main se pose sur ma poitrine, la pétrit grossièrement. Je ne bronche pas. Son autre main descend sur mon ventre, s'insinue sous mon pull, remonte sur ma peau nue. Je sens ses doigts froids, calleux, qui tracent des sillons de dégoût sur ma chair.— Elle est douce, dit-il. Le
NoraLa voiture s'arrête devant les grilles de l'entrepôt, et mon cœur cogne si fort dans ma poitrine que j'ai l'impression qu'il va transpercer mes côtes. Le bâtiment est immense, délabré, mangé par la rouille et le lierre. Des projecteurs blafards éclairent la cour, transformant les flaques d'eau en miroirs gris, et des hommes en parkas sombres montent la garde, des armes à la main. Il est dix-huit heures, et la nuit tombe sur la zone industrielle, froide et silencieuse.Je suis assise à l'arrière de la berline, les poignets liés par une corde lâche. Le nœud est parfaitement visible, mais il se défait d'une simple traction. C'est Léonora qui me l'a montré, encore ce matin. Une corde qui se dénoue en une seconde, mais qui donne l'illusion de la contrainte. Un symbole de ce que je dois jouer : la femme livrée, l'otage volontaire, la proie consentante.Iris est au volant. Elle coupe le moteur, se tourne vers moi. Son visage est aussi impassible qu
Mes doigts descendent le long de sa colonne vertébrale, légers comme une plume. Je m'approche encore, jusqu'à ce que nos corps se frôlent. Je lève le visage vers elle, je la regarde à travers mes cils, et je laisse échapper un soupir, un soupir qui pourrait être de la peur ou du désir, ou un mélange des deux.— C'est comme ça que tu le séduirais ? demande-t-elle, la voix un peu plus rauque.— Non. Pour lui, je serais plus... soumise.— Montre-moi.Je me laisse glisser le long de son corps, mes mains s'accrochant à ses hanches, et je m'agenouille devant elle. Le sol est froid sous mes genoux, mais je ne le sens pas. Je lève les yeux vers elle, le regard noyé, les lèvres entrouvertes. Je tends une main, effleure sa cuisse, remonte lentement vers sa taille. Son corps est tendu comme un arc.— Assez.Le mot claque dans la pièce comme un coup de fouet. Léonora recule d'un pas, sa poitrine se soulève plus vite que d'habitude. Ses







