LOGINAprès un grave accident de voiture, Mia se réveille amnésique. Elle ne se souvient plus de son passé, ni de ses parents, ni de l’homme qu’elle aimait. Alexandre, l’homme qui vit à ses côtés, lui affirme qu’ils forment une famille depuis des années, avec leur fils Jérémiah. Fragile, dépendante et en pleine rééducation, Mia s’accroche à cette nouvelle réalité, persuadée qu’elle doit faire confiance à celui qui se présente comme son sauveur. Peu à peu, malgré son apparente reconstruction, des fissures apparaissent. Des détails incohérents, des attitudes étranges, des réactions excessives d’Alexandre. Des fragments de mémoire reviennent : une cave, des cris, une voiture, un homme qui la poursuit. Alexandre n’est pas un sauveur. Il est son bourreau. Pris au piège de ses mensonges, Alexandre devient de plus en plus instable.
View MoreMia ouvre les yeux dans un monde qui n’a pas de sens. Une lumière dorée glisse sur un plafond qu’elle ne reconnaît pas. Le lustre au-dessus d’elle scintille doucement, comme si quelqu’un l’avait fait vibrer juste avant son réveil. Elle fronce les sourcils, mais la douleur lui arrache un souffle rauque.
Elle veut lever la main. Elle n’y arrive pas. Un bip régulier pulse à son oreille. Des fils courent le long de ses bras. Une perfusion coule lentement dans sa veine. Son corps lui paraît lourd, trop lourd, comme si un poids invisible la maintenait au matelas. Elle tente d’avaler, sa gorge brûle. Quand elle ouvre les lèvres, aucun son ne sort. Une panique glacée grimpe en elle. Elle essaie de parler, encore. Rien. Son cœur cogne contre sa cage thoracique, affolé. Elle veut appeler, hurler, comprendre. Mais seuls des râles faibles franchissent ses lèvres. Elle tire doucement sur un fil, par réflexe, et une douleur aiguë la transperce du torse jusqu’à l’épaule. Elle s’arrête net. C’est là qu’elle entend des pas. Lents. Calmes. Confiants. Une porte s’ouvre. Un homme entre. Grand, silhouette nette découpée dans la lumière du couloir. Costume sombre. Démarche posée. Pas un médecin. Trop élégant. Il s’approche, et son parfum boisé engloutit l’air stérile de la pièce. Ses yeux s’accrochent aux siens. Un bleu sombre, presque noir. Ils la scrutent avec l’intensité de quelqu’un qui la connaît trop bien… ou pas du tout. Il sourit. Un sourire doux en surface, étrange en profondeur. « Mia. » Sa voix est grave, satinée. « Tu es réveillée. » Elle essaie de répondre. Sa bouche tremble, mais aucun mot ne sort. Il fronce légèrement les sourcils, puis s’assied au bord du lit, comme s’il avait fait ce geste mille fois. Sa main effleure la sienne, posée, immobile, froide. « Tu dois avoir peur. C’est normal. » Elle voudrait lui demander qui il est, ce qui s’est passé, pourquoi elle est là. Mais elle ne peut pas. Elle n’est qu’un souffle prisonnier d’un corps qui refuse d’obéir. Il serre un peu plus sa main. Ses doigts sont chauds. Les siens glacés. « Je suis Alexandre. Ton mari. » Les mots tombent dans la pièce comme des pierres dans un lac immobile. Mia cligne plusieurs fois des yeux. Mari ? Ce visage ne réveille rien en elle. Pas une image. Pas un souvenir. Rien. Il semble le comprendre, car il relève doucement la couverture et caresse son bras avec un geste rassurant qui ne la rassure pas du tout. « Tu as eu un accident. Un très grave accident. La voiture est sortie de la route. Tes parents étaient avec toi. » Elle sent son ventre se nouer, même si les mots ne signifient encore qu’une menace floue dans son cerveau vide. Alexandre baisse la voix. « Ils n’ont pas survécu. » Une claque silencieuse explose dans sa poitrine. Elle veut crier, hurler que ce n’est pas vrai, que ça ne peut pas être vrai, mais seul un petit couinement brisé glisse hors de sa gorge. Il continue, imperturbable. « Tu as été la seule à sortir vivante. On a cru te perdre plusieurs fois. Tu ne t’en souviens pas… mais tu as passé des semaines ici. Entre la vie et la mort. » Des semaines. Elle ne sait pas si elle doit le croire. Elle ne sait même pas si son propre corps lui appartient. Elle sent des pansements sous sa chemise d’hôpital, des douleurs sourdes dans ses jambes. Ses muscles sont faibles, inertes. Elle comprend soudain : elle ne peut vraiment pas bouger. Alexandre lui caresse la joue, comme on apaise un enfant. « Ton corps guérit encore. Tes jambes ont été très touchées. Mais on s’en sortira. Ensemble. » Depuis qu’il est entré, il parle d’un nous qu’elle ne reconnaît pas. Il effleure les fils reliés à elle comme si tout cela était normal. Comme si c’était sa place à lui, ici, dans cette chambre luxueuse où rien ne ressemble à un hôpital. Pas d’odeur d’antiseptique. Pas de blouses blanches. Pas de bruits de chariots. Elle ne comprend pas où elle est. Un manoir, peut-être. Tout est trop riche. Trop luxueux. Elle essaie de formuler une question. Qui es-tu vraiment ? Où sommes-nous ? Pourquoi je ne me souviens pas de toi ? Mais son corps refuse. Alors ses yeux parlent à sa place. Ils se fixent sur lui, pleins de panique. Il sourit, comme s’il avait attendu ça. « Je sais. Ça fait beaucoup. » Alexandre se lève, tire une chaise, la place plus près, s’assoit face à elle. Il ne détourne pas le regard. Il la dévore du regard. Il ne cligne presque pas des yeux. « Tu es en vie. C’est ce qui compte. » Il prend une inspiration lente. « Je t’ai ramenée à la maison dès que les médecins m’ont autorisé à te sortir. On s’est juré de ne plus jamais se quitter. » Mia essaie de bouger ses pieds. Rien. Un frisson d’impuissance la traverse. « Tu dois te reposer. Tout revient avec le temps. » Sa voix devient plus douce, presque murmurée. « Et je serai là pour t’aider à redevenir toi. » Redevenir qui ? Ce nom, Mia, sonne étranger. Alexandre se penche et pose un baiser sur son front immobile. Sa chaleur lui arrache un frisson qu’elle ne contrôle pas. « Je t’aime. Tu n’as pas idée de ce que j’ai traversé pour te garder vivante. » Une larme roule sur sa tempe. Elle ne sait pas si elle pleure pour ses parents, pour elle, ou pour cette situation qui n’a aucun sens. Elle ne sait pas si elle devrait croire cet homme ou hurler pour appeler à l’aide. Elle ne sait rien. Et ça, Alexandre le sait. Il sourit encore, un sourire lent, content. « Tout ira bien. Tu n’as plus besoin de te souvenir de l’accident. Je m’occupe de tout maintenant. Comme toujours. » Il lui prend la main, la porte à ses lèvres, et murmure : « Tu es enfin de retour à la maison. Là où tu m’appartiens. »Mia tapote doucement l’accoudoir de son fauteuil pour attirer l’attention d’Alexandre. Elle ne peut pas parler, mais son regard, lui, tremble d’une demande silencieuse. Alexandre s’interrompt, tourne la tête vers elle. Il connaît déjà cette expression, il sait qu’elle veut quelque chose.— Qu’est-ce qu’il y a, ma douce ?Elle pointe du doigt un dessin collé sur le mur du couloir : un petit soleil jaune maladroit, entouré de traits bleus. Un dessin d’enfant. Ou censé l’être. Elle incline ensuite la tête, question muette. Alexandre sourit, se penche pour lui caresser la joue.— Tu veux voir la chambre de Jérémiah ?Elle hoche la tête immédiatement. Une pointe d’anxiété lui serre la poitrine. Elle n’a aucun souvenir de cet enfant. Aucun. Pas même une émotion floue ou une image perdue. Rien. Et pourtant… si c’est vraiment son fils, alors elle devrait reconnaître quelque chose, sentir quelque chose.Alexandre pose ses mains sur les poignées du fauteuil et commence à la pousser.— Bien sûr
Alexandre s’accroupit devant son fauteuil, les mains posées sur ses genoux comme s’il allait faire une annonce importante. Ses yeux sombres brillent d’une douceur étrange, presque forcée.— Mia… il faut que je te parle de quelqu’un.Elle relève lentement son regard vers lui. Sa gorge ne produit toujours aucun son, pas même un souffle un peu plus fort. Elle se contente de cligner des yeux, attentive, anxieuse. Son cœur bat plus vite que d’habitude elle le sent vibrer jusque dans ses doigts agités.Alexandre sourit. Un sourire trop parfait, trop lisse.— Jérémiah. Notre fils.Le mot fils résonne comme un écho lointain dans l’esprit vide de Mia. Une image floue tente de se frayer un chemin, un rire d’enfant peut-être, mais rien ne se solidifie. Juste du vide, encore du vide.Elle force un sourire, un petit mouvement hésitant de la bouche. Parce qu’elle veut bien croire ce qu’il dit. Parce qu’elle n’a rien d’autre auquel se raccrocher. Et surtout parce qu’elle ne veut pas lire la déceptio
nuit tombe comme , La chambre s’assombrit, les lampes murales diffusent une lueur miel. Mia lutte contre le sommeil, mais son corps malade ne lui obéit pas. Elle cligne des yeux, encore, encore, cherchant un point d’ancrage dans cette pièce qui n’est pas la sienne.Alexandre s’installe sur la chaise juste à côté de son lit.Il ne parle pas. Il ne lit pas.Il ne dort pas. Il la regarde.La lumière se reflète dans ses yeux bleus, immobiles, trop attentifs. Il a les coudes posés sur ses genoux, les mains croisées sous son menton. Une statue vivante. Une sentinelle.Un geôlier.Chaque fois que Mia entrouvre les paupières, elle tombe sur lui.Il ne détourne jamais le regard.Jamais.Son souffle devient plus lourd, sa vision se trouble, le sommeil la prend par fragments arrachés. Elle s’enfonce lentement dans l’inconscience, avec la sensation étrange de tomber dans un vide qu’elle ne comprend pas.Avant de sombrer complètement, elle entend la voix d’Alexandre, basse, presque un murmu
Mia ouvre les yeux. La chambre respire le luxe et la chaleur, mais rien en elle n’évoque la sécurité.Elle tente de relever la main : une douleur fulgurante lui traverse l’épaule. Un gémissement brisé s’échappe de ses lèvres. Elle veut demander ce qui se passe.Aucun mot ne sort.Sa gorge est sèche, brûlée. Ses cordes vocales semblent dissoutesLa porte s’ouvre avant qu’elle ne puisse essayer encore.Alexandre apparaît encore. Toujours impeccable. Toujours composé. Comme si sa présence dans cette pièce orpheline de bruits faisait partie de l’ordre naturel du monde. Il approche, sa silhouette noire tranchant avec la blancheur des draps.Ses yeux bleus s’illuminent lorsqu’il voit qu’elle est réveillée.« Ah… Mia, tu t’es bien reposée mon amour ?Sa voix tombe comme un velours sombre sur sa peau glacée.Elle tente de parler. Son souffle se brise en poussière. Son visage se crispe, ses doigts tremblent sur le drap.Alexandre pose un doigt sur ses lèvres. « Chut. Ne force pas. Tu n’as a






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