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Chapitre 2 : Mon Psychopate et Moi 2

Autor: Déesse
last update Fecha de publicación: 2025-12-02 21:03:13

Anouk

Je saute sur place, une petite danse de victoire silencieuse. Puis, je saisis mon ruban adhésif. Je lui attache les poignets aux accoudoirs du canapé, solidement. Les chevilles aussi. Il respire profondément, paisiblement. Mon sujet est en place.

J’attrape mon Moleskine et mon stylo vert. J’approche une chaise et m’assois face à lui, prête à noter chaque détail, chaque réaction au réveil. La peur, la colère, la négociation… du pur matériau romanesque.

Je patiente dix minutes, pleine d’impatience créative. Finalement, il gémit, remue la tête. Ses paupières s’ouvrent.

Ces yeux gris, maintenant parfaitement clairs et alertes, se posent sur moi, puis sur ses poignets entravés, puis sur le carnet sur mes genoux.

Je m’attends à des hurlements. À des questions affolées. À quelque chose d’humain.

Il prend une inspiration profonde, comme pour s’éclaircir la voix. Son visage est d’un calme déconcertant.

— Point un : Évaluation de la situation, dit-il d’une voix parfaitement posée, monocorde. Sujet femelle, probablement instable, opérant seule. Environnement désordonné, à l’image de sa psyché. Arme absente ou non visible. Motivation initiale : inconnue. Hypothèse privilégiée : chantage ou extorsion de base.

Je reste bouche bée, mon stylo vert en suspens au-dessus de la page blanche.

— Quoi ?

Il tourne légèrement la tête pour me regarder mieux, comme un spécimen rare.

— Vous m’avez drogué. Le thé avait un arrière-goût d’amertyme atypique, caractéristique du Midazolam, souvent contrefait. J’ai simulé l’effet pour voir votre modus operandi. C’est… brouillon.

Je cligne des yeux. Brouillon ?

— Point deux : Identification des risques, poursuit-il. Risque principal : l’imprévisible. Votre chaos est une variable incontrôlable. Il faudra y remédier.

Je trouve enfin ma voix, un petit filet aigu.

— Vous… vous n’êtes pas censé parler comme ça. Vous êtes censé avoir peur. Vous êtes mon kidnappé !

Il ignore ma remarque, son regard se fait plus perçant.

— Vous avez fait trois erreurs majeures. Un : le lieu. Trop près de votre domicile. Deux : l’outil de contention. Ce ruban adhésif de qualité moyenne perd son adhérence avec la transpiration. Je me serai libéré en moins de quinze minutes sans surveillance active. Trois : vous n’avez pas fouillé votre cible.

Il fait une pause, et ajoute, comme pour lui-même :

— Et quatre : choisir comme cible Dante Moretti.

Le nom tombe comme une pierre dans le silence poisseux de l’appartement. Moretti. Même dans mon trou à rat littéraire, ce nom résonne. Les journaux en parlent à demi-mot. Les fortunes bizarres, les accidents qui n’en sont pas.

— Moretti ? Le… le fromage ? Je bafouille, espérant follement qu’il existe une grande famille de fromagers italiens.

Un sourire mince, qui ne touche pas ses yeux, étire ses lèvres.

— Le syndicat, Anouk. Dante Moretti. Je présume que c’est bien vous, Anouk Durand ? Votre nom est sur le courrier sur la table.

Je sens le sol se dérober sous mes pieds de Converse élimées. Mon comptable méticuleux… c’était un parrain méticuleux. J’ai kidnappé un psychopate organisé. Pour écrire un roman.

— Point trois : Motivation, reprend-il, implacable. Pourquoi ? L’argent semble peu probable au vu de votre… laisser-aller. Le chantage affectif ? Vous ne me connaissez pas. Une lubie, alors. C'est quoi ? Une vengeance ? Un jeu ?

Ma voix n’est plus qu’un souffle.

— De l’inspiration.

Il cesse de parler. Le silence qui suit est plus lourd que toutes ses phrases. Il me dévisage, et pour la première fois, je vois quelque chose briller dans ses yeux gris. Ce n’est pas de la peur. C’est de l’intérêt clinique. Le genre d’intérêt qu’un entomologiste porte à un scarabée rare et particulièrement stupide.

— De l’inspiration, répète-t-il lentement.

— Je suis romancière. En panne. Je… je voulais écrire une dark romance. Je devais comprendre la dynamique. Capturer l’essence de… de…

— D’un kidnappé ? complète-t-il, l’air presque amusé. Ironique. Vous vouliez un personnage, Anouk. Vous en avez hérité d’un vrai.

Il tire sur ses liens, non pas avec violence, mais avec une tension méthodique. Le ruban adhésif grince.

— Point quatre : Solution immédiate, annonce-t-il. Deux options. Option A : Je me libère, et je vous démembre de façon protocolaire pour envoyer un message. Option B : Nous réévaluons les termes de notre… relation.

— Les… les termes ? Je bégaye, serrant mon carnet contre ma poitrine comme un bouclier.

— Vous me prenez pour votre sujet d’étude. Votre muse violente. Erreur. C’est moi qui vais faire de vous le mien. Votre chaos m’intrigue. Il est désordonné, inefficient, mais… créatif. C’est une faille de sécurité vivante. Je vais la cartographier.

Il arrête de tirer, se contentant de me fixer.

— Vous vouliez un psychopate, Anouk. Félicitations. Vous venez de signer un contrat à vie. Mon plan pour vous garder, vous et votre désordre fascinant, est déjà en cinq points dans ma tête. Le premier point était : se laisser capturer pour évaluer la menace. Nous y sommes.

Je regarde, horrifiée, le ruban adhésif commencer à se décoller lentement de l’accoudoir en bois, sous la pression constante et mesurée de ses poignets.

— Point cinq, conclut-il, et sa voix prend une tonalité étrangement douce, terrifiante. Vous allez me faire un autre thé. Sans additif. Et nous allons discuter du chapitre deux.

Je n’écris pas une ligne dans mon carnet. Je suis figée. Mon héroïne dark romance vient juste de me kidnapper à son tour.

Et son plan, je le sens, a déjà des annexes et un index alphabétique.

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