LOGINSept ans après avoir fui l’homme qu’elle aimait, Andriana Fox pense enfin avoir reconstruit sa vie. Jusqu’au jour où elle découvre que son nouveau patron n’est autre que Léo Del Rey, son premier amour… et l’homme à qui elle a caché l’existence de leur fils. À l’époque, Léo lui avait brisé le cœur avec une seule phrase : « Entre nous, ce n’était qu’un jeu. » Alors Andriana était partie, enceinte, emportant son secret et élevant seule leur enfant. Mais aujourd’hui, Léo ignore encore qu’un petit garçon porte son sang. Convaincu qu’Andriana l’a remplacé et abandonné sans remords, Léo décide de se venger. Il veut lui faire ressentir la douleur qu’elle lui a laissée. Seulement, sa vengeance se transforme rapidement en obsession. Et lorsqu’un autre homme se rapproche d’Andriana, sa jalousie devient incontrôlable. Puis la vérité éclate. Cet enfant qu’il croyait être celui d’un autre homme est son propre fils. Léo comprend alors qu’Andriana ne lui a pas volé sept années d’amour… Elle lui a volé sept années avec son enfant. « Tu m’as privé des plus belles années de la vie de notre fils. Comment comptes-tu me dédommager, Andriana ? » Elle pensait avoir fui son passé. Mais cette fois, Léo Del Rey compte bien récupérer son amour… son enfant… et les sept années qu’on lui a arrachées.
View MorePoint de vue d’Adriana Fox
Ce matin-là, je m’étais levée avec une étrange sensation dans la poitrine. Pas une angoisse précise, non. Plutôt un pressentiment vague, comme un voile posé sur la journée.
J’avais pourtant souri à Ethan, mon petit garçon de six ans, en déposant un baiser sur son front encore tiède de sommeil.— Sois sage avec mamie, mon cœur, avais-je murmuré.
Il avait hoché la tête en bâillant, ses cheveux bruns en bataille, les yeux déjà refermés. J’avais attrapé mon sac en hâte et j’étais sortie dans l’air frais du matin.
Dans le métro, je m’étais répété que tout irait bien.
Mon nouveau poste d’assistante de direction dans une grande entreprise parisienne était une chance inespérée.
Après des années de travail acharné, de nuits courtes et de sacrifices, j’avais enfin décroché une situation stable. Mon fils méritait cette sécurité. Je la lui devais.En arrivant devant la tour de verre du groupe Del Rey & Associés, j’avais levé les yeux vers le bâtiment immense. Le logo argenté brillait doucement dans la lumière pâle du matin. Je m’étais redressée, le cœur battant, et j’étais entrée.
Tout était allé très vite.
L’accueil, l’ascenseur, le couloir clair, puis la salle de réunion où mes nouveaux collègues étaient rassemblés.
L’atmosphère était chargée d’excitation. Une rumeur courait : le nouveau PDG arrivait aujourd’hui, après des années passées à l’étranger pour développer les filiales du groupe.
Les visages étaient tendus, curieux, admiratifs. J’avais souri poliment, sans partager leur agitation. Après tout, un patron restait un patron.
J’avais pris place au bout de la table, mon carnet ouvert, prête à prendre des notes. Autour de moi, les conversations allaient bon train.
— Il paraît qu’il est exigeant, avait soufflé une jeune femme rousse à ma gauche.
— Et terriblement séduisant, avait ajouté une autre en gloussant.
Je n’avais pas relevé. Les histoires de séduction et de pouvoir ne m’intéressaient pas.
Mon unique priorité, c’était de rentrer le soir auprès de mon fils, de l’écouter me raconter sa journée, de le serrer fort dans mes bras.Mais lorsque la porte de la salle s’ouvrit, le monde entier s’arrêta.
Un homme entra, vêtu d’un costume sombre parfaitement ajusté. Grand, la démarche assurée, les épaules larges.
Il avançait avec cette autorité naturelle qui impose le silence sans le moindre mot. Pendant une fraction de seconde, je ne vis que son profil, puis il tourna la tête. Et je le reconnus.Léo Del Rey.
Mon sang se figea. Mes doigts se crispèrent sur mon stylo. Le souffle me manqua.
Les bruits de la salle s’évanouirent, remplacés par un bourdonnement sourd. Je restai clouée à ma chaise, incapable de détourner les yeux.Son regard balaya la pièce, indifférent, déjà habitué à ce que tous les regards se posent sur lui. Puis ses yeux sombres rencontrèrent les miens. Et il s’arrêta.
Le temps se distendit. Les secondes devinrent lourdes, presque douloureuses. Je vis son visage changer, très légèrement : un pli se dessina entre ses sourcils, sa mâchoire se contracta. Il m’avait reconnue, lui aussi. Immédiatement.
— Mademoiselle Fox, murmura-t-il, comme une évidence.
Sa voix grave fit frémir l’air autour de moi. Je sentis mon cœur s’emballer, ma gorge se serrer. Je ne parvins pas à répondre.
Monsieur Marchand, le directeur sortant, s’avança, visiblement satisfait de nous présenter cet homme que tout le groupe attendait.
— Chers collègues, je vous présente Léo Del Rey, notre nouveau président-directeur général. Il dirigera désormais les opérations depuis Paris.
Un silence respectueux suivit, puis des applaudissements éclatèrent.
Je restai figée, mes mains glacées l’une contre l’autre. Léo, lui, ne m’avait pas quittée des yeux.Il s’inclina légèrement, un sourire mince aux lèvres, mais son regard demeurait sérieux, intense, insondable.
Il s’installa au bout de la table et commença à parler. Je l’entendis à peine.
Chaque mot qu’il prononçait glissait sur moi comme une eau froide. J’étais trop occupée à contenir le tremblement de mes mains, à empêcher les souvenirs de m’engloutir.Sept ans. Sept longues années, et il réapparaissait ainsi, sans prévenir, dans ce bureau où je croyais avoir enfin trouvé un refuge.
La réunion dura une éternité. Les collègues posaient des questions, Léo répondait avec une précision calme. Il émanait de lui une force nouvelle, plus posée, plus dure aussi.
L’étudiant charmeur que j’avais connu à Marseille avait laissé place à un homme puissant, maître de chaque situation. Mais c’étaient ses yeux qui me bouleversaient : ils portaient encore cette nuance ambrée qui m’avait autrefois fait perdre la raison.Je baissai la tête et notai des phrases sans importance pour me donner une contenance. Mon écriture tremblait. J’avais envie de me lever, de fuir, de disparaître. Mais je savais que je ne pouvais pas. Pas maintenant. Pas devant eux.
À la fin de la réunion, tout le monde se leva. Je rassemblai mes affaires en hâte, espérant me fondre dans la foule et sortir sans attirer l’attention. Mais la voix de Léo s’éleva derrière moi, douce et ferme :
— Mademoiselle Fox, pourriez-vous rester un instant ?
Je me figeai. Mon cœur fit un bond douloureux. Autour de moi, quelques regards curieux se tournèrent vers nous, mais les collègues sortirent rapidement, pressés de reprendre leurs occupations.
La porte se referma. Le silence s’installa.
Je me retournai lentement. Léo se tenait près de la grande baie vitrée, les mains dans les poches, le visage à moitié éclairé par la lumière parisienne. Il me regardait avec une intensité troublante.
— Adriana, dit-il.
Mon prénom dans sa bouche fit naître un frisson sur ma nuque. Je me redressai malgré la peur qui montait.
— Monsieur Del Rey, murmurai-je, la voix à peine audible.
Il esquissa un sourire sans chaleur.
— On en est vraiment là ?
Je baissai les yeux. Mon cœur battait si fort que je crus qu’il allait exploser.
— On en est exactement là, monsieur.
Il fit un pas vers moi. Je reculai d’un pas, par réflexe. Il s’arrêta, la mâchoire serrée.
— Tu as l’air en forme, dit-il plus bas.
Ce n’était pas un compliment. C’était une constatation lourde de sous-entendus. Je relevai le menton, malgré mes jambes flageolantes.
— Merci.
Il soutint mon regard quelques secondes, comme s’il cherchait à deviner mes secrets. Puis il détourna les yeux et marcha jusqu’à la table, posant une main sur le dossier d’un fauteuil.
— Nous allons devoir travailler ensemble, reprit-il d’une voix neutre. Je veux que les choses restent professionnelles.
Je faillis éclater de rire. Professionnelles. Après tout ce que nous avions vécu. Après la façon dont nous nous étions quittés.
— Ce sera le cas, répondis-je avec plus d’assurance que je n’en ressentais.
Il hocha la tête, mais ses épaules restaient tendues. Je sentais qu’il voulait ajouter autre chose, mais il se ravisa.
— Bien. Vous pouvez disposer, mademoiselle Fox.
Je ramassai mon carnet, mes mains tremblant encore légèrement, et me dirigeai vers la porte. Juste avant de sortir, j’entendis sa voix, à peine audible, pleine d’une émotion qu’il ne laissait pas paraître :
— Je ne pensais pas te revoir un jour.
Je m’arrêtai une seconde, la main sur la poignée.
— Moi non plus, monsieur Del Rey.
Puis je sortis sans me retourner.
Une fois dans le couloir, je m’adossai au mur et fermai les yeux. Mon cœur cognait douloureusement contre mes côtes.
Les souvenirs remontaient déjà, menaçants, comme une marée noire. Sept ans de silence n’avaient pas suffi à effacer son visage. Et maintenant, il était là, dans mon quotidien, dans mon travail, à quelques mètres de moi.J’inspirai profondément. Je pensai à Ethan, à ses petites mains, à son sourire qui me donnait la force de tout affronter. Je ne pouvais pas craquer. Pas ici. Pas maintenant.
— Je ne le laisserai pas nous faire du mal, murmurai-je pour moi-même.
Puis je me redressai, lissai ma veste et repartis vers mon bureau, le cœur lourd d’une peur nouvelle : celle de voir le passé détruire la vie que j’avais mis tant d’années à reconstruire
Léo Del ReyJe rentrai chez moi ce soir-là. Les mains tremblantes. Le cœur en feu. Les lèvres encore amères du baiser que je n'avais pas donné. Du baiser qu'un autre avait donné.Adrian.Ce prénom tournait dans ma tête comme un poison. Adrian. L'homme parfait. L'homme aux yeux gris. L'homme qui avait touché sa joue. Qui avait posé ses lèvres sur sa peau.Je claquai la porte de mon appartement. Le bruit résonna comme un coup de tonnerre. Je jetai mes clés sur la table. Elles glissèrent. Tombèrent. Je m'en fichais.Je me servis un whisky. Un grand. Pur. Sans glace. Le liquide brûla ma gorge. Tant mieux. Je voulais brûler. Je voulais souffrir. Je voulais oublier.Mais je ne pouvais pas. Son visage était gravé derrière mes paupières. Ses yeux. Son sourire. Sa main dans celle d'un autre.Je m'assis sur le canapé. Je fixai le mur. Le silence était assourdissant.Mon téléphone vibra. Un message. Le détective.« Monsieur Del Rey. J'ai des informations sur Adrian Blake. »Je composai le numéro
Adriana FoxLe vendredi soir, mon téléphone vibra. Le nom d'Adrian s'afficha sur l'écran. Je répondis. Sa voix était douce. Trop douce. Comme une plainte étouffée.— Adriana ? Je devais vous prévenir. Léo Del Rey m'a contacté.Le monde s'arrêta. Mon cœur cessa de battre. Puis il explosa. Trop vite. Trop fort.— Quoi ?— Il m'a appelé. Il veut me rencontrer. Pour parler de vous.Mes doigts se crispèrent sur le téléphone. Mes jointures blanchirent.— Qu'est-ce que vous avez dit ?— J'ai accepté.— Pourquoi ?— Parce que si je refuse, il deviendra méfiant. Il nous surveille. Il faut qu'il croie à notre histoire.Je fermai les yeux. Une boule monta dans ma gorge.— Vous avez raison.— On se voit demain ? Au parc ?— Oui.— Adriana ?— Oui ?— Tout ira bien.Je raccrochai. Mais un frisson glacé me parcourut l'échine. Rien n'allait bien. Rien n'irait jamais bien. Le samedi matin, le ciel était clair. Trop clair. Une lumière aveuglante baignait le parc. Noah courait vers les balançoires. Ses
Adriana FoxL'idée me vint en pleine nuit, comme une évidence douloureuse. Je m'étais réveillée en sursaut, le cœur battant à se briser, le front couvert de sueur. Léo hantait mes rêves. Ses questions. Son regard. Sa détermination tranquille. Il n'abandonnerait pas. Il découvrirait la vérité. À moins que je ne lui offre une autre vérité. Un mensonge. Un rempart.Je me levai. Je marchai pieds nus jusqu'à la cuisine. Je bus un verre d'eau. L'eau était glacée. Elle ne calma rien. Je pensai à Noah. À ses yeux bruns. À son sourire. À sa fossette. Mon trésor. Mon secret. Ma faiblesse.Je ne pouvais pas laisser Léo détruire tout ça. Pas maintenant. Pas comme ça.Le lendemain matin, je pris mon téléphone. La carte d'Adrian était posée sur ma table de nuit, comme une promesse silencieuse. Je la fixai longtemps. Trop longtemps. Puis je composai le numéro. Mes doigts tremblaient.— Allô ?Sa voix. Douce. Calme.— Adrian ? C'est Adriana. Du parc.— Adriana ! Quel bonheur. Comment allez-vous ?— B
Adriana FoxLe samedi matin se leva avec une douceur que je n'avais pas ressentie depuis longtemps. Une lumière pâle filtrait à travers les rideaux, caressant les murs de l'appartement. Noah était déjà réveillé. Je l'entendais rire devant ses dessins animés. Ce rire. Mon ancrage. Ma raison de respirer.Je me levai. Je préparai des crêpes. La pâte dorée grésillait dans la poêle. L'odeur de vanille et de beurre emplit la cuisine. Noah accourut, ses petits pieds nus claquant sur le carrelage.— Maman ! Des crêpes !— Oui, mon cœur.Il s'installa à table. Ses boucles brunes tombaient sur son front. Il mangea avec une joie enfantine. La confiture déborda sur son menton. Je le nettoyai en riant. Ce rire. Léger. Vrai.— Tu es une catastrophe.— Non, je suis un garçon.— Un garçon catastrophe, alors.Il rit aux éclats. Et mon cœur se serra. Ce rire ressemblait tant à un autre. Un rire que j'avais aimé. Un rire que j'avais perdu.Après le petit-déjeuner, nous sortîmes. Le parc était à deux rue


















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