LOGINLe Dr Marchand hoche la tête.
— C'est un schéma classique. Les enfants qui grandissent dans des environnements où l'amour est conditionnel, ou absent, développent souvent une incapacité à recevoir l'amour. Ils ne savent pas quoi en faire, alors ils le repoussent, le sabotent, le détruisent. C'est plus facile que d'accepter d'être aimé, parce qu'accepter d'être aimé, c'est prendre
Le Dr Marchand hoche la tête.— C'est un schéma classique. Les enfants qui grandissent dans des environnements où l'amour est conditionnel, ou absent, développent souvent une incapacité à recevoir l'amour. Ils ne savent pas quoi en faire, alors ils le repoussent, le sabotent, le détruisent. C'est plus facile que d'accepter d'être aimé, parce qu'accepter d'être aimé, c'est prendre le risque d'être abandonné.— Oui. C'est exactement ça.— Et maintenant, vous voulez changer ce schéma.— Oui. Je veux apprendre à recevoir son amour. À lui faire confiance. À ne plus avoir peur qu'elle parte.— C'est un beau projet. Un projet difficile, mais beau. Et je suis là pour vous aider.Je la regarde. Elle
Luck s'approche du lit. Il s'arrête, maladroit, ne sachant pas quoi dire. Puis il prend une grande inspiration.— Leo, je suis désolé. Pour le restaurant. Pour avoir douté de ta sœur. Pour avoir failli à ma promesse. Je suis désolé.Leo le regarde longuement. Puis il tend sa main, celle qui n'a pas de perfusion.— Serre-moi la main, dit-il.Luck s'exécute, doucement, avec précaution.— Plus fort. Je ne suis pas en sucre.Luck serre plus fort. Leo soutient son regard.— Prends soin d'elle. C'est tout ce que je te demande. Prends soin de ma sœur.— Je le ferai. Je te le promets.— Bien. Alors on n'en parle plus. Maintenant, racontez-moi. Qu'est-ce que
Je ris doucement, un rire mouillé de larmes.— Tu as toujours veillé sur moi. Même quand tu ne le savais pas.Je sors de la chambre. Je traverse les couloirs de l'hôpital, mes pas résonnant sur le linoléum. Je salue les infirmières, je prends l'ascenseur, je sors dans l'air frais du soir.Et je rentre chez nous.Alessandra---La maison est silencieuse quand je pousse la porte.Trop silencieuse. Le salon est vide, la cuisine est vide, les chambres sont vides. Une boule d'angoisse se forme dans ma poitrine. Où est-il ? Est-il parti ? M'a-t-il abandonnée, cette fois ?Puis je vois la lumière, sous la porte de son bureau.Je m'approche doucement. La porte est entrouverte. Je la pousse, sans bruit.
Alessandra— Il est comme il est à cause de ce qu'il a vécu.La voix de Leo est douce, presque un murmure. Il est allongé dans son lit d'hôpital, pâle, fatigué, mais ses yeux brillent de cette sagesse étrange qu'il a toujours eue, même enfant. Je suis assise à son chevet, ma main dans la sienne, et je l'écoute.— Ça n'excuse pas tout, continue-t-il. Il reste responsable de ce qu'il fait. Mais si tu l'aimes, si tu veux vraiment que ça marche entre vous, tu dois l'aider à guérir.Je ne réponds pas tout de suite. Je regarde par la fenêtre, le ciel gris de cette fin d'après-midi, les arbres dénudés qui se balancent dans le vent.
Leo hoche la tête.— Il est comme il est à cause de ce qu'il a vécu, dit-il doucement. Ça n'excuse pas tout. Il reste responsable de ses actes. Mais si tu l'aimes, si tu veux vraiment que ça marche, tu dois l'aider à guérir.— Comment ?— En lui montrant qu'il peut te faire confiance. En étant patiente. En ne cédant pas à ses crises, mais en ne l'abandonnant pas non plus. En lui rappelant, chaque jour, qu'il mérite d'être aimé.Je le regarde. Mon petit frère. Si jeune, si sage. Il a toujours su trouver les mots justes, même dans les moments les plus sombres.— Tu crois que c'est possible ? je demande. Qu'il change vraiment ?— Je crois que tout le monde peut changer, si on lui en donne la
Leo. Ce nom résonne en moi comme un coup de tonnerre. Leo, que j'ai déçu. Leo, qui m'a fait confiance, qui m'a donné sa bénédiction. Leo, qui se bat contre la maladie et qui n'a pas besoin de mes drames.— Pourquoi Leo ?— Parce qu'il la connaît mieux que personne. Parce qu'il l'aime plus que tout. Et parce que, bizarrement, il te comprend. Il te comprend mieux que tu ne te comprends toi-même.Je réfléchis. Gallagher a raison. Il a toujours raison.Le lendemain, je vais à l'hôpital.Je traverse les couloirs familiers, je salue les infirmières qui me reconnaissent, je m'arrête devant la chambre de Leo. La porte est fermée. Je frappe doucement.— Entrez.Sa voix est faible, mais clai
GabrielSans un mot, je saisis son poignet, celui qui tient l’éponge. Il est fin, fragile sous mes doigts. Je l’attire vers moi, dans l’eau. Elle ne résiste pas. Elle tombe plutôt qu’elle ne entre, un mouvement passif, créant une vague qui déborde sur le sol de marbre. L’eau chaude l’enveloppe, la
AlessandraIl se lève, vient inspecter. Il fait le tour de la table, d’un œil neutre. Il hoche la tête, une fois.— Asseyez-vous.— Pardon ?— Asseyez-vous. Vous avez commandé pour deux, je présume. Sinon, c’est de la gabegie. Mangez.Ce n’est pas une invitation. C’est la suite des instructions. Je
AlessandraIl se tourne vers moi, un sourcil légèrement levé. Dans la lumière tamisée de la cabine, son visage est un masque de pierre polie.— Quel numéro ? Je t’ai fait traverser un hall. C’est toi qui en as fait un spectacle.— En me faisant porter ça ? En me traînant comme un… un accessoire ?—
AlessandraIl ne vient jamais jusqu’ici. Le Patron le convoque, ou lui envoie Claire. Pour une embauche, encore moins. Le protocole est bousculé, et ça se voit sur son front légèrement moite.Claire le précède, frappant discrètement à la porte ouverte.— Monsieur Ferrand est là, Monsieur.— Faites







